jeudi 2 août 2018

Une Semaine en Centriste. La «nouvelle» UDI ou le retour d’un «ancien» centre…

Où vont Lagarde et l'UDI?
A force de retourner sa veste, elle claque de tous côtés, comme le dirait Jacques Dutronc dans sa fameuse chanson «L’opportuniste».
Car c’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle de la «nouvelle» UDI de Jean-Christophe Lagarde, celle que son président a présentée lors du dernier congrès du parti au début de l’année et qu’il s’évertue à faire exister depuis de manière plus ou moins chaotique.
Celle qui, rappelons-le à ceux (beaucoup) qui ont manqué le moment historique où elle est devenue «le parti du Centre et de la Droite de progrès».
Peu regardante sur les valeurs et les principes, sa devise est qu’il faut ratisser large pour manger à tous les rateliers, on ne sait jamais ce qui peut se passer.
Au diable la cohérence, c’est un coup à droite (surtout) et un coup au centre, voire un coup plus à gauche pour se donner une (bonne) conscience «morale».
Le problème est que le parti et son président s’emmêle (souvent) les pédales.
En prétendant être «à 60% d’accord» avec la politique d’Emmanuel Macron, il n’y a pas une réforme où les critiques n’ont été fort nombreuses alors même que le parti milite pour la plupart d’entre elles depuis des années.
Sans parler des contradictions dans l’affaire Benalla où l’UDI fustige l’instrumentalisation de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale par les La France insoumise, le Rassemblement national et Les républicains en expliquant le plus sérieusement du monde qu’elle s’en remettra à celle du Sénat dirigée par… LR, afin de faire toute la lumière sur cette histoire!
En outre, elle décide de punir le Gouvernement en déclarant qu’elle ne votera pas la réforme constitutionnelle alors que c’est le comportement de l’opposition (et de la présidente LREM de cette même commission) qu’elle prétend critiquer…
Pourtant, elle décide, juste après, de ne pas voter les motions de censure déposées par la Gauche et par la Droite…
Et, cerise sur le gâteau, elle vient de choisir pour être vice-président de l’Assemblée nationale, un des membres qui est le plus caractéristique de l’opportunisme politicien, Maurice Leroy, qui remplace, Yves Jégo qui n’avait rien à lui envier dans ce domaine!
Des hommes qui, ces dernières années, ont changé continuellement de ligne politique, ont soutenu tout et n’importe qui pour avoir des postes, se sont sans cesse reniés tout en instrumentalisant le Centre à leur unique profit permettant à tous les adversaires de ce dernier de continuer à le caricaturer grâce à leurs comportements.
Tout cela rappelle de bien mauvais souvenirs où le Centre était constamment assimilé à un troupeau d’opportunistes en quête d’existence médiatique et de strapontins ministériels (Leroy et Jégo, encore eux, ont réussi à être ministres grâce à leurs finasseries).
Peut-être qu’une des raisons de cet opportunisme est qu’il est le seul moyen pour l’UDI d’exister encore aujourd’hui.
Lâchée par une partie de ses membres qui ont rejoint Emmanuel Macron (dont l’Alliance centriste) ou qui sont partis vivre leur vie seuls (Les centristes d’Hervé Morin, le Parti radical de Laurent Hénart), elle continue à exister alors que de profondes divergences existent entre ses membres dont certains sont sur le départ (comme les députés Courson et Vigier qui sont des proches de Morin).
Dès lors, le coup à droite et le coup au centre auraient pour but de contenter tout le monde sans pour autant offrir un quelconque projet politique structuré ou une ébauche de stratégie politique lisible autre que de celui et celle de ne pas disparaître, ce qui est un peu mince.
Reste à savoir combien de temps cet opportunisme permettre à l’UDI de ne pas sombrer définitivement.
Quoi qu’il en soit, tout cela fait de l’UDI l’héritière d’un «vieux» centre que l’on espérait à jamais disparu et non l’avant-garde d’un modernisme centriste.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC


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