mercredi 17 novembre 2010

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Les centristes doivent éviter de jouer à perdant-perdant


Dans une situation donnée où la coopération entre des personnes d’un même groupe est le meilleur moyen pour que tout le monde soit sûrement gagnant, la tentation est également forte que chacune des personnes estime qu’elle possède une forte chance de pouvoir remporter la partie toute seule et se lance alors dans une démarche solitaire. Mais, dans ce cas de figure, bien connu en psychologie, si toutes ces personnes décident de se lancer dans cette démarche solitaire pour faire triompher leurs propres intérêts respectifs, elles vont toutes perdre en même temps et, en plus, faire perdre le groupe.
La stratégie gagnante issue de la coopération entre tout le monde se transforme en fin de compte en stratégie perdante pour tout le monde issue de l’intérêt personnel de chacun. De gagnante-gagnante, la situation devient perdante-perdante. Voilà ce qui va certainement survenir au Centre si ses différentes figures médiatiques jouent uniquement leur intérêt personnel et non l’intérêt du Centre et du Centrisme dans la refondation du Centre et dans la course à l’Elysée qui vient de s’ouvrir.
La cacophonie dont on vient de voir les prémisses où tout le monde se tire dans les pattes, de Jean-Louis Borloo à François Bayrou en passant par Hervé Morin fera comme victimes certaines, le Centre et les centristes. Car, aujourd’hui, aucune personnalité centriste, aucun parti centriste n’est en mesure de pouvoir envisager une victoire électorale tout seul. L’unique moyen est dans l’union des forces. Tous ceux qui prétendent le contraire sont soit des menteurs, soit des irresponsables ou les deux à la fois.
Cette stratégie perdante-perdante est évidemment celle qu’aimerait voir émerger Nicolas Sarkozy et le futur candidat du Parti socialiste. Une lutte médiocre de petits chefs, quoi de mieux pour discréditer le Centre pour 2012. C’est d’ailleurs ce qu’escompte le chef de l’Etat après avoir humilié les centristes de la majorité présidentielle lors de la désignation du nouveau gouvernement. Un Centre affaibli et discrédité ne peut que faire son affaire.
Du coup, si les leaders centristes ont le sens de la politique, le respect de leur famille de pensée et une ambition pour la France, on attend d’eux qu’ils s’entendent pour proposer une véritable alternative centriste au moment où les Français ont tant besoin de consensus, de solidarité et de responsabilité, trois des valeurs centristes nécessaires pour relever les défis majeurs qui se présentent au pays.
Il leur faut donc bâtir une plateforme programmatique puis tous ceux qui le souhaitent se présenteront devant les militants centristes pour des primaires qui désigneront le candidat unique pour la présidentielle comme le propose sagement Jean Arthuis de l’Alliance centriste, seule façon de pouvoir peser sur cette élection, voire de la remporter. On veut croire que leurs ambitions personnelles légitimes ne sont pas destructrices de leurs idéaux centristes. Ou alors nous en serions au degré zéro de la politique. A la grande joie des ennemis du Centre.

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