samedi 13 juin 2020

Une Semaine en Centrisme. Et si le «en même temps» macronien était contreproductif et même préjudiciable

Emmanuel Macron

Le «en même temps» théorisé par Emmanuel Macron, que celui-ci et son gouvernement ainsi que LaREM, se targuent d’appliquer dans leurs politiques pour le bien du pays n’est peut-être en fait qu’une machine infernale pour l’action publique et la gouvernance d’un pays, obligeant les dirigeants, non pas à prendre la meilleure décision possible issue d’une synthèse entre les différentes options ou à élaborer la meilleure solution en regard d’une situation complexe, voire à prendre une série de mesures qui permettent de parvenir à une sorte de contrat gagnant-gagnant, mais à contenter tout le monde, tout le temps, à la fois dans une conduite du pays tout en contradictions, zigzags, confusions, sophismes, inconséquences et autres incohérences.
C’est comme si cette majorité était à la recherche de la quadrature du cercle.

Or on ne gouverne pas avec des chimères et à la recherche de la pierre philosophale.

D’où cette incompréhension d’une politique qui fait tout et son contraire et cette insatisfaction chronique et globale qui s’emparent d’une population qui a l’impression qu’on lui donne là ce qu’on lui retire ici, que l’on approuve telle opinion tout en la condamnant, que l’on va dans une direction tout en lui tournant le dos, créant chez elle une confusion et une angoisse qui provoque des réactions de forte désapprobation.

D’où la possibilité de tous les groupes extrémistes, factieux et populistes de prospérer sur le désarroi des Français.

Ainsi, on peut condamner la police pour ses violences tout en la soutenant, on peut critiquer les riches tout en justifiant leur existence et leur fortune pour le bien de l’économie, on peut condamner les gilets jaunes tout en comprenant leurs agissements et leurs revendications, on peut réfuter telle théorie scientifique tout en soutenant ses initiateurs, on peut attaquer telle personnalité politique tout en proclamant son amitié avec elle et ainsi de suite.


On ne peut pas être avec les uns contre les autres et, «en même temps», avec les autres contre les uns.
On ne peut pas être pour et contre la même chose «en même temps».
Le pouvoir est même parvenu, suite à la crise pandémique mondiale que nous vivons à faire des discours contradictoires avec ceux d’«avant» et à prendre des décisions qui sont à l’opposé de celles qui furent prises voici quelques mois, à remettre ainsi en question une politique pourtant qualifiée de bonne et juste encore hier alors même que les difficultés que connait le pays ne le justifient en rien mais que l’on a cette impression désagréable qu’il faut désormais servir ceux qui ne l’ont pas encore été ou ceux qui revendiquent en servant de l’expression «en même temps» qui, du coup, est un paradoxe constant et n’a plus grand-chose à voir avec le juste équilibre centriste.

Dès lors, on ne choisit plus, ce qui est une responsabilité quand on dirige, mais on est d’accord avec tout et son contraire ce qui ne produit que de l’incohérence et du mécontentement à l’inverse de ce que l’on prétend vouloir obtenir.

On serait donc dans une sorte de démocratie délibérative sauf qu’aucune décision consensuelle n’est arrêtée in fine mais qu’est prise en compte «en même temps»  de toutes les opinions dans un mélange qui se révèle indigeste.

Bien diriger un pays pour le Centrisme, c’est prendre des décisions équilibrées qui peuvent contenter avec ce «en même temps» qui a du sens, l’ensemble des individus ou une grande majorité d’entre eux, voire qui ont cette volonté de ne léser personne ou le moins possible.

Mais le «en même temps» ne saurait, pour les centristes, être une formule magique où tout serait agglomérer afin de plaire à tout le monde.

Car ici, on est plus proche d’un certain populisme et sûrement d’une démagogie qui est l’antithèse de la responsabilité politique que prône le Centre.

Le «en même temps» d’Emmanuel Macron a tendance, ces derniers temps à ressembler à la caricature qu’ont en fait ses opposants.

Il faut espérer que ce n’est que passager.


Alexandre Vatimbella

Directeur du CREC

Jean-Louis Pommery

Directeur des études du CREC



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