mardi 24 janvier 2017

Actualités du Centre. Bayrou, 13 jours de silence pour signifier quoi?!

De mémoire de journaliste, on avait rarement vu cela, François Bayrou se tait et il le fait depuis treize jours à l’exception d’un tweet pour dire ni oui, ni non, à une rumeur sur une éventuelle alliance avec Emmanuel Macron.
On sait que le centriste sort un livre –Résolution française, un programme électoral comme il l’a dit – le 31 janvier et que, tout au long du mois de février il va le promouvoir ainsi que sa personne.
En revanche, il n’a rien laissé percer dans les médias quant à sa décision finale.
C’est si vrai que certains de ses proches disent qu’il va y aller et que d’autres estiment qu’il s’est rendu compte qu’il ne lui est pas possible de le faire.
On rappelle qu’il pèse 5% dans les sondages où il se trouve en sixième position.
Pour autant, si le maire de Pau veut peser d’une façon ou d’une autre sur la présidentielle et, par conséquent, avoir un avenir politique, il va devoir se dévoiler.
Ça, c’est une certitude.
Mais cette prise de distance, à deux mois et demi de l’élection est un coup de poker.
D’un côté, Bayrou peut jouer l’outsider qui bouscule tout en se présentant au dernier moment.
Pour cela, il peut s’appuyer sur les victoires de Donald Trump aux Etats-Unis, et de François Fillon à la primaire LR ainsi que la première place de Benoît Hamon à celle des socialistes, toutes inattendues.
Sauf que, d’une autre côté, ces outsiders sont partis très en amont de l’élection et qu’ils ont eu le temps de s’installer, un peu comme l’a fait Emmanuel Macron.
Mais c’est également vrai que les sondages ne donnaient pas cher de la peau de Fillon et de Hamon qui ont donc pu causer la surprise, le cas Trump et Macron plaidant pour la thèse inverse, néanmoins.
La posture de se mettre en réserve de la République peut également le tenter.
Elle est évidemment à double tranchant.
Si le mandat du prochain président est une catastrophe, il pourra se présenter en recours en 2022 ou avant avec ce discours qu’il tient depuis des années, «je vous l’avais bien dit!».
A l’opposé, s’il est une réussite, le président du Mouvement démocrate risque d’être mis à la retraite forcée par le peuple français.
Autre risque, qu’un autre Macron – ou le même! – lui pique encore cette place ainsi que le Centre.


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