samedi 17 octobre 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Docteur centriste et Mister centriste ou la schizophrénie du Centre

Récapitulons.
Les centristes sont contre Sarkozy mais alliés avec lui.
Ils renvoient Gauche et Droite à leurs échecs communs mais sont alliés avec la Droite et ne critiquent que la Gauche.
Ils prétendent être indépendants mais refusent de se présenter sous leur bannière.
Ils parlent d’unité pour la France mais ne sont même pas capables d’être unis entre chapelles centristes et même, pour l’UDI, à l’intérieur même de leur formation.
Les leaders centristes manient décidément le paradoxe sans états d’âme, croyant sans doute que les Français sont aveugles et sourds.
Ainsi, le Mouvement démocrate s’apprête à faire liste commune partout avec Les républicains aux prochaines régionales alors même que François Bayrou n’a pas de mots assez durs envers Nicolas Sarkozy, souhaitant à voix haute sa défaite à la prochaine élection présidentielle.
Or, il faudra nous expliquer comment le président du MoDem peut s’en prendre avec une telle violence au président d’un parti avec qui il fait liste commune, sachant que ce dernier a été démocratiquement élu par une majorité importante des militants de LR, donc qu’il a, non seulement, la légitimité pour occuper ce poste, mais également la confiance de ses troupes et que c’est lui qui définit la ligne politique.
De même, l’UDI fera liste commune partout avec LR pour ces mêmes régionales alors même que Jean-Christophe Lagarde accuse sans cesse la Droite et la Gauche d’être responsables, depuis 1981 de tous les échecs de la France.
Bizarrement, après avoir dit cela, ses seules critiques vont à la Gauche…
Idem pour un François Bayrou qui fait tout pour être considéré comme un homme de droite, en critiquant François Hollande de manière quasiment compulsive.
L’UDI a décidé de mettre le mot «indépendants» dans son appellation tandis que le Mouvement démocrate se targue d’être le plus indépendant des partis.
Mais voilà que lorsque des élections comme les régionales se font à la proportionnelle aucune des deux formations n’a le courage de se présenter sous sa propre bannière alors même que c’est l’élection, avec la présidentielle et les européennes, où l’on peut être le plus soi-même.
Les centristes rêvent d’unir le pays dans un climat apaisé et François Bayrou n’arrête pas de parler d’union nationale, de large rassemblement politique allant du centre-gauche à la droite modérée et autres réunions consensuelles mais ils ne sont même pas capables de s’unir entre centristes.
Pire, ils se tirent dans les pattes et ont réussi ce tour de force de s’allier à LR pour les régionales sans même s’allier ensemble préalablement.
Sans parler des haines entre chefs de l’UDI qui font penser à certains à une prochaine implosion avec, dernier épisode en date, le refus des têtes de listes du parti aux régionales de soumettre leur liste à la commission interne et ce malgré les statuts qui les y obligent.
On pourrait continuer ainsi mais le lecteur a déjà compris que c’est d’une pitoyable schizophrénie dont sont atteints la plupart des leaders centristes.
Exister sans exister, s’affirmer sans s’affirmer, se déclarer indépendant tout en redoutant l’indépendance, s’allier avec d’autres pour ne pas avoir à se compter, voilà les partis centristes de 2015 en France.
Ce n’est guère l’image d’un courant politique dynamique et conquérant.
Et c’est sans doute ce que penseront les électeurs en 2017.



2 commentaires:

Jean-Philippe Picard-Bachelerie a dit…

Une fois de plus une analyse du centrisme à laquelle adhérer pour toute personne non engagée dans le réel de la politique. Exemple. Se permettre de critiquer l'alliance avec LR en mettant en avant le refus de se présenter seul, je parle du MoDem, est une tromperie car le Modem est bel et bien parti seul jusqu'aux législatives de2012. Avec les résultats que nous connaissons y compris sur le plan financier. Dès lors, le MoDem n'a pas de leçons à recevoir sur le choix des régionales même si partir en indépendant aurait eu du sens. Mais à quel prix?

philippegibault a dit…

Bonjour,

Je ne suis absolument pas du même avis que le commentaire ci-dessus.
Je peux également donner mon avis, étant donné que j’étais très impliqué dans la vie locale de ma cité et dans la politique active.

Au contraire, je pense qu’en ne faisant pas une liste indépendante au premier tour, les partis centristes font une monumentale erreur.
Sur l’analyse, je suis entièrement d’accord avec le blog du centrisme.

Evidemment, ça aurait demandé un travail très en amont, soit exactement l’inverse de ce que font les partis centristes, le Modem (dont je suis encore membre) et l’UDI.

Certes, à court terme, le deal parait alléchant. Mais à long terme, on a injecté un véritable poison.
Nos élus auront moins d’indépendance, ils devront tous aux républicains.
Ceux-ci n’auront aucun remords à nous lâcher dès que l’on ne leur rapportera plus rien, comme ce fut le cas en 2002.
Ça risque d’arrivé très vite. Nos électeurs vont vite être écœurés par notre comportement.
Et on risque de répéter un scénario identique que celui du Libdem au Royaume Uni.
Pas très malin en période de détestation de nos politiques avec une montée plus que préoccupante du Front National.

D’ailleurs, je pense que c’est le message qu’il faut faire passer : Si aujourd’hui on veut voter autre chose que Nicolas Sarkozy (pour des raisons justifiées) ou François Hollande (également pour des raisons justifiées), on vote Le Pen.
C’est lié à la faiblesse de l’offre électorale, aussi bien en qualité qu’en quantité.
Pour ma part, je tiens les partis centristes responsables de cet Etat de fait !

Vous parlez de politique concrète, je vais me permettre de donner un exemple concret.
A Malakoff, pour des raisons qui ici seraient trop longues à expliquer, j’ai été vers la droite.
Il faut dire que la situation politique est un peu particulière.
La ville est aux mains des communistes depuis presque 1 siècle.
Pour résumé, mon choix a été dicté par une envie de sauver ce qui pouvait rester de l’opposition.
Effectivement, de 2008 à 2012, voir même avant, celle-ci n’a pas travaillé sérieusement.
Franchement, j’en garde un très mauvais souvenir. Pourtant, la tête de liste était UDI.
En réalité, l’UMP nous a roulé dans la farine et nous a fait frire.
Ils ont préféré préparer l’élection de la sénatrice UMP de Vanves plutôt que de consolider l’opposition sur Malakoff.
Résultat : aucun élu de la droite ou du centre au conseil municipal de Malakoff. Une première.
Il est à noter d’ailleurs que lors des cantonales 2015, les maires centristes de Montrouge et de Vanves ont été roulé dans la farine et frit. Avec le consentement des Etats-majors UDI et même Modem.
Conclusion, aujourd’hui, on est dans une situation bien particulière à Malakoff.
L’UMP va prendre la tête de l’opposition alors que cette ville est propice au centre.
Mieux, le score aux prochaines élections est déjà écrit. Notre nouveau maire (qui cette année a remplacé l’ancien) est déjà réélu.
Nous ne sommes qu’en 2015, les municipales sont en 2020…

D’ailleurs l’UMP n’a pas changé. Ils continuent à se radicaliser. Au marché, dimanche dernier, j’écoutais des militants UMP (pardon, républicain) cautionner les propos de Nadine Morano et m’expliquer qu’Alain Juppé est de Gauche.
Ça n’inaugure rien de bon pour la suite.

Qu’aurait-il fallu faire ?
Si on parle marketing, il fallait identifier le produit et consolider son positionnement.
Il fallait consolider son électorat.

Pourquoi voter pour un parti qui explique que Laurent Wauquiez est trop proche de Le Pen, et finalement se renie en le ralliant dès le premier tour ?

Pourquoi voter un parti qui explique que Nicolas Sarkozy est un danger, qui a appelé (certes indirectement) à le faire battre en votant François Hollande, et qui lui permet de se consolider aux régionales ?

Il est difficile de construire une alternative, surtout dans un système très bipartisme.
Par contre, il est très facile de la démolir. Ce que font les centristes actuellement.