samedi 14 janvier 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La droite radicale américaine en passe de gagner son pari de tuer le Centre

Aux Etats-Unis, depuis des années, la droite radicale et l’extrême-droite, affiliées ou non au Parti républicain, poursuivent une tentative de recomposition du paysage politique américain avec la volonté d’installer son centre à droite et ainsi de gauchiser le vrai Centre, c’est-à-dire aujourd’hui un courant composé à 90% de démocrates, les républicains modérés et centristes étant devenus une toute petite minorité en voie de disparation au fil des années et de la chasse aux sorcières dont ils ont été des victimes systématiques.
Ainsi, les idéologues ultraconservateurs et réactionnaires ont incité les républicains à contester sans cesse la légitimité du Parti démocrate quand il est au pouvoir, à ne jamais faire de compromis avec lui et à stigmatiser toutes ses décisions.
C’est comme cela qu’il faut comprendre le blocage des institutions avec un Congrès qui, depuis qu’il est dominé par les républicains, est celui qui a le moins travaillé de toute l’histoire du pays.
De même, lorsque les républicains ont refusé de même recevoir le juge que Barack Obama avait choisi pour occuper un siège vacant à la Cour suprême, ils ne faisaient que continuer ce travail de sape permanent et opiniâtre en espérant que le vent tournerait.
Sans parler de la guérilla qu’ils ont constamment menée contre Barack Obama et Hillary Clinton, les déconsidérant sans cesse, leur niant toute légitimité.
Cette stratégie – au-delà de bloquer le pouvoir quand les démocrates l’occupent – avaient également pour but de radicaliser le Parti démocrate.
En refusant tout consensus et tout compromis, ils avaient dans l’idée que les démocrates se lassent de cette obstruction totale et adoptent un discours et des pratiques plus partisanes alors même que ces derniers avaient fait leur révolution  centriste au début des années 1990 afin de revenir au pouvoir avec Bill Clinton puis avec Barack Obama, ce qui leur a permis, ne l’oublions pas, de remporter en voix six des dernières élections présidentielles dont la dernière où Hillary Clinton a obtenu près de 3 millions de votes de plus que Donald Trump.
Cette volonté qui a été analysée et expliquée par de nombreux politologues, est en passe de réussir grâce à l’élection de Donald Trump.
Non seulement, cette victoire du démagogue populiste qui a puisé nombre de ces idées à la droite extrême leur permet de revenir au pouvoir mais elle a provoqué, en réaction, le réveil de la gauche américaine, en particulier sa frange radicale ainsi que l’extrême-gauche, dont le but avoué est désormais de prendre le contrôle du Parti démocrate avec Bernie Sanders, voire de le phagocyter en s’inspirant  de ce qu’a réussi le mouvement d’extrême-droite du Tea Party avec le Parti républicain (et qui a été un allié inestimable pour Donald Trump) ou même de créer une structure à gauche de celui-ci.
Et le terreau est favorable.
Devant les outrances, les insultes, les grossièretés, les menaces et l’incompétence de Trump, nombre d’électeurs démocrates sont tentés de se gauchiser face aux menaces que la démagogue populiste représente pour la démocratie républicaine libérale, pour la paix et pour l’humanisme.
Si l’on assistait à un mouvement de grande ampleur dans ce sens, le Centre et le Centrisme seraient en grand danger aux Etats-Unis.
Bien évidemment, l’espace central continuerait lui à exister mais il se déporterait mécaniquement à droite comme le souhaitent depuis si longtemps les républicains.
Dès lors, la bataille que doivent mener les centristes américains mais aussi de tous les pays du monde, c’est d’empêcher le virage à droite, radical et extrême, des Etats-Unis qui pourrait provoquer des désastres à, l’intérieur et à l’extérieur du pays mais aussi d’empêcher la disparition du vrai Centre en empêchant la dérive gauchiste du Parti démocrate, dérive qui est actuellement en gestation et qui pourrait émerger au cours de cette année.
Le temps de la résistance a sonné pour les centristes américains, ce qui leur permettra, à terme, une reconquête du pouvoir.


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