dimanche 8 décembre 2019

Actualités du Centre. Etats-Unis – 43% des Américains se disent au centre

Voilà un sondage qui risque de bousculer quelques idées reçues à propos de la forte polarisation qui toucherait la politique américaine, en particulier celle d’un électorat qui se serait radicalisé à droite et à gauche ces dernières années.
Or selon les résultats d’une étude que vient de publier par le think tank The New Center, 61% des personnes interrogées veulent voter pour un candidat qui est plutôt au centre lors de la présidentielle de 2020, 25% pour un candidat plutôt à gauche et 14% pour un candidat plutôt droite.
Plus, 43% des personnes interrogées se disent au centre de l’échiquier politique (en se positionnant sur une échelle allant de 1 à 5) contre 10% qui se disent très à gauche, 13% qui se disent à gauche, 21% qui se disent très à droite et 13% qui se disent à droite.
En outre, 41% des sondés sont pour une économie mixte, seuls 10% d’entre eux préfèreraient une économie socialiste et 20% une économie sans intervention de l’Etat.
Ils sont également 41% à vouloir que les intérêts des individus et ceux de la communauté soient traités à égalité contre 20% qui donnent la priorité aux intérêts de la communauté et 10% à ceux des individus.
Mais il existe des différences selon quel parti on soutient.
Sans surprise, le plus grand nombre de centristes se trouvent chez les «independents», c'est-à-dire les électeurs qui disent n’être sympathisants, ni du Parti républicain, ni du Parti démocrate.
Ils sont ainsi 60% à se revendiquer du Centre.
Toujours sans surprise, il y a moins d’un tiers de républicains qui se disent au centre (27% avec 65% qui se disent à droite).
Chez les démocrates que l’on dit de plus en plus à gauche, il y a match nul puisque 42% d’entre eux se disent centristes et autant se disent de gauche.
En outre, l’étude révèle qu’il existe de nombreux points de consensus dans l’électorat américain notamment à propos de la lutte contre le changement climatique, la réduction des armes nucléaires, l’importance des traités internationaux et la défense de la liberté d’expression.
Comme dans beaucoup de démocraties actuelles, un consensus se fait également sur cette demande paradoxale d’un Etat plus réduit mais capable de fournir plus de services…
Ainsi, les Américains souhaiteraient que cet Etat fournisse une meilleure assurance santé pour tous ainsi que plus de législations pour protéger les citoyens des menaces sanitaires, de meilleures retraites, une meilleure protection de l’environnement et une meilleure protection des consommateurs.
En revanche, il demeure une fracture en ce qui concerne une législation plus contraignante sur les armes à feu ainsi que sur les droits de la communauté LGTBQ.
Bien entendu, se dire centriste ne signifie pas que l’on va voter pour un candidat centriste et l’on retrouve là, la polarisation actuelle de la politique américaine.
Par ailleurs, cette étude semble être plus positive pour les démocrates que pour les républicains puisque l’essentiel des personnalités politiques centristes se trouvent aujourd’hui au Parti démocrate comme le montrent les candidats à la primaire avec Joe Biden, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Michael Bloomberg, Deval Patrick ou Corey Booker.
En additionnant les personnes qui se situent au centre et à gauche, on obtient ainsi une majorité sans équivoque de 66%.
Mais, le fait que l’électorat du Parti républicain est moins divisé idéologiquement avec deux-tiers de celui-ci qui se dit de droite lui donne incontestablement un avantage face à une possible déperdition de voix qui est nettement plus forte chez des démocrates qui se divisent avec une moitié de centristes et une moitié de gens de gauche.
C’est d’ailleurs ce qui a été un des éléments de la défaite d’Hillary Clinton en 2016 face à Donald Trump puisqu’une partie de la gauche démocrate ne s’est pas déplacée pour voter pour la centriste, ce qui a permis l’élection du populiste radical de droite.
Un cas de figure qui pourrait éventuellement se répéter en 2020 même si plus aucun démocrate ne semble tenter par une abstention qui permettrait un second mandat de Trump.
(Sondage Harvard CAPS/Harris réalisé par internet du 27 au 29 novembre 2019 auprès d’un échantillon de 1859 personnes représentatif de la population américaine / Marge d’erreur de 2 points)


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