jeudi 30 janvier 2020

Vues du Centre. En pleine affaire Matzneff, Polanski nominé 12 fois aux Césars!


Par Jean Français Borrou & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC.

Décidément, le milieu médiatico-culturel a du mal avec la pédophilie et les violences sexuelles faites aux femmes.
En pleine affaire Matzneff, ce pédophile revendiqué qui a été si longtemps protégé de ses méfaits relatés dans des livres – ce qui lui conférait selon ses protecteurs la qualité d’écrivain (sic!) –, voilà que l’académie des Césars vient de nominer douze fois le dernier film d’un autre pédophile et également agresseur sexuel, Roman Polanski après avoir voulu en faire le président de sa cérémonie en 2017.
Une preuve de plus que pour une partie de ce monde totalement fermé sur lui-même et dans la défense jusqu’au-boutiste de ses membres au motif que l’œuvre et le créateur dominent et précèdent la personne (heureusement qu’Hitler était un peintre médiocre! Malheureusement, Céline, lui, savait écrire…), la morale ou même juste la pudeur n’a pas cours.
Parce que lorsque l’on entend le président de l’académie des Césars dirent que celle-ci n’a pas vocation à «avoir des positions morales», on est, à la fois, révolté et consterné par ces propos d’un irrespect pour les victimes et d’une bêtise sans nom de ce triste sire.
Rappelons à cette personne que le cinéma français, avant les «révélations» (que tout le monde connaissait depuis longtemps dans le milieu cinématographique) sur Harvey Weinstein, le célébrait continuellement comme un producteur génial qui promouvait si bien les films hexagonaux aux Etats-Unis…
Nous, en tant que centristes et donc se réclamant d’un humanisme intégral, nous ne pouvons que condamner ces comportements indignes et ces compromissions constantes avec des personnages qui, s’ils ne faisaient pas partie de ce milieu médiatico-culturel, seraient depuis longtemps voués aux gémonies et traités en parias de la société par celui-ci.
Il ne peut y avoir deux manières de condamner et de juger des actes qui détruisent les vies d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui n’avaient rien demandé et qui ont été les proies de prédateurs qui, en l’espèce, n’ont aucun remord de leurs méfaits.
Non, jamais l’œuvre ne peut justifier l’impunité et la célébration de scélérats et de salauds.
Car, en plus, Matzneff et Polanski n’ont pas sévi une seule fois, n’ont pas connu un moment d’égarement (ce qui ne justifierait évidemment aucune impunité) mais sont des récidivistes.
Ce qui renforce le côté choquant de ses nominations, c’est que celles-ci sont données à un film sur un déni de justice réalisé par un individu qui a fui la justice faisant en sorte d’en créer un!
De quoi se faire retourner Emile Zola dans sa tombe…

Jean Français Borrou & Alexandre Vatimbella


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