samedi 25 octobre 2008

Une semaine en Centrisme. Le retour en grâce de la politique économique centriste

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La crise économique et financière mondiale est le genre d’événements qui, à périodes répétées, montre tout l’intérêt et la justesse des politiques centristes, en l’occurrence des politiques économiques centristes qui prennent, à la fois, leurs fondements dans le pragmatisme mais aussi dans un subtile dosage d’équilibres.
Pour commencer, rappelons que la politique économique centriste prend sa source dans le libéralisme pour une raison simple : c’est la voie la plus efficace pour créer de la richesse au-delà de toute considération idéologique. C’est toujours dans la liberté d’entreprendre et de réussir que se trouve la motivation principale qui amène au progrès le plus important et le plus durable, un progrès qui, en outre, bénéficie à tout le monde. Ayant dit cela, le Centrisme est conscient que l’on n’a pas, face à soi, des entrepreneurs altruistes qui, ayant fait fortune vont faire de la redistribution des richesses leur activité principale. Il faut donc un mécanisme qui leur permette, à la fois, de profiter de leur réussite mais aussi que celle-ci profite à tout le monde, notamment à tous ceux qui, par naissance ou par malchance, ne peuvent les imiter sans oublier ce soutien aux jeunes et aux personnes âgées qui fait la noblesse et l’humanité d’une société qui respecte ses membres et donc se respecte. D’où cette notion de solidarité obligatoirement rattachée à celle de liberté, d’autant que cette liberté est garantie par la société qui assure l’indispensable sécurité dont elle a besoin pour s’exprimer. Le libéralisme social du Centrisme allie donc la nécessaire liberté d’entreprendre avec la nécessaire solidarité de la communauté, solidarité organisée et non laissée à la simple charité, même si celle dernière peut produire de grands élans solidaires comme on le voit dans les pays anglo-saxons.
Dans son mécanisme, la politique économique centriste est assez proche des théories keynésiennes où la puissance publique doit réguler, redistribuer et relancer la machine lorsque celle-ci se grippe et ne peut, elle-même, se relever. Elle ne peut faire confiance à une hypothétique « main invisible » ou dans une « autorégulation naturelle » et encore moins à une éthique des acteurs économiques. Même si l’autorégulation comme l’éthique peuvent exister, elles n’auront jamais la force de l’intérêt individuel comme le montre la crise actuelle qui a permis à certains d’inventer des produits financiers au seul but de s’enrichir dans un processus irresponsable car celui-ci devait, tôt ou tard, imploser du fait même de son fonctionnement interne.
D’ailleurs, comme il convient toujours de le rappeler, le libéralisme n’a rien à voir avec le capitalisme sauvage, bien au contraire. Les premier théoriciens libéraux ont toujours expliqué que le capitalisme devait fonctionner dans un cadre clair et régulé, avoir une éthique pour être le système le meilleure. Les règles du jeu sont nécessaires dans toutes les activités humaines pour éviter que les plus malhonnêtes ou les plus forts puissent agir sans aucun contrôle et pour assurer que tous partent avec les mêmes chances de succès. Punir les tricheurs, c’est permettre n’importe quelle activité, du football à la finance en passant par la politique ou l’économie, de fonctionner correctement en empêchant que certains gagnent sur le dos des autres. Car, s’il y a nécessairement des gagnants dans la vie, il n’est pas obligatoire qu’il y ait des perdants. En matière économique, le Centrisme s’inscrit dans cette formule à la mode « gagnant-gagnant ». Ceux qui réussissent entrainent les autres dans un mieux vivre général. En ce sens, la vie en société se démarque du football…
Alexandre Vatimbella & Jean-Louis Pommery
Directeur du Crec & Directeur des études du Crec

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