mardi 31 janvier 2012

L’Humeur du Centriste. Nicolas Sarkozy, de l’électrochoc à l’électrochic

Nicolas Sarkozy, que l’on a connu mieux inspiré, a voulu faire dans l’électrochoc, dimanche soir, lors de son intervention télévisée. Pour ce faire, il n’a pas eu honte de tout promettre et, en plus, n’importe comment, faisant dans la démagogie du catastrophisme décliniste «sauf si…». Une intervention peu courageuse et responsable alors que justement elle devait l’être selon l'Elysée. Le courage et la responsabilité, deux mots que les centristes aiment bien…
De la TVA «emploi» (dont il affirme faussement qu’il ne l’a jamais appelée «sociale» et qu’il affirmait ne jamais vouloir mettre en œuvre voilà à peine quatre mois…) à la taxe Tobin sur les transactions financières (qui sera un handicap pour la France si aucun autre pays ne l’adopte) en passant par une hausse de 2% sur les revenus du capital et sur cette fameuse proportionnelle détestée par les gaullistes, toutes ces mesures auraient pu mises en œuvre il y a bien longtemps si le courage et la responsabilité avait été les deux mamelles de la décision gouvernementale.
Mais il faut dire que les sondages n’étaient alors pas aussi mauvais…
Sur la proportionnelle, par exemple, le président de la république (ou était-ce le candidat à la présidentielle?!) a eu cinq ans pour la mettre en place et il n’a rien fait! Son annonce la concernant est restée très floue par ailleurs. Ce qui est clair, en revanche, c’est qu’elle a pour but de séduire les centristes et les électeurs du Front national, deux électorats que Nicolas Sarkozy cherchent désespérément à s’attacher pour éviter la bérézina dès le 22 avril prochain.
Quant à faire de la France une nouvelle Allemagne (les mots «Allemagne», «Allemand» et leurs adjectifs ont été prononcés sans cesse), cela est bien évidemment impossible vu les caractéristiques différentes de l’organisation économique des deux pays. Mais, de plus, ce serait sans doute une grave erreur. Chacun des deux pays a ses qualités et ses atouts qu’il vaudrait mieux marier pour en faire une force de frappe plutôt que de se copier l’un, l’autre pour se concurrencer et s’affaiblir face à la mondialisation.
C’est tout le challenge d’une Europe fédérale face à une Europe des nations, une Europe de l’avenir face à une Europe archaïque, une Europe centriste face à une Europe gaulliste.
Un sondage réalisé après son intervention montre que Nicolas Sarkozy n’a, non seulement, pas comblé son retard face à François Hollande mais que celui-ci s’est creusé. Les Français semblent moins stupides qu’il l’escomptait…
Car le sauveur de la vingt-cinquième heure, celui qui vient dire que tout va mal aujourd’hui et que tout ira mieux demain, mais qui en a eu vingt-quatre pour agir et ne l’a pas fait, c’est un petit peu trop gros.
Du coup, on se demande bien ce qu’il va pouvoir inventer dans les jours et les semaines à venir comme nouvel électrochoc pour se poser en «sauveur de la France», en «l’homme responsable face aux difficultés», en «le seul capable de faire face à la crise», etc.
Mais n’est pas Winston Churchill qui veut (ni même Angela Merkel dans un autre registre!).
En outre, Nicolas Sarkozy a bien écouté ses conseillers en communication en se présentant comme «chef de l’Etat» - ainsi que le font tous ses ministres groupies - et non «président de la république», il parait que le mot «chef» en impose plus face aux électeurs que l’on prend décidément pour des c…
Sauf que la phraséologie pompeuse ne remplace pas les résultats de l’action.
Et là, manifestement, notre président de la république se trouve bien démuni comme la cigale de la fable et n’a plus grand-chose à présenter depuis que le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 150.000 personnes l’année dernière et que le gouvernement vient de réviser à la baisse les prévisions de croissance de 1% à 0,5% (alors que les experts estiment qu’elle sera sans doute de 0%).
Il s’est même fendu d’une sentence bien ficelée en expliquant que «ce qui inquiète les Français, c’est qu’on leur raconte n’importe quoi sans aucune solution, mais qu’on leur propose seulement des rêve à bon marché». Parlait-il de son intervention? Parlait-il du «travailler pour gagner plus»?
A moins, qu’in fine et devant l’accumulation de nouveaux sondages désastreux, Nicolas Sarkozy décide de faire dans l’électrochic en décidant de se retirer de la course à la présidentielle. Car s’il a bien expliqué qu’il avait fait de nombreuses erreurs, il en a oublié une, celle d’avoir cru que les Français n’auraient pas de mémoire…

Le Centriste

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