mardi 17 février 2015

Actualités du Centre. L’UDI a-t-elle raison de s’associer à la motion de censure de l’UMP?

Selon les derniers pointages, un tiers des députés UDI aurait voté en faveur de la loi de modernisation de l’économie (dite «loi Macron» du nom du ministre de l’économie), un tiers se serait abstenu et un tiers aurait voté contre.
Les dispositions de ce texte allaient globalement dans le sens des positions de l’UDI et le parti centriste, partagé entre ceux qui refusent un sectarisme intransigeant et politicien et ceux qui préfèrent jouer le jeu de l’opposition à tous prix, était divisé.
Mais dès que l’UMP a décidé de déposer une motion de censure après que Manuel Valls ait indiqué qu’il utiliserait l’article 49-3 (vote bloqué) pour faire passer cette loi, l’UDI s’est empressée de déclarer qu’elle s’y associerait par l’entremise du président de son groupe à l’Assemblée nationale, Philippe Vigier.
Et il ne devrait pas manquer beaucoup de voix UDI lors du vote de cette censure.
Le parti centriste a-t-il raison de censurer le gouvernement sur une loi qui rejoint son combat pour moderniser l’économie française même si elle était incomplète?
De même, a-t-il raison de se joindre à une UMP conservatrice, pire au Front de gauche, tout aussi conservateur, qui a décide de voter cette motion par haine viscérale à François Hollande et Manuel Valls?
A ces deux questions, la réponse est négative.
En dehors même du fait que l’UDI est dans l’opposition au gouvernement actuel, la position des centristes, adeptes du pragmatisme, du consensualisme et de la responsabilité, est de juger un texte législatif, non d’où il vient, mais où il va et de son efficacité.
En outre, l’UDI est un parti qui s’affirme réformiste et qui, en l’espèce, va s’associer à tout ce que la société française compte de conservateurs, la droite de l’UMP, le Front de gauche et même les «frondeurs» du Parti socialiste (la gauche du parti) qui ont provoqué ce recours à l’article 49-3 même s’ils ne voteront pas la censure.
Dans cette histoire et même s’il devrait voter la censure comme tous les députés UDI, Jean-Christophe Fromantin, député-maire de Neuilly-sur-Seine a eu la bonne attitude centriste.
Franc-tireur du Centre et candidat à la présidence de l’UDI où il est arrivé en quatrième position avec environ 10% des suffrages, ce qui fait beaucoup si l’on prend en compte son relatif isolement à l’intérieur du parti et sa liberté de parole et d’acte, il avait estimé que même si «les résultats sont loin de ceux que nous aurions espérés mais ils sont là. Plusieurs articles permettront d’accélérer, de simplifier ou d’adapter des procédures à un contexte économique qui évolue. Et, à ceux qui regrettent cette insuffisance d’audace, j’opposerai l’adage, ‘ce qui est pris n’est plus à prendre’. Je suis profondément convaincu que nous ne construirons une perspective d’avenir qu’en mettant notre énergie et nos talents à bâtir des ponts plutôt qu’à creuser des fossés. Cela n’enlève rien à ma grande détermination à vouloir développer une autre politique. Mais il faut être constructif quand cela le mérite, et aller dans le sens du mouvement de réconciliation auquel les Français aspirent. C’est la raison pour laquelle je voterai pour ce texte».
Si le projet politique de Jean-Christophe Fromantin est très discutable concernant les questions de société où il est particulièrement conservateur, ce qui le placerait à la droite de l’UMP, celui-ci existe à l’inverse des trois autres candidats contre qui il était opposé pour la présidence de l’UDI.
Et s’il s’apprêtait avec de (trop) rares autres députés UDI à voter la loi Macron, c’était par fidélité à ses idées et non, comme quelques autres de ses collègues de sa formation politique, en rapport à un quelconque calcul politicien et électoraliste.
Ceci doit être souligné et apprécié à la juste valeur centriste.
L’UDI avait ainsi l’occasion de montrer son originalité, ce qui la différencie de l’UMP et qui fait son ADN centriste.

Mais, malgré les audaces oratoires de son président, Jean-Christophe Lagarde, elle n’a pas eu le courage ou simplement l’indépendance de jouer sa propre partition.

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