mercredi 5 avril 2017

Présidentielle 2017. Un pauvre débat mais qui a révélé la personnalité des candidats

Le débat à 11 du 4 avril
Ils étaient donc onze candidats à débattre à la télévision pendant près de quatre heures sur divers sujets.
Un exercice impossible a priori et qui, même s’il a été souvent un happening incontrôlable, a permis toutefois de révéler la personnalité et le caractère des candidats à défaut d’en savoir plus sur leurs programmes.
Et là, les Français n’ont sans doute pas été déçus!
Les masques sont tombés à l’extrême-gauche (Poutou, Arthaud) et à l’extrême-droite (Le Pen, Asselineau et Cheminade) avec des discours binaires de haine et de propositions populistes et démagogiques aussi extravagantes que dangereuses, rappelant qu’il y avait encore en France des partisans de sociétés fermées et d’admirateurs de régimes totalitaires.
Les loufoqueries de Lassalle n’ont fait sourire que ses soutiens qui étaient derrière lui et, encore, on les sentait parfois gênés surtout quand lors de ses envolées dont on ne comprenait guère le sens.
Le populisme, toujours lui, a encore été le fonds de commerce de Mélenchon même s’il a tenté d’être moins dans la véhémence mais on voyait bien qu’il souffrait de ne pas pouvoir ruer dans les brancards.
De son côté, François Fillon a bien essayé d’éviter de s’appesantir sur les questions à propos de la moralisation de la vie politique jusqu’à celles-ci ne deviennent trop précises sur son compte et qu’il s’en sorte avec l’agressivité et, évidemment, la théorie du complot politico-médiatique qu’il utilise désormais pour ne pas répondre directement sur ses agissements.
Quant à Emmanuel Macron, l’exercice était a priori difficile pour lui puisqu’étant désormais le favori, il pouvait s’attendre à être attaqué par tous les bords.
Ceci n’a pas eu lieu tellement l’organisation était chaotique.
De plus, ce genre de débats ne favorise guère ceux qui, comme lui, ont une parole posée et équilibrée mais donne une prime à ceux qui font le plus de bruit, qui ont des propos les plus spectaculaires et qui font les propositions les plus démagogiques.
Disons que Macron a été égal à lui-même.
En conclusion, il a défini son projet, «celui de tourner la page des vingt dernières années» pour «réunir les progressistes qui ne travaillaient pas ensemble jusqu'à présent» afin de diriger le pays avec  un «optimisme volontaire».

Notons qu’au fur et à mesure du déroulement du débat celui-ci a perdu de son standing avec des candidats qui se sont libérés, ont parlé de tout et n’importe quoi, n’importe comment, sans doute pour tenter de ne pas montrer la vacuité de leurs idées, ce qui n’était pas à la hauteur de la démocratie et de la république.
Un mot, enfin, sur les deux journalistes qui devaient jouer les arbitres, leur rôle était ingrat mais soyons magnanimes et accordons-leur la moyenne, parce que, là aussi, l’exercice était impossible.
Reprochons-leur toutefois d’avoir laissé insulter les journalistes plusieurs fois, notamment lorsque François Fillon a menacé de partir du plateau parce que soi-disant il était à un interrogatoire de police ou que Marine Le Pen les a accusées d’être des propagandistes d’Emmanuel Macron…

Alexandre Vatimbella



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