vendredi 12 juin 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Il n’y a pas «eux» et «nous», juste nous


La haine est toujours au coin de la rue, proposée par ses marchands qui attirent le chaland en éructant leurs élucubrations qui ont ravagé si profondément l’Humanité au cours de l’Histoire.
Elle n’a ainsi jamais quitté ce macadam où elle prospère et se retrouve revigorée sans cesse grâce à tous les petits esprits étriqués ainsi que les minables bouffis d’acrimonie et de fureur qui s’emparent de n’importe quelle cause pour faire prospérer leurs petites affaires.
A périodes répétées, comme c’est le cas depuis le début de notre deuxième millénaire, elle retrouve toute la flamboyance de sa laideur.
D’un côté de la rue, on trouve les hommes de main du nationalisme, du racisme, de la xénophobie, de la différence et de tout ce qui divise, qui n’hésitent pas à utiliser la violence des mots et des actes pour défendre leur cause indéfendable afin de tenter d’abattre leur ennemie mortelle, la démocratie républicaine.
De l’autre côté, ce sont ceux qui semblent se dresser contre cette bande sauvage mais qui, en réalité, s’en servent pour leurs intentions tout aussi dangereuse.
En instrumentalisant à l’excès la responsabilité des «autres», de tous les autres qui ne sont pas avec eux dans l’utilisation du fameux adage totalitaire, «ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi», ils sur- jouent la victimisation avec des objectifs qui ne sont pas aussi éloignés de ceux des hommes de main qu’ils dénoncent alors même que ce sont les valeurs humanistes de la démocratie républicaine qui sont leur cible parce qu’elles ne seraient pas à leur unique profit.
Tous sont là pour jouer cette dramatique et grotesque bouffonnerie qui nous a tant meurtris depuis la nuit des temps.
Tous sont les acteurs de la partition éculée des «eux», les «mauvais», et des «nous», les «bons».
Ils n’ont pas besoin d’en rajouter dans leur interprétation pour exciter les foules qui ne demandent que cela, qu’on leur montre les responsables de leurs problèmes étant entendu qu’il ne s’agit jamais d’eux-mêmes.
Alors leurs farandoles et fariboles nous enivrent avec leurs miasmes pestilentiels de la détestation et leurs postures abjectes d’exclusion et d’épuration afin que nous désignions  des boucs émissaires, des coupables, des gens à clouer au pilori.
Notre époque n’a rien inventé en la matière, tout juste nous montre-t-elle tragiquement que rien n’a vraiment évolué puisqu’à périodes répétées, quand les problèmes surviennent de manière un peu plus paroxystique, nous nous laissons séduire par les bêtes immondes, celle du rejet de l’autre, celle de l’intolérance, celle de la confrontation.
Et nous continuons donc à faire fausse route.
Car rien n’a changé, dans la réalité de ce que sont nos existences: nous sommes tous dans le même bateau et il nous revient de le faire naviguer ensemble pour construire une société inclusive où nous sommes tous solidaires les uns des autres.
Car il n’y a jamais eu «eux» et «nous», juste nous.
Quand nous serons vraiment capables de le comprendre et de mettre en pratique cette vérité, alors nous aurons fait un sacré bout du chemin qui nous conduit vers une société humaniste.
A voir ce qui se passe sous nos fenêtres, il semble qu’en ce moment nous soyons encore une fois en train de le prendre à contresens.


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