jeudi 18 février 2021

Vues du Centre. Oui, l’islamo-gauchisme existe

Par Alexandre Vatimbella et Aris de Hesselin

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.          
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC.

Oui, l’islamo-gauchisme existe chez les universitaires et les chercheurs français.

Rappelons que ce terme a été inventé par le philosophe Pierre-André Taguieff en 2002 pour parler de cette convergence entre les intégristes musulmans et les gauchistes sur la base d’un ennemi commun, la démocratie libérale.

Mais le phénomène en lui-même est bien plus ancien.

Il désigne désormais cette idéologie répandue par certains mouvements d’extrême-gauche dès les années 1970, qui affirme que l’islam est la religion des pauvres, des exploités et des opprimés et que les musulmans, dans les pays occidentaux, sont en réalité de même condition que les prolétaires.

Il revient donc à la Gauche de défendre cette religion et de construire une alliance entre le prolétaire et le musulman pour mener la lutte des opprimés toujours contre cette même démocratie libérale.

Et c’est le droit de ceux-ci de le penser, de l’écrire et de le dire.

Et c'est notre droit en tant que centristes et défenseurs de la démocratie républicaine et partisans de l'universalisme de dire que c'est une idéologie dangereuse qu'il faut combattre.

Par ailleurs, savoir si cette idéologie a une emprise sur l’université et la recherche en verrouillant les études et en empêchant les autres points de vue de réellement s’exprimer, voire d’être systématiquement stigmatisés, est une question qui mérite débat et, pour cela, qui doit s’appuyer sur des bases factuelles.

C’est bien de cela qu’il s’agit puisque des universitaires et des intellectuels reconnus comme Pierre Nora, Gilles Kepel, Jacques Julliard, Pascal Bruckner, Raphaël Enthoven, Mohamed Sifaoui, Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Catherine Kintzler, Philippe Raynaud, Yves Charles Zarka ou Marcel Gauchet, entre autres, se sont plaints d’une dérive en ce sens.

Evidemment, on peut dire que l’urgence actuelle dans les universités n’est pas le problème de l’islamo-gauchisme.

Cependant, la crise universitaire avec les difficultés parfois très graves que connaissent les étudiants, le tout du à la pandémie de la covid19 ne doit pas non plus phagocyter toute les énergies.

Que l’on sache les universitaires et les chercheurs continuent à travailler et à publier (et de plus en plus dans la presse non-spécialisée), notamment les tenants de l’islamo-gauchisme et personne ne vient leur dire qu’ils devraient d’abord s’occuper des étudiants précaires.

Il ne faut pas mélanger les problèmes et les genres.

Et puis qu’est-ce qu’on à craindre ceux qui ont réagi et dénoncé l’«enquête scientifique» que veut lancer la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur pour savoir si l’islamo-gauchisme est une réalité et de quelle nature dans le monde universitaire?

Si les travaux de ceux qui s’en revendiquent, ne souffrent pas de discussion sur le sérieux du contenu, si leurs comportements ne sont en rien sectaires, si des universitaires qui ne pensent pas comme eux ne sont pas censurés ou brimés, cette enquête le dira.

Parce que ce n’est nullement sur le terrain de la liberté d’expression des islamo-gauchistes que ce débat doit avoir lieu mais bien sur celle des autres qui ne pensent pas contre eux.

La terreur intellectuelle et les tourments que subissent nombre d’universitaires américains qui s’opposent aux fanatismes des certains tenants des études post et décoloniales, indigénistes, racialistes ou encore intersectorielles est une évidence qui a poussé nombre d’entre eux à démissionner sous la pression, à devoir s’expliquer devant des tribunaux de la bien-pensance ressemblant étrangement à ceux de l’inquisition, voire à être limogés par leurs universités sous la pression de groupes ultras propageant une idéologie et non s’appuyant sur des travaux scientifiques.

On n’en est pas encore là en France fort heureusement mais plusieurs faits et agissements montrent que le mouvement est en train de s’amorcer et qu’il faut l’empêcher de prospérer.

Mette un frein à ces dérives n’empêchera pas les islamo-gauchistes de pouvoir s’exprimer, cela les empêchera seulement d’empêcher les autres de le faire.

 Alexandre Vatimbella et Aris de Hesselin

 

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