vendredi 28 décembre 2007

L'année 2007 du Centrisme. Fécondité et bouleversements

L’année 2007 qui se termine aura été extrêmement féconde pour le Centre et le Centrisme tant en France qu’à l’étranger. Bien sûr, l’élection présidentielle française n’a pas porté un centriste à la tête de l’Etat mais le candidat qui se présentait sous cette étiquette, François Bayrou, a obtenu un très bon score (18,57%) si on le compare à la fois au scores électoraux de l’UDF – son parti d’alors – qui tournaient autour de 10% et du nombre de Français qui se reconnaissent comme centristes, environ 15%. Néanmoins, ce succès d’estime a été vite source de bouleversements dans la famille centriste. Déjà, avant le premier tour de la présidentielle, plusieurs figures centristes historiques comme Simone Veil ou André Santini avaient appelé à voter pour le candidat de la Droite, Nicolas Sarkozy, rappelant que le Centre n’existait que par des alliances avec la Droite dans le système électoral majoritaire. Après le premier tour, les clins d’œil de François Bayrou aux militants socialistes (qui avaient déjà eu lieu pendant la campagne du premier tour), sa rencontre avec Ségolène Royal et son appel à faire battre Nicolas Sarkozy provoquèrent de nouveaux départs de l’UDF dont la quasi-totalité des députés. Ceux-ci rallièrent Nicolas Sarkozy et leur chef de fil, Hervé Morin, obtint en récompense le Ministère de la Défense.
De plus, ces départs se concrétisèrent par la création de deux nouveaux partis. Les partis fondèrent le Nouveau Centre et les restants le Mouvement démocrate. Au milieu, quelques uns se disent toujours UDF, comme Jean Arthuis, en espérant que la famille du Centre se réunira de nouveau bientôt. Car cette recomposition a eu un effet négatif sur le Centre. Alors que François Bayrou voulait confisquer à son seul profit son score de la présidentielle, alors que les partants du Nouveau Centre voulaient avoir leur part du gâteau, les élections législatives montrèrent le fiasco centriste même si le Nouveau Centre eu plus de vingt députés grâce aux accords signés avec l’UMP. Quant au Mouvement démocrate, toutes les élections générales et partielles depuis ont montré qu’il ne dépassait pas les 10%, voire les 5%... Les élections municipales de 2008 seront un bon baromètre pour savoir qui vaut quoi.
Le renouveau centriste constaté à l’occasion de l’élection présidentielle a donné des ailes à d’autres et plus particulièrement aux radicaux qui se rappelèrent alors qu’ils étaient au centre à défaut d’être du Centre. Les Radicaux de gauche avec Jean-Michel Baylet et les Radicaux valoisiens avec Jean-Louis Borloo ont essayé de surfer sur la vague centriste, ce dernier affirmant voulant faire du Parti radical le premier parti de France. De plus, des responsables des deux mouvances du radicalisme se sont rencontrés pour évoquer une possible réunification, un jour… Tout cela rappelle tout de même le bel opportunisme du radicalisme que pratiqua avec maestria Edgar Faure voire Jean-Jacques Servan-Schreiber. Ah ! Nostalgie quand tu nous guettes…
De même, les sociaux-démocrates du Parti socialiste purent enfin revendiquer au grand jour leur filiation avec le Blairisme et la Troisième voie. Jean-Marie Bockel, rallié à Nicolas Sarkozy, a fondé un nouveau parti de centre-gauche, la Gauche moderne, tout comme un autre rallié, Eric Besson.
A l’international, le Centre et le Centrisme ont connu une belle année avec des victoires électorales et des créations de partis. Ainsi, en Espagne, un nouveau parti centriste a vu le jour afin de concurrencer les deux grands partis socialiste et conservateur. Ainsi en Roumanie et en Bulgarie, les centristes ont remporté les élections européennes préludent à leur arrivée au pouvoir, au Maroc, en Irlande et en Finlande, les centristes ont remporté les élections et gouvernent et en Slovénie, les centristes gouvernent avec le centre-droit au gouvernement et, depuis cette année, le centre-gauche à la présidence ! Ainsi en Suisse et en Belgique, ils sont des pièces maîtresses de coalitions. Au Japon, le parti centriste a fait une entrée fracassante sur la scène nationale avec sa victoire lors des élections sénatoriales qui furent le prélude au départ du Premier ministre conservateur et nationaliste, Shinzo Abe. Même en Allemagne, Angela Merkel s’est souvenue qu’un parti démocrate chrétien avait vocation à être au centre. Quant à l’Italie, la coalition de centre-gauche résiste encore avec une voix de majorité mais s’est payé le luxe de créer un nouveau parti, le Parti démocrate avec Walter Veltroni, ancien maire de Rome, à sa tête.

Cependant, c’est aux Etats-Unis que le centrisme est en effervescence avec les deux candidats les plus populaires et les plus charismatiques pour la présidentielle de 2008 : les démocrates Hillary Clinton et Barack Obama. On aurait pu y adjoindre un temps le Républicain et ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, mais celui-ci a décidé de muscler son discours pour plaire à l’électorat conservateur et nationaliste du Parti républicain. Hillary Clinton demeure pour l’instant la favorite pour la présidentielle et elle a rappelé son attachement au Centre. Barack Obama, dont les valeurs et les propositions sont bien au centre tant il se bat pour des compromis et des alliances larges sur les grandes questions politiques, sociales et sociétales, a du muscler son discours pour exister face à Hillary Clinton et en le gauchisant dans le même temps. Reste que s’il est désigné comme candidat du Parti démocrate, il sera, comme Clinton, un partisan du Centre et de la fameuse Third Way (Troisième voie) inventée par Bill Clinton puis reprise par Tony Blair.

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