vendredi 16 mai 2014

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Y a-t-il 70% des Français pour une victoire du FN aux européennes?!

Faisons nos comptes.
Dans un récent sondage, les listes du Front national arrivent en tête des intentions de vote pour les élections européennes du 25 mai avec 25%.
A l’heure actuelle, l’estimation de la participation tourne autour de 40%.
Dès lors, ce sont 10% des électeurs qui s’apprêtent à voter effectivement pour l’extrême-droite.
Mais, à ceux-ci, il faut ajouter les 60% d’abstentionnistes qui vont laisser, pour la première fois, cette même extrême-droite remporter une élection nationale.
Ce qui fait 10% + 60% = 70%...
Et si le FN n’obtient que 22% ou 23% des voix mais qu’il arrive en tête, le pourcentage total de ceux qui auront permis cette victoire ne sera guère moins important.
J’entends déjà ici les procès en rapprochements abusifs, en amalgames et en volonté de faire le buzz.
Voilà bien des critiques que j’accepterais s’il n’y avait une réalité comptable et que celle-ci dit que les 60% des abstentionnistes savent aujourd’hui qu’en n’allant pas mettre un bulletin dans l’urne le 25 mai, ils favorisent la victoire du Front national.
Bien sûr, ils se défendront d’être des sympathisants d’extrême-droite et ils prendront la posture des offensés en expliquant que je n’ai rien compris, qu’une élection européenne cela n’a aucune importance, qu’il faut donner un coup de semonce aux partis traditionnels, qu’on ne peut pas voter pour des socialistes qui font le contraire du pourquoi les gens ont voté pour eux, que les querelles à l’UMP fatiguent, que les centristes sont des rigolos qui se chamaillent constamment entre eux, que les écologistes ne savent plus où ils sont, que…
Oui, tous ceux qui n’iront pas dans un bureau de vote le 25 mai trouveront toutes les justifications nécessaires pour se dédouaner de la victoire du Front national qui se profile.
Mais il restera le résultat brut et sans détour, un résultat qui sera annoncé sur les télévisions et les radios et imprimés dans les journaux et les magazines, qui créera des millions de pages sur internet et qui sera gravé dans le marbre de la république, un résultat qui fera le tour du monde.
Alors, non, ceux qui n’iront pas voter et qui permettront au Front national d’arriver en tête avec tout ce que cela implique en terme d’image de la France, de dynamique de toutes les intolérances et les haines véhiculées dans le pays, de «dédiabolisation» définitive d’un parti qui toujours détesté la démocratie républicaine libérale et sociale, ne pourront pas se cacher derrière des explications qui ne valent, et encore, que lorsque le système et les valeurs démocratiques ne sont pas en jeu.
Le 25 mai le Front national ne peut gagner une élection que si une majorité de Français le décide, soit par sympathie pour les thèses d’extrême-droite, soit par dédain de la démocratie qu’ils n’iront pas défendre dans les urnes.

Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle.

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