lundi 3 octobre 2011

Une Semaine en Centrisme. Centre: le temps de la clarification ou de l’embrouillamini?!

Il ne sera donc pas candidat, ce qui n’est guère étonnant pour beaucoup, tant il est un personnage inconstant et manquant de courage politique, selon leur opinion. Jean-Louis Borloo a donc jeté l’éponge, il ne se présentera pas en 2012 alors que toutes les conditions pour sa candidature étaient réunies.
Toutes sauf une… celle de gagner à coup sûr! Et c’est la lamentable raison qu’a avancée le président du Parti radical pour faire marche arrière. Car, il l’a dit, il s’était préparé, il avait son projet et ses équipes (merci pour elles, il ne les a même pas prévenues avant sa déclaration…).
Du coup, on croit comprendre que les convictions centristes de Jean-Louis Borloo n’étaient que de l’apparence afin de capter un électorat qui aurait pu le propulser à la tête de l’Etat.
Voilà qui est quelque peu troublant pour quelqu’un qui se gargarise de ses convictions politiques. Si l’on en a de vraies, peu importe que l’on gagne ou que l’on perde, on va les défendre lors de rendez-vous électoraux.
Mais Jean-Louis Borloo avait tout de même un problème, il n’était pas réellement centriste! Ce n’est pas nous qui le disons, c’est lui-même et sa muse, Rama Yade, qui sont venus le dire et le redire sur les plateaux de télévision, dans les studios de radio et lors d’interviews dans la presse, il étaie de la droite modérée et républicaine (ce qui n’a pas empêchée Rama Yade de rejoindre le groupe Nouveau centre au Conseil régional d’Ile-de-France, juste avant que son chef ne jette l’éponge!).
Pour certains, tout est donc revenu dans l’ordre des choses. Exit l’opportuniste radical qui voulait, à l’instar d’un Villepin, préempter le Centre à des fins d’ambitions personnelles.
Et François Bayrou peut venir parader en affirmant qu’il savait que Jean-Louis Borloo n’avait pas les … pour se présenter et qu’il n’était qu’un homme de droite habillé en centriste. Cela permet de faire oublier qu’il avait, un temps, déserter le Centre. Mais, au moins, lui, il en venait et son discours est un discours centriste.
Car ce renoncement va profiter, avant tout, au président du Mouvement démocrate. Le voilà donc quasiment intronisé par Borloo comme le seul et unique candidat centriste crédible.
Crédible car Hervé Morin a immédiatement réagit en disant qu’il était toujours candidat. Mais le président du Nouveau centre doit maintenant démontrer qu’il peut porter les couleurs du centre-droit alors qu’il a disparu des sondages depuis plusieurs semaines et que son score ne dépassait pas, alors, le 2%.
D’autant que Morin ne compte pas que des amis dans son propre parti. Nombreux ont été ceux qui ont mené une farouche bataille contre lui et en faveur de Borloo. Sauvadet, Létard, Leroy et bien d’autres, sans oublier le plus virulent, Jean-Christophe Lagarde, le président exécutif du Nouveau centre, qui n’a pas mâché ses mots contre la candidature de son patron, réglant au passage quelques comptes internes.
Au Parti radical, ceux qui avaient pris position pour une candidature Borloo se retrouvent un peu bêtes et, surtout, marginalisés. Même la girouette Dominique Paillé a dit qu’il ne voulait pas en être une en revenant dans le giron de l’UMP, c’est dire!
Quid, également, de l’Ares (Alliance républicaine écologique et sociale) qui regroupe le Nouveau centre et le Parti radical (ainsi que la Gauche moderne)? Va-t-elle se mobilier pour Hervé Morin? Va-t-elle se déliter?
Ce qui est assez étonnant, c’est qu’après les élections sénatoriales, Jean-Louis Borloo avait souhaité que les sénateurs Nouveau centre, radicaux et Gauche moderne forment un groupe. Cela ne s’est pas déroulé ainsi puisque le groupe Union centriste réunit (mais pour combien de temps?) ceux-là en plus du Mouvement démocrate et de l’Alliance centriste.
La candidature de la sénatrice du Nord, Nouveau centre et fervente supportrice de Jean-Louis Borloo, à la présidence de la haute assemblée, semblait montrer que la dynamique était encore du côté du président du Parti radical.
Bien sûr, elle n’a obtenu que 29 voix (alors que le groupe compte 31 membres) mais cela veut dire que des sénateurs de tous les courants centristes avaient voté pour elle.
Cette étonnante unité des différents courants centristes au Sénat concrétisé par un groupe commun et une candidature unique au plateau (la présidence de la haute assemblée) préfigure-t-elle une dynamique en ce sens au-delà des bancs du Palais du Luxembourg ou n’est-elle que de la poudre aux yeux avec des arrière-pensées politiciennes?
Au vu des déclarations et des postures, on serait, malheureusement, plus enclins à retenir la deuxième option.
Il va falloir voir dans les jours et les semaines qui viennent comment, ce que l’on peut vraiment appeler, malheureusement, la «nébuleuse centriste» va se sortir de toutes ses contradictions, qui vont, à l’intérieur de celle-ci rebondir en émergeant comme possibles leaders.
Reste qu’il faut souhaiter que les électeurs centristes ne soient pas découragés devant tant d’inconséquences, de faux-semblants et de petites batailles. On la déjà dit. On le redit. Et on espère en des jours meilleurs pour le Centrisme. On la dit. On le redit…

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC

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