vendredi 31 janvier 2020

Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le Brexit, la chance de l’Europe!

Voilà un titre qui va en étonner beaucoup alors que, dans les médias et le monde politique, on ne cesse de se lamenter et de clamer sa tristesse avec le départ, ce 31 janvier 2020, de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
Bien sûr, un divorce n’est jamais une réussite en soi puisqu’il acte un échec.
En l’espèce il s’agit de l’accueil par les Européens dans leur union d’un pays qui semblait, après des années d’opposition, de vouloir enfin s’amarrer au continent pour le meilleur et pour le pire et qui fit le forcing pour entrer dans ce qui était alors la CEE (Communauté économique européenne), ne l’oublions pas.
Or, si ce fut le meilleur et le pire, c’est parce que les Britanniques tirèrent parti pour eux du meilleur de leur adhésion à l’UE et laissèrent le pire le pire à leurs «partenaires»…
Ce départ – qui n’est peut-être qu’un au revoir et non un adieu – est de ce point de vue un bien.
Mais il est également une aubaine pour la construction européenne.
Encore faut-il que les 27 membres restant saisissent l’opportunité (ou tous ceux qui veulent une union renforcée).
Ainsi l’avenir de l’Union passe par une plus grande coopération et une plus grande intégration.
Non pas pour assouvir un quelconque rêve d’une fédération européenne mais tout simplement parce que, pragmatiquement, si les peuples européens veulent encore avoir leur mot à dire dans leur avenir et s’ils veulent encore vivre dans des pays avancés, ils doivent approfondir leur union.
Que ce soit tant en matière sociale qu’en matière militaire, dans le domaine industriel (au-delà du grand marché) que dans celui des nouvelles technologies en passant par celui de l’agriculture (au de là de la Pac), sur la lutte contre le terrorisme à celle contre le réchauffement climatique, sur la question de l’immigration que sur celle des alliances internationales, il faut des politiques encore plus communes au 27 avec une volonté de créer enfin cet espace de rassemblement qui ne soit plus seulement de paix et de prospérité (même si c’est déjà beaucoup).
Le Brexit ne doit pas être un événement qui paralyse l’action, bien au contraire, il doit permettre de recréer une dynamique salutaire avec ceux qui croient vraiment en une Europe unie pour affronter les bourrasques de ce XXI° siècle.
Et s’il y a d’autres pays membres qui veulent imiter le Royaume Uni, qu’ils le fassent!
Laissons la porte grande ouverte parce que l’UE ne se sauvera et ne s’approfondira qu’avec des Européens convaincus et lucides.
Espérons que ce 31 janvier sera une date heureuse de l’histoire de l’Union européenne.
Quant aux Britanniques, qu’ils reviennent lorsqu’ils seront prêts à réellement partager leur destin avec les autres peuples d’un continent auxquels, quoi qu’ils prétendent, ils appartiennent.


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