vendredi 23 février 2018

Actualités du Centre. Macron veut une «révolution culturelle» de l’agriculture française

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a réuni le jeudi 22 février de jeunes agriculteurs à l’Elysée afin de leur dire à nouveau combien il considérait leur secteur d’activité comme une priorité dans son action.
Il a expliqué qu’«il n’était pas là pour plaire mais pour faire» et qu’il proposait aux «exploitants agricoles» de devenir des «entrepreneurs agricoles» avec tout ce que le terme d’entrepreneur recouvre chez lui et sa vision centriste et progressiste, c’est-à-dire des professionnels responsables, autonomes et capables de réussir dans un domaine qui est, selon lui, crucial pour la France mais qui doit être aussi un des moteurs des exportations, un des fleurons du commerce extérieur grâce à ses productions et à son savoir-faire.
Lors de ses vœux de début d’année au monde agricole (qui, avec l’armée, avait été le seul à avoir des vœux personnalisés), le président de la république avait expliqué que les «paysans» comme les «militaires» étaient des «concitoyens (qui) ont en commun d’être des hommes et des femmes essentiels à la nation» et qui se tiennent «debout dans la difficulté et l’épreuve, manifestant leur engagement à chaque instant».
Et il avait ajouté: «Dès le début de ce mandat, je me suis lancé dans plusieurs combats que je considérais comme prioritaires : nos armées, l’emploi, l’éducation et l’agriculture car l’agriculture est, j’en suis convaincu, une des clés de notre avenir».
Un bel hommage alors que l’opposition prête sans cesse à Emmanuel Macron un dédain, voire une condescendance pour le monde rural.
Un angle d’attaque très utilisé actuellement par LR et son président, Laurent Wauquiez, mais aussi par la Gauche dont pourtant bien de ses représentants ont souvent manqué d’intérêt pour cette ruralité.
Ses deux objectifs principaux  sont la «souveraineté alimentaire» et la «qualité choisie».
Selon lui, «nous sommes aujourd’hui à un tournant – j’en suis profondément convaincu, je sais que beaucoup d’entre vous le sont aussi – pour notre agriculture parce que c’est là aussi un des lieux de transformation profonde, pas seulement d’une filière économique, mais aussi d’une forme d’organisation dans notre société, d’organisation de nombreux territoires et de choix profonds pour notre société, de choix d’organisation en commun, de choix d’alimentation, parfois de choix sanitaire! Et il nous faut construire pour aujourd’hui et demain ce changement profond. Et pour cela, nous devons renouer avec nos fondamentaux».
Quant à la politique agricole, il estime que «ce que nous devons construire, c’est une stratégie claire, concrète avec l’ensemble du monde agricole français pour, aujourd’hui et dans les prochaines années, réussir à prendre ce tournant et gagner ce moment historique que j’évoque. Nous devons le faire dans notre pays avec l’ensemble des territoires, nous devons le faire à un moment où nous avons une PAC à renégocier en Europe et nous devons le faire à un moment où le monde est en train ou de s’ouvrir ou de se fermer, mais où les plaques tectoniques du commerce mondial en matière agricole sont en train de bouger très vite et où nous avons pu voir ces dernières années les limites de la volatilité des cours et d’une agriculture qu’on pense simplement ouverte aux grands vents des marchés et donc où il nous faut aussi penser des mécanismes de régulation, de protection pour défendre cet objectif que j’évoquais d’une vraie souveraineté alimentaire et d’une souveraineté de qualité. Pour moi, ce moment s’articule autour de trois combats: celui de la valeur, celui de l’ouverture et celui de la planète.»
Il faut donc  un «juste prix» pour les produits afin de bien rémunérer les agriculteurs, une «ouverture à la mondialisation» pour permettre une agriculture française conquérante mais dans une juste concurrence et le «choix de la planète» avec «une politique assumée, volontariste en matière environnementale et climatique».
Quant aux mesures qu’il a annoncées ce jeudi, il y a la promesse que les accords de libre-échange ne changeront pas les règles en matière de production et de qualité («pas de bœuf aux hormones» a-t-il affirmé), celle d’aides pour combler le déficit commercial dans le bio, celle de prêts pour les jeunes agriculteurs (pour leur «permettre de démarrer dans le métier dans les meilleures conditions»), celle d’une protection sociale identique à celle des autres Français et celle de verrous réglementaires sur les achats de terres agricoles par des étrangers (ici est visée en particulier la Chine).
Il a également annoncé la mise en place d’un «grand plan d’investissement de 5 milliards d’euros pour accompagner la transformation» du monde agricole notamment «la modernisation des structures».


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