lundi 3 février 2020

Présidentielle USA 2020. Bernie Sanders aussi dangereux que Trump?

Bernie Sanders et Donald Trump
Alors que les démocrates de l’Iowa vont être les premiers à choisir ce soir le candidat qu’ils préfèrent voir opposer à Donald Trump en novembre prochain, ouvrant ainsi officiellement les primaires du parti jusqu’à sa convention – qui se tiendra du 13 au 16 juillet 2020 dans la ville de Milwaukee (Wisconsin) –, il y a une probabilité certaine qu’au terme de ce processus, celui-ci se nomme Bernie Sanders.
Rappelons que le sénateur du Vermont n’est pas un membre du Parti démocrate mais un socialiste revendiqué et qu’il fut le principal concurrent d’Hillary Clinton lors de la primaire de 2016.
Les règles des primaires permettent ainsi à des personnes n’étant pas encartées de pouvoir prétendre représenter les démocrates ou les républicains à l’élection général.
Toujours est il que si Sandres l’emporte en juillet prochain il affrontera le président sortant qui va, sans aucun doute, échapper à la destitution lors d’un vote mardi ou mercredi du Sénat dominé par les républicains qui ont sciemment saboté le procès, portant un nouveau coup dur à la démocratie américaine.
Dès lors, la bataille pour la Maison blanche pourrait opposer Donald Trump à Bernie Sanders.
Une éventualité qui fait froid dans le dos aux centristes et plus particulièrement à ceux du Parti démocrate.
On aurait ainsi comme choix pour le futur président entre deux populistes qui représentent des dangers évidents.
L’un et l’autre sont des rigides qui ne supportent pas la contradiction.
L’un et l’autre sont à la tête de troupes fanatisées qui sont prêtes à tout pour leur chef.
L’un et l’autre représentent les radicaux de leurs camps respectifs.
L’un et l’autre sont des diviseurs de la société américaine et jouent sur sa forte polarisation actuelle pour leurs ambitions personnelles, société qui n’a évidemment pas besoin de cela.
Si cette dernière caractéristique n’a pas besoin de développement en ce qui concerne Trump, il est bon de se souvenir que Sanders, par ses propos mais aussi ses silences coupables, est un des responsables de la défaite d’Hillary Clinton en 2016.
Refusant de soutenir réellement une centriste, le socialiste avait fait le minimum dans son soutien à la candidate démocrate qui l’avait battue sans discussion possible lors des primaires, laissant même ses proches l’attaquer et exprimer plus de sympathie pour Trump que pour elle…
On voit bien que le rigidité idéologique ainsi que la personnalité de Sanders ne serait pas un atout pour rassembler les Américains, si tant est que ce soit encore possible!
En outre, son programme est, pour une grande partie, irréalisable voire dangereux pour le pays avec des dépenses vertigineuses, notamment pour son plan d’assurance maladie, et une taxation des plus riches au-delà du raisonnable en terme économique.
Bien entendu, si l’on compare la dangerosité d’un Sanders, en tant qu’individu et par son programme, par rapport à celle d’un Trump, elle ne lui arrive pas à la cheville.
Bernie Sanders mettrait sans doute une certaine pagaille dans le système économique du pays mais il n’est pas un danger pour la démocratie américaine, loin de là.
De même, il ne serait pas un destructeur de l’ordre international comme l’est Trump.
Enfin, il n’est pas un escroc, un menteur, un insulteur et un incompétent à la hauteur du populiste démagogue qui occupe actuellement le Bureau ovale.
Mais le danger principal que porte la candidature de Sanders est ailleurs.
Il est dans la réélection de Trump.
Non seulement le socialiste ne parviendrait pas à convaincre les républicains modérés (ce qui n’est pas gagné d’avance pour le candidat démocrate quel qu’il soit) de voter pour lui mais il perdrait sans doute beaucoup de voix du côté des «independents» (électeurs non encartés dans un parti quelconque) modérés voire même de celui des démocrates centristes (dont beaucoup craignent son programme pendant que d’autres ne lui ont pas pardonné son comportement en 2016).
Autant dire que Sanders en tant que candidat officiel du Parti démocrate serait du pain béni pour Trump qui a tout intérêt à l’avoir comme adversaire ce qui lui permettrait, entre autres, de démontrer que les démocrates ont bien viré à gauche et sont devenus des radicaux ce que les républicains tentent de faire accroire depuis des années de manière fallacieuse jusqu’à présent.
In fine, on peut dire que, oui, Sanders est un danger aussi grand que Trump si l’on considère qu’il sera l’atout principal pour la réélection de ce dernier.
A noter, pour finir, que le centriste et ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, fait toujours la course en tête dans les sondages et ce, depuis le début de la campagne, mais que Bernie Sanders connait actuellement une certaine dynamique (qu’il avait déjà connu il y a quelques mois et qui était retombée) et qu’il bénéficie de la montée en puissance d’une autre candidat centriste, l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, qui prend des voix à Biden.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

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