mercredi 15 mars 2017

Vues du Centre – Aris de Hesselin. Le déshonneur des médias américains déteint sur les français

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Personne n’a oublié comportement de la presse aux Etats-Unis lors des dernières élections présidentielles, incapable de faire face au comportement de Donald Trump qui l’a utilisée jusqu’à plus soif  mais aussi engluée qu’elle était dans de fausses questions d’égalité de traitement et de proportionnalité des attaques vis-à-vis de chaque candidat.
Ainsi, à chaque fois qu’un scandale était révélé à propos de Donald Trump, c’est-à-dire quasi-quotidiennement, les journalistes s’empressaient d’en trouver un à propos d’Hillary Clinton.
Le problème était qu’il s’agissait le plus souvent de faits sans importance montés en épingle mais aussi le relais des «fake news», c’est-à-dire les mensonges distillés par les «trolls» à la solde de soutiens du populiste démagogue qui sévissaient sur internet, voire de la simple propagande venue directement du camp de celui-ci.
Résultat de cette constante mise en parallèle complètement illégitime des deux candidats, l’idée chez les citoyens américains, même pour beaucoup de ceux qui ont voté pour la candidate démocrate, qu’Hillary Clinton était malhonnête alors qu’il n’y avait aucune preuve sur la réalité de ces mises en cause, ce qui est une des raisons majeure de sa défaite et, plus grave, de la défaite des médias d’une démocratie face à une stratégie populiste et démagogique pourtant des plus grossières.
Et bien, ce que l’on a appelé avec justesse, le déshonneur des médias américains, est en train de se produire en France.
Pour prendre les trois principaux candidats, le traitement soi-disant égal fait qu’à chaque fois que l’on parle des malversations avérées de François Fillon – qui vient d’être mis en examen – et de Marine Le Pen – qui refuse de se rendre à la convocation de la justice pour être mise en examen –, les journalistes montent en épingle des faits à propos d’Emmanuel Macron qui, rappelons-le à ces derniers n’est ni mis en examen, ni n’est impliqué dans une affaire qui risque de l’y mettre.
Prenons le dernier exemple en date.
Le jour de la mise en examen de François Fillon pour «détournement de fonds publics, recel et complicité de détournement de fonds publics, recel et complicité d'abus de biens sociaux et manquements aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique» et de l’information selon laquelle Marine Le Pen aurait sous-estimé son patrimoine pour ne pas payer l’impôt sur la fortune, voilà que, fort opportunément les médias font leur choux-gras de l’ouverture d’une enquête préliminaire concernant un délit de favoritisme à propos du choix d’un prestataire de service lors d’un voyage d’Emmanuel Macron à Las Vegas lorsqu’il était encore ministre de l’Economie.
Sauf que si cette affaire est bien réelle, elle ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron!
En effet, le délit de favoritisme est reproché à l’organisme public qui a organisé cet événement, Business France.
C’est son dysfonctionnement qui est mis en cause par l’Inspection générale des finances (IGF) saisi par les autorités de tutelle et, comme l’avait rappelé celles-ci, ni Macron, ni son cabinet, ni même le ministère de l'Economie n’étaient impliqués dans cette affaire.
Or, la grande majorité des médias, tout en étant obligé de reconnaître dans leurs propos l’absence de toute responsabilité d’Emmanuel Macron (BFMTV qui relayait en boucle cette information sur son antenne écrivait dans le même temps sur son site internet une phrase qui sent bon les rapprochements fallacieux chers à Trump que «le candidat n'est pas directement visé, mais la nouvelle n'en est pas moins mauvaise pour la campagne d'Emmanuel Macron», on croit rêver!») ont choisi des titres incriminant le candidat d’En marche! de manière scandaleuse car au mépris total de la réalité des faits et de toute déontologie journalistique.
Qu’on en juge: «Macron à Las Vegas en 2016: ouverture d'une enquête préliminaire» (Le Point); «Emmanuel Macron à Las Vegas: une enquête ouverte» (France Inter); «Déplacement de Macron à Las Vegas: le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire» (RTL); «Déplacement à Las Vegas: enquête sur une soirée de Macron»
 (Le Parisien); «Macron à Las Vegas: ouverture d'une enquête préliminaire pour favoritisme» (BFMTV); «Enquête ouverte sur une soirée à Las Vegas avec Macron en vedette» (Les Echos).
On pourrait malheureusement continuer longtemps.
On comprend que des médias qui sont de droite comme Le Point, Le Figaro ou BFMTV s’emparent de cette information pour en faire une attaque contre Emmanuel Macron même si l’on peut regretter leur manque de professionnalisme.
En revanche, que des médias soi-disant indépendants politiquement parlant comme ceux du service public les suivent dans cette démarche n’est pas acceptable si l’on veut que le «quatrième pouvoir» d’une démocratie joue son rôle, informer les citoyens honnêtement et sans déformation des faits afin que ceux-ci se fassent leur opinion le plus librement possible.
En tout cas, c’est la vision du centriste que je suis.

Aris de Hesselin


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