dimanche 21 février 2021

Propos centristes. France – Ne pas fermer les écoles; confinement; encadrer l’instruction en famille; islamo-gauchisme, une réalité; proportionnelle et vote par anticipation…

Voici une sélection, ce 21 février 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)

- La famille n’a pas tous les droits sur l’enfant, on ne fait pas n’importe quoi avec son enfant.

- L'instruction en famille bien faite pourra continuer [avec] un régime d’autorisation.

- L’islamo-gauchisme est un fait social indubitable. (…) Ça se voit dans les déclarations de certains politiques. Quand vous avez Monsieur Mélenchon qui participe à une manifestation du CCIF où il y avait clairement des islamistes radicaux. Monsieur Mélenchon tombe dans l'islamo-gauchisme sans aucun doute. (…) Je veux bien après que des spécialistes de sciences politiques analysent ça ou trouvent d'autres mots pour décrire le phénomène. Chacun doit voir ça avec sérénité et objectivité.

- [Loi sur le respect des principes républicains] On prend à bras le corps des sujets qui ont très longtemps été laissés en jachère. Cette loi qui prend à bras le corps le phénomène séparatisme, ces projets au quotidien qui nuisent à la République.

- [Covid19] Les cantines sont un maillon faible que l'on regarde avec une grande attention.

- [Covid19] Avec les tests salivaires, nous pensons que presque tout le monde acceptera de se faire tester.

- [Covid19] La dernière chose à fermer, ce sont les écoles.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

Nous préparons aujourd’hui la défense de demain : à Val-de-Reuil, lancement en réalisation du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération. La construction de SNLE est une prouesse technologique : ce savoir-faire rare, peu de pays en sont capables. Ce chantier maintiendra l’excellence de nos compétences en matière nucléaire. La France ne serait pas la France sans sa dissuasion. Les SNLE sont la présence active et discrète de la France dans le monde, assurant notre sécurité et notre crédibilité sur la scène internationale. Aujourd’hui, nous garantissons cette assurance-vie de la nation jusqu’en 2090.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

[Les écologistes imposent temporairement un menu unique sans viande dans les cantines scolaires à Lyon] En plus de l’insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des « Verts » exclut les classes populaires. De nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande... Idéologie scandaleuse.

 

Frédérique Vidal (ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation)

- Quand je reprends le terme "­islamo-gauchisme", employé par le journaliste qui m'interviewait, j'ai à l'esprit l'ensemble des radicalités qui traversent notre société. Bien sûr, l'islamo-gauchisme n'a pas de définition scientifique, mais il correspond à un ressenti de nos concitoyens, d'abord, et à un certain nombre de faits, aussi : l'empêchement, dans certains établissements, d'une représentation des Suppliantes d'Eschyle ou de la lecture d'un texte de Charb, des enseignants qui ne se sentent pas libres d'enseigner comme ils le souhaitent. Ce sont des attaques contre la liberté académique et la liberté d'expression en général. On ne peut pas laisser passer ça, même si c'est très minoritaire. Et on ne peut pas laisser dévoyer des travaux de recherche par des gens qui prétendent s'y référer tout en les déformant. On ne peut pas dire "ça ne me concerne pas".

- Je suis universitaire. J'ai toujours défendu la liberté académique et les chercheurs. Je le fais au quotidien lorsque les présidents d'université sollicitent l'appui du ministère lorsqu'il y a un incident. C'est un procès d'intention. Ce que je souhaite, c'est qu'on relève le débat. Nous avons besoin d'un état des lieux de ce qui se fait en recherche en France sur ces sujets. En fonction des résultats, j'espère, parce que j'ai confiance dans les universités, que cela permettra de déconstruire l'idée qu'il y aurait une pensée unique sur certains sujets ou au contraire veiller si c'est nécessaire à protéger le pluralisme des idées à l'université. On peut évidemment faire des études post-coloniales en France ou travailler sur l'intersectionnalité. Tout l'enjeu, c'est de faire la part des choses entre le travail des scientifiques et ceux qui se servent de ces travaux pour porter une idéologie et nourrir l'activisme.

- Les libertés académiques, la liberté de la recherche doivent être défendues à tout prix. Ce que je souhaite, c'est savoir si ces libertés ne sont pas entravées dans le travail des chercheurs et des enseignants-chercheurs. Les universités sont le lieu de création de la connaissance et de sa diffusion. Cela passe par le débat contradictoire et l'évaluation par les pairs, donc par la pluralité des courants de pensée et de prises de parole. Il est crucial que cela ait lieu dans le débat et la sérénité. Il faut que les universitaires eux-mêmes s'emparent du sujet et fassent en sorte que cette pluralité continue à exister. La pensée unique serait mortifère.

- Nous avons déjà des données : il faut que des spécialistes s'en saisissent et les regroupent (…) Il s'agit d'une enquête, mais au sens sociologique du terme, donc d'un travail de recherche ou d'une étude scientifique. Nous avons déjà des données : il faut que des spécialistes s'en saisissent et les regroupent. La conférence des présidents d'université a fait savoir que les universités étaient prêtes à apporter un éclairage étayé au gouvernement.

- C'est le rôle de l'État de soutenir les universités confrontées à des difficultés. C'est ce que nous avons fait en reprogrammant la pièce d'Eschyle à la Sorbonne. Et, non, ce n'était pas anecdotique. On ne peut pas vouloir défendre la liberté académique et ne pas la faire respecter au sein de l'université. C'est mon rôle.

- Je maintiens que l'université a le droit de tout étudier et qu'évidemment on n'y fabrique pas des fanatiques. Est-ce que pour autant je dois abandonner les présidents d'université qui demandent de l'aide? Ne pas entendre les professeurs qui se disent empêchés? Faire comme s'il n'y avait aucun sujet alors que des universitaires demandent l'appui du ministère? Le racisme, c'est un délit contre lequel nous savons réagir : il existe des procédures disciplinaires. Lorsqu'un enseignant-chercheur ou un chercheur est menacé, nous agissons évidemment. Idem s'agissant des atteintes à la laïcité.

- Si vous me demandez à quoi j'occupe en priorité mes journées, et une partie de mes nuits, c'est évidemment à l'impact de la pandémie sur les jeunes, au déploiement des mesures de soutien aux étudiants et à répondre à leurs besoins de demain : j'étais d'ailleurs vendredi matin à Bordeaux avec le Premier ministre sur ce sujet. (…) Croyez-vous que je suis restée dans mon fauteuil depuis qu'on a fermé les universités en novembre? Le jour même où le couvre-feu général à 18 heures était décrété en France, nous avons fait revenir les étudiants à 20% du temps dans les universités. Et dès qu'on pourra faire plus, on le fera. On y travaille tous les jours avec les établissements et les autorités sanitaires. Je suis toutes les semaines sur le terrain.

- 100% des universités ont mis en place le nouveau protocole d'accueil. Il faut désormais deux ou trois semaines de recul pour en mesurer l'impact. Si tout se passe bien, alors on pourra envisager d'aller plus loin.

- Nous avons constaté une baisse de seulement 3% de la présence aux examens de la dernière ­session, qui se sont tenus entre décembre et début février. On ne constate donc pas de décrochage massif. C'est aussi le résultat de l'engagement des équipes universitaires.

- Depuis le 25 janvier, nous avons servi 1,5 million de repas à 1 euro et nous allons accélérer en rouvrant davantage de points de vente. Y compris pour faire de la distribution alimentaire. Les étudiants ne savent pas encore assez que s'ils se connectent sur le site du Crous, ils seront recontactés par une assistante sociale. Des aides spécifiques existent et peuvent atteindre 500 euros. Et cela concerne tous les étudiants : français, étrangers, boursiers ou non boursiers. Il faut le faire savoir.

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

[Les écologistes imposent temporairement un menu unique sans viande dans les cantines scolaires à Lyon] Arrêtons de mettre de l’idéologie dans l’assiette de nos enfants ! Donnons-leur simplement ce dont ils ont besoin pour bien grandir. La viande en fait partie. J’ai saisi le Préfet du Rhône.

 

Brigitte Klinkert (ministre chargée de l'Insertion)

Le plan France relance soutient les 5000 entreprises sociales inclusives du pays.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

Il y a 3 ans étaient assassinés le journaliste Jan Kuciak et sa compagne. Face aux attaques qui demeurent, aujourd’hui, en Europe, le combat pour la liberté de la presse est un combat pour notre liberté tout court. Ni dépassé, ni secondaire, ce combat est vital.

 

Olivia Grégoire (secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale, solidaire et responsable)

Demain, je lancerai le site Urgence ESS qui permettra à toutes les petites associations employeuses de savoir facilement d'abord s'il existe des aides auxquelles elles ont droit mais n'ont pas recouru et ensuite d'obtenir 5.000 à 8.000 € supplémentaires pour faire face à la crise.

 

Gabriel Attal (porte-parole du gouvernement)

- [Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient au coude‑à-coude au second tour de l'élection présidentielle de 2022] Il y a peu de sens à commenter la ligne d'arrivée sans même connaître la grille de départ. Les 35 % du RN au second tour en 2017 étaient déjà eux-mêmes inquiétants. Nous avons hérité d'un pays fracturé, que Marine Le Pen cherche à fracturer davantage encore au gré des crises. Cela doit sonner la mobilisation générale. L'unité de la République est un combat perpétuel.

- Notre souhait, c'est évidemment que Marine Le Pen rassemble le moins possible et, comme beaucoup, je rêve d'un second tour sans l'extrême droite. Je constate à l'inverse que nos oppositions cherchent à tout prix à nous affaiblir pour s'assurer, elles, un face‑à-face avec Le Pen. Comme si elles étaient assurées de l'emporter! Ne jouons pas avec le feu et mobilisons-nous pour que Marine Le Pen soit reconduite à la frontière de la vie politique par le vote des Français.

- [Sujets de l'immigration, du sécuritaire, de l'islamisme radical] Le RN a prospéré sur ces sujets parce que les gouvernements précédents ont fui leurs responsabilités. Nous, nous les affrontons et nous y répondons. C'est le cas avec le projet de loi séparatisme, qui met nos oppositions face à leurs contradictions. Lors du vote de ce texte, le RN s'abstient alors qu'il prétend vouloir combattre les ingérences étrangères. La gauche ne nous soutient pas dans notre combat pour la primauté de l'école de la République. La droite non plus dans la lutte contre l'islamisme politique. Il y a une inversion totale des valeurs.

- Le danger serait de laisser penser que nous partageons avec le RN les mêmes constat et objectifs, et que notre seule différence serait un degré d'efficacité. Ce n'est pas ce qu'a dit Gérald Darmanin. Nous, on se bat pour remettre de la République dans les quartiers, en dédoublant les classes, en ouvrant des centres de santé, en aidant les jeunes méritants à accéder à la fonction publique. Sur tous ces sujets, Marine Le Pen n'est pas molle : elle est absente.

- La priorité du gouvernement, c'est de permettre aux étudiants et aux universités de surmonter la crise. Frédérique Vidal est aux avant-postes pour y parvenir. Qu'il y ait à l'université une poignée de militants voulant imposer une pensée unique, c'est un fait. Nous n'y répondrons pas par une police de la pensée, ça n'a jamais été l'intention de la ministre.

- Emmanuel Macron s'est engagé en 2017 à déployer le vote électronique. Je suis convaincu qu'il faut moderniser nos outils démocratiques si nous voulons pouvoir consulter davantage les Français. Les oppositions ont bloqué, comme à chaque fois. Nous verrons si nous pouvons tout de même avancer.

- [Proportionnelle] Le dossier est sur la table, mais pas en haut de la pile : je crois que les Français attendent que notre temps, notre énergie soient consacrés à la crise sanitaire. A titre personnel, je suis favorable à une dose de proportionnelle. Il faut une plus grande pluralité politique à l'Assemblée nationale. Ce débat traverse toutes les familles politiques. Si un consensus politique se dessine à l'Assemblée nationale, cela pèsera nécessairement

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)

- [Proportionnelle] Le moment du quinquennat dans lequel nous sommes fait que nous ne pouvons plus mettre en place cette réforme en redécoupant les circonscriptions et en introduisant cette dose de proportionnelle. Je préfèrerai qu'on porte cette mesure de façon plus ambitieuse à l’occasion de la prochaine présidentielle, qu'on la présente aux Français et que l'on valide cette mesure, avec d'autres d'ailleurs, comme la réduction du nombre de parlementaires. (…) Il n'y a pas d'opposition de fond avec nos partenaires du MoDem. On a porté cette proposition en 2017, pour que toutes les forces politiques puissent être mieux représentées à l'assemblée nationale. C'est un objectif que nous partageons au sein de la majorité présidentielle.

- Nous sommes les premiers à combattre le RN, matin, midi et soir (...) Et je nous trouve bien seul parfois pour mener ce combat. Nous allons combattre Marine Le Pen, surtout sur le champ des résultats.

- Non, nous n’enjamberons pas les élections régionales. Ce sont des élections locales, dans lesquelles nous avons énormément à porter : investissement dans la jeunesse, plan de relance, fracture territoriale, lien avec l’Europe etc. Nous les jouerons à plein avec nos partenaires !

- [Régionales 2021] Nous serons rassemblés dans toutes les régions de France parce que nous croyons au projet commun que nous portons ensemble.

- Nous apportons un soutien sans faille aux entreprises, en contrepartie nous devons être exigeants quant à leur transformation sociale et environnementale. Je souhaite qu’on puisse mettre en place des quotas paritaires dans les directions des entreprises.

- [Réformes] Même si nous ne réalisons pas, avant la fin de ce quinquennat, la réforme des retraites, il faut avancer sur la revalorisation des enseignants ?

- [Vote par anticipation] Il est probable qu'on ne pourra pas réexaminer cet amendement à l'Assemblée Nationale. La majorité sénatoriale de droite vient d'enterrer une mesure de modernisation du scrutin. (…) Quand j'entends Jean-Luc Mélenchon [dire que ce vote est «suspect»], j'ai envie de dire: Bienvenue en France Jean-Luc Trump. On a l'impression que l'on va avoir le même discours sur la fraude électorale que l'on vient de vivre aux Etats-Unis.

- Nous allons continuer notre politique de baisse de la pression fiscale. La dette, il faudra la rembourser, sur un temps long, en faisant aussi appel à l'Union européenne.

- [Covid19] Le débat sur le passeport vaccinal est prématuré à ce stade. Il faut mettre toute notre énergie à vacciner le plus vite et le plus possible.

- [Covid19] La ligne du gouvernement, qui est de tout faire pour ne pas retomber dans ce confinement généralisé, est la bonne. C'était un choix de confiance, de responsabilité. On peut aussi être content d'être Français dans cette période là.

- [Vaccination covid19] Il commence à y avoir des effets sur les personnes les plus âgées. On a bien fait de concentrer notre politique vaccinale sur ceux qui en avaient le plus besoin. C'est la bonne stratégie, il faut la poursuivre.

- [Islamo-gauchisme] Vous savez, il y a quelques mois, des personnalités du monde intellectuel étaient empêchées de mener des conférences. Des pièces de théâtre étaient interrompues parce que leur mise en scène ne plaisait pas à certains. Ça, ce sont des sujets sur lesquels je crois qu'on aurait tort de fermer les yeux. Maintenant, est-ce qu'aujourd'hui, dans le monde universitaire, c'est la priorité ? Non. La priorité, c'est d'apporter des solutions aux jeunes qui ont besoin de revenir à l'université. C'est ce que nous sommes en train de faire. Est-ce que l'indépendance absolue des chercheurs doit être préservée ? La réponse est oui. Et là aussi, la ministre ne dit rien d'autre. Soyons clairs, précisons les choses, la priorité aujourd'hui, c'est d'apporter des solutions aux jeunes universitaires, aux jeunes qui ont besoin de travailler. Mais en même temps, il faut faire attention. Il y a quelques mois, on a dit il y avait eu des décennies de 'pas de vagues', ce qui consistait à fermer les yeux sur ce qui se passait dans le monde de l'éducation quand il y avait des atteintes à la laïcité ou à la liberté d'enseigner (...) C'est la responsabilité de la ministre de garantir que la liberté d'enseignement soit pleine et entière dans l'enseignement supérieur. (…) Il ne s'agit pas de mettre en place une police de la pensée, c'est tout le contraire. L'objet, c'est de garantir la liberté de l'enseignement.

- Je continuerai de me battre pour le capital jeune. C’est une idée complémentaire aux mesures d’urgence déjà mises en place, comme la garantie jeune et son extension. Le capital jeune répond à une crise de confiance en l’avenir.

 

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

[Les écologistes imposent temporairement un menu unique sans viande dans les cantines scolaires à Lyon] Sous couvert d'écologie, certains font du dogmatisme et vont contre les intérêts de nos enfants. La cantine est une conquête sociale majeure. Donner le choix, oui ! Les priver de choix et de repas équilibrés, non !

 

Marie Guevenoux (directrice générale-adjointe de LaRM)

[Tribune: «Le Covid-19, en éloignant les citoyens des urnes, risque de faire une nouvelle victime : la démocratie»]
60 %. Un record et une bien triste nouvelle pour la démocratie. 60 %, c’est le niveau d’abstention lors de l’élection présidentielle portugaise qui s’est tenue au mois de janvier 2021. Moins d’un électeur sur deux s’est déplacé, inquieté par la flambée du Covid-19 dans le pays. Le cas portugais n’est pas anodin : il questionne directement l’avenir de la démocratie en période de crise sanitaire et dans un climat incertain. Le Covid-19, en éloignant les citoyens des urnes, risque de faire une nouvelle victime : la démocratie.
Les représentants politiques que nous choisirons seront ceux qui penseront et construiront la relance, le fameux monde d’après. Le sujet est bien trop crucial pour que le choix des dirigeants soit laissé à d’autres, par défaut. A l’approche des élections en France, nous ne pouvons pas faire comme si le Covid n’existait pas. Nous sommes aussi frappés de plein fouet par la crise et nous tentons de réinventer la vie politique et militante, de nous réinventer, parfois dans l’urgence.
Pour nous, élus, la politique n’existe que dans le contact avec l’autre. Sur les marchés, dans les salons et les manifestations, nous nous rencontrons, nous vous rencontrons. Dans l’imaginaire collectif, la politique se traduit en mains serrées, en accolades et en embrassades. A l’ère du Covid, tout est donc à réinventer. Aux Etats-Unis, Joe Biden a troqué les grands meetings pour faire campagne depuis sa cave.
Le Campus des territoires de LRM, qui s’est tenu en septembre 2020, a réuni en ligne, un samedi matin, plus de 15 000 personnes des cinq points de l’Hexagone et des quatre coins du monde. Mais nous pouvons encore penser au-delà la manière de faire de la politique, des campagnes au vote. Les élections régionales et départementales qui approchent ouvriront une nouvelle ère de campagne sous Covid.
Parce que l’ADN de LRM est citoyen par excellence, nous penserons, impulserons, accompagnerons toutes les modalités qui permettront la continuité du processus électoral et du libre choix de ses représentants par l’électeur. En janvier, notre mouvement a ainsi publié une série de recommandations pour les élections à venir.
Le maintien du système de procurations, notamment à domicile, la levée de l’interdiction des numéros gratuits pour joindre les candidats, l’engagement de France Télévisions à rendre le scrutin et les candidats plus visibles sur ses antennes, l’allongement de la durée de campagne officielle sont autant d’avancées obtenues au Sénat pour ne pas laisser le Covid être le grand gagnant des élections à venir.
Une opportunité s’offre également à l’ensemble des acteurs de la vie politique de penser et d’accompagner la mutation de la démocratie, que la crise sanitaire nous enjoint d’accélérer. Nous sommes résolument convaincus que la révolution numérique se joue aussi en politique.
Notre démocratie ne peut plus faire l’économie d’un vote par Internet, qui permettra à tous ceux qui le souhaitent de voter facilement, où qu’ils soient : donnons-nous six ans, soit d’ici à l’élection présidentielle de 2027, pour déployer cette modalité de vote et répondre aux nombreux enjeux de sécurité et de fiabilité qu’il pose. Parce que la crise sanitaire bouscule notre quotidien et renverse nos certitudes, nous n’avons qu’une seule option : construire demain.

 

● MoDem

Jean-Noël Barrot (secrétaire général)

[La mission d’évaluation de l’impact économique de la Covid19] vise à identifier les bassins d’emploi fragilisés par la crise et par des fragilités antérieures. Le but est de vérifier que tous les dispositifs sont bien mis en place sur le terrain. Et éventuellement faire des remontées pour les compléter, et faire en sorte qu’aucun territoire ne décroche. (…) Chaque fois que nous nous déplaçons, nous faisons remonter aux ministères concernés les remarques sur la mise en œuvre des mesures de soutien, et des propositions pour l’après. Nous préparons un premier rapport d’étape pour le mois de mars avant de rendre le rapport définitif en juin. Il comprendra une analyse, la plus fine possible, de l’impact géographique de la Covid19, et des pistes de réflexion sur tout ce qui peut être fait pour faciliter accélérer le rebond de ces territoires.

 

 

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