jeudi 24 mai 2018

Une Semaine en Centrisme. La réforme progressiste sous les attaques de tous les conservatismes

Le réformisme de l'axe central
Si, comme le dit Emmanuel Macron, il n’y a pas de convergence des luttes sociales contre la politique du gouvernement, en tout cas, il y a bien une convergence des intérêts clientélistes et corporatistes des conservatismes contre la réforme et la vision progressiste portée par la politique centriste de celui-ci.
Cette convergence est d’ailleurs d’abord politique avant d’être sociale, considérant, par exemple, que la grève à la SNCF est avant tout portée par l’extrême-gauche à la tête des syndicats CGT et Sud et a comme finalité explicite de faire tomber Macron.
Et les «fêtes à Macron» organisées par la gauche radicale et populiste, à la fois, sont un relais de ces mouvements de blocage du pays et ont le même objectif affiché, le départ du Président de la république.
La bataille qui a commencé dès le premier jour de l’élection d’Emmanuel Macron, dans une négation même des résultats du suffrage universel (rappelons les propos de Mélenchon les contestant avec virulence et refusant de reconnaître la légitimité démocratique du nouveau Président de la république).
Mais elle a pris, dans certaines sphères, dans certaines organisations, un côté systématique qui n’est d’ailleurs pas une surprise.
 On pouvait en effet la prévoir dès la campagne présidentielle et le programme d’Emmanuel Macron car la réforme suscite toujours des réactions virulentes de tout ce qui est arcbouté sur des privilèges, des avantages et des pré-carrés le plus souvent illégitimes et injustifiables.
S’y agrègent tous ceux qui sont contre par principe et ceux qui refusent de voir l’évolution de la société, la transformation du monde qui nécessitent l’action réformiste.
C’est d’ailleurs bien là que l’on peut voir la réalité d’un bouleversement du paysage politique partisan où, face à un axe central progressiste et réformiste, s’est construit un front du refus qui partagent, au-delà de postures idéologiques de façade, des intérêts identiques dans la seule finalité d’empêcher les mesures nécessaires et indispensables de mise à niveau du pays, non pas pour faire plaisir à tel ou tel, mais pour le bien de toute sa population.
De ce point de vue, les votes au Parlement sont emblématiques de cette opposition entre progressisme et conservatisme.
Très souvent, les voix contre la réforme (n’importe laquelle) viennent d’un patchwork assez improbables voici peu, constitué par les extrêmes et les radicaux de droite et de gauche, alliés sans doute de circonstance mais pas tant que cela puisque partageant cette volonté de ne rien faire bouger ou, plutôt, de faire bouger les choses uniquement dans une vision clientéliste afin de contenter leur électorat considéré comme une clientèle, à l’instar de n’importe quelle entreprise commerciale.
C’était donc prévisible et c’est aussi pourquoi il est important que le Président de la république et le Gouvernement ne recule pas, ne cède pas car nous sommes dans un moment crucial où si des réformes ne sont pas mises en route et implémentées, alors elles ne le seront jamais.
C’est bien cela qui se joue actuellement.
Et si l’on voulait se rendre compte de la véracité de cette analyse dans la convergence de la réaction, il suffirait de prendre ce qui se passe en Italie, pas dans un pays «exotique» qui n’a rien de similaire avec la France mais bien son voisin avec qui nous partageons tant de choses, où un mouvement populiste antisystème portant des mesures sociales très à gauche peut s’allier avec un parti ouvertement d’extrême-droite.
Ici, c’est bien la démocratie républicaine libérale qui est la cible comme elle l’est, à la fois, à la France insoumise et au Front national.
De ce point de vue, lorsque Florian Philippot, ancien du FN et fondateur de Les patriotes, affirme qu’il y a de nombreux points commues entre sa mouvance politique et celle de Jean-Luc Mélenchon, il n’a pas tort, loin de là.
Or donc nous vivons un moment important où, dans un pays en doute et un monde de plus en plus dangereux depuis la fin de la guerre froide, les forces de la réaction et du conservatisme tentent, dans un effort irresponsable et dans des fantasmagories destructrices, d’empêcher le progrès.
Aujourd’hui, personne ne peut dire qui va l’emporter.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC


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