samedi 10 septembre 2011

Actualités du Centre – Nouveau centre: Jean-Christophe Lagarde règle ses comptes avec Hervé Morin


Dans une interview au site du magazine l’Express, Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du Nouveau centre, critique vertement son président Hervé Morin. Il réaffirme, par ailleurs, qu’il soutiendra Jean-Louis Borloo pour l’élection présidentielle et, ce, même si Hervé Morin se porte candidat… Extraits.
Qu'attendez-vous de cette université d'été de l'Alliance républicaine écologique et sociale (Arés)?
Cette université d'été doit montrer aux dirigeants de l'Alliance et au reste du pays que les adhérents et les sympathisants des différents partis qui la composent veulent travailler ensemble à bâtir une candidature centriste à la présidentielle. La population est en attente d'une alternative politique qui ne soit pas celle du parti socialiste. Après la création de l'Alliance au printemps est venu cet automne le temps de construire cette candidature et tout ce qui se fait depuis la fin de l'été ne nous sert pas.
Vous pensez aux critiques d'Hervé Morin à l'égard de Jean-Louis Borloo et des radicaux la semaine passée dans l'Eure. Après les socialistes à la Rochelle et l'UMP à Marseille, le bal des egos se poursuit à la Grande-Motte?
J'espère que non. La stratégie actuelle d'Hervé Morin est nuisible au Nouveau centre et au centre tout court. Depuis un an, il fait le tour de la France pour parler de sa candidature et celle-ci plafonne à 1% d'intentions de vote. Ce n'est pas attractif pour notre formation politique, dont les adhésions et réadhésions faiblissent considérablement. Pourquoi faire semblant d'être en compétition avec un autre candidat que les sondages placent à 8%? Pour traverser le désert, vous choisissez un chameau, pas une chèvre.
Si le but de la manœuvre est d'organiser une négociation, au mieux avec Jean-Louis Borloo, au pire avec Nicolas Sarkozy, c'est une stratégie personnelle qui est contre-productive pour le Nouveau Centre. Notre parti devrait tenir un rôle majeur dans la construction de l'Alliance, notamment ses responsables départementaux, pour bâtir les équipes de campagne et l'élaboration du programme. Pourquoi ne travaillons-nous pas aux investitures aux législatives? Cela aiderait grandement les candidats de se mettre maintenant en ordre de marche plutôt que d'attendre la fin de l'année 2011 ou le début 2012. Tout ceci me désole car pour la première fois depuis 1998, il y a une vraie possibilité pour se regrouper et attirer les 20% de Français qui se sentent proches de nos idées.
Certains au Nouveau Centre réclament des primaires...
Je suis totalement hostile à l'idée de primaires. Regardez le Parti socialiste, les primaires signifient forcément se tirer dessus. Pourquoi refuser de construire ensemble? Je comprenais que lors du départ du Jean-Louis Borloo qu'il y ait un doute sur sa volonté de quitter l'UMP et de reconstruire ensemble notre famille politique. Mais il y a une différence entre la vigilance et la méfiance. Il ne faut pas organiser le divorce juste après le mariage. Jean-Louis Borloo a fait tout ce qu'il avait annoncé et aujourd'hui, il prépare sa candidature: il loue des locaux pour développer les réseaux de campagne, il élabore un programme, il affirme davantage le message. 
Dans les sondages, Jean-Louis Borloo est crédité de 6% à 9% d'intentions de vote. S'il en est encore là en février, l'aventure en vaudra-t-elle le coup?
C'est une bonne base de départ, je me souviens d'élections présidentielles où l'on partait de bien plus bas. En attendant sa déclaration de candidature, sans doute après la primaire PS, on voit bien que l'intérêt pour Jean-Louis Borloo monte.
(…)
Dominique Paillé pense que Nicolas Sarkozy a «dealé» avec François Bayrou pour 2012...
Je ne sais si il y a vraiment un «deal» mais que la candidature Bayrou soit la préférée de l'Elysée est une évidence. Les gens de l'UMP le vomissaient il y a sept mois. Qu'ils lui trouvent aujourd'hui toutes les vertus me laissent pantois. Personnellement, je lui ai toujours trouvé beaucoup de qualités et je lui en trouve encore. Je ne suis pas d'accord avec lui sur son idée d'alliance potentielle avec le parti socialiste, qui n'est pas compatible avec ses propres valeurs et qui de toute façon ne veut pas lui. Nous avons un désaccord stratégique mais j'espère qu'un jour la famille centriste saura se retrouver. Ce ne sera sans doute pas le cas avant 2012 mais cela me paraît nécessaire à l'avenir pour les valeurs que nous portons. 

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