mardi 3 janvier 2012

USA élections 2012 vues du Centre - Les forces centristes en présence – Le «ticket idéal»? Barack-Hillary!

En novembre 2012 aura lieu l’élection présidentielle américaine. S’il est encore difficile d’affirmer que Barack Obama sera réélu, il est, néanmoins et malgré les difficultés économiques, le favori comme le montrent la quasi-totalité des sondages réalisés jusqu’à présent.
Il faut dire qu’il n’a pas encore de candidat républicain crédible face à lui. Quels qu’ils soient, Obama est toujours gagnant alors même qu’une majorité d’Américain ne souhaitent pas qu’il se représente et que le candidat républicain «idéal» le battrait.
Oui mais voilà, le Parti républicain ne parvient pas à trouver cet homme ou cette femme «idéal(e)». Ceux qui se présentent sont, soit trop à droite, soit pas assez forts. Pour autant, le repositionnement au centre de celui qui sera désigné en août lors de la Convention républicaine de Floride pourrait permettre une confrontation plus ouverte et plus indécise que celle qui se profile actuellement.

Du côté des Démocrates, il n’y aura donc pas de surprise, le président et son vice-président seront le ticket du parti. Un ticket centriste. Pendant un temps, un mouvement de gauche s’est dessiné pour demander qu’un challenger se déclare. Certains ont même lancé un appel à Obama pour qu’il abandonne l’idée de se représenter. Mais tout cela est du passé, Barack Obama sera candidat à sa propre succession.

Du côté des Républicains, dont les primaires commencent aujourd’hui, 3 janvier, avec le caucus de l’Iowa, le favori demeure, malgré tout, Mitt Romney. Malgré tout car l’ancien gouverneur du Massachussetts a un bilan centriste de son action politique mais fait tout pour le cacher.
La raison en est simple, les électeurs des primaires républicaines sont beaucoup plus à droite que ceux des décennies passées et une large frange d’entre eux, notamment ceux qui se disent du Tea Party (le mouvement populiste créé en 2009 dont beaucoup de thèses sont proches de elles de l’extrême-droite) sont à la droite de la droite. Du coup, Romney est devenu un «flip-flopper», c’est-à-dire un homme politique qui dit aujourd’hui le contraire de ce qu’il disait hier et qui promet de faire l’opposé de ce qu’il a fait lorsqu’il était gouverneur, lorsqu’il sera président...
Pour autant, ces reniements ne parviennent pas à le rendre sympathique aux républicains les plus à droite qui n’y voient qu’une manœuvre pour s’accaparer leurs votes. Ce qui est d’ailleurs la réalité, Romney sachant, en outre, que les plus extrémistes des républicains voteraient pour lui malgré tout à la présidentielle tant ils haïssent Obama qu’ils ont comparé ces quatre dernières années à Staline, à Hitler, au Joker dans Batman ou… à un socialiste européen!
Pour le moment, ils lui préfèrent n’importe quel autre candidat pourvu qu’il ne soit pas Mitt Romney! Pour Norman Ornstein, expert politique à l’American entreprise institute, think tank proche des républicains, «la course à l’investiture républicaine se résume à un match Romney contre «not-Romney»!
C’est pour cela que l’on a vu au cours des derniers mois de 2011 une valse des favoris à la nomination républicaine. Cela a d’abord été Michele Bachmann puis Donald Trump puis Rick Perry puis Herman Cain puis Ron Paul puis Newt Gingrich et, celui qui monte en ce moment, Rick Santorum.
Un des seuls qui n’aient pas eu l’honneur d’être mis en avant est le seul vrai centriste de la course (même si Romney est, au fond de lui, un modéré), Jon Huntsman, qui n’a aucune chance en 2012 mais qui pourrait bien, en se faisant connaître du grand public, être un candidat crédible en 2016 surtout si les républicains sont battus en novembre prochain et que le retour du balancier vers le centre se fasse comme condition de leur possible victoire dans quatre ans.
Il pourrait alors affronter… Hillary Clinton.

La secrétaire d’Etat et ancienne rivale d’Obama lors de la primaire démocrate de 2008, a annoncé que, quoiqu’il arrive, elle se retirerait des affaires publiques en 2013. Et elle a fermement démentie toute velléité de se présenter à la présidentielle de 2012, même en cas d’effondrement de la popularité d’Obama.
Mais, pour beaucoup d’analystes politiques, elle pourrait revenir sur le devant de la scène politique en 2016 où elle aura alors 69 ans. Ainsi, selon Larry Sabato, professeur de politique à l’Université de Virginie, qui a recueilli les confidences de proches collaborateurs d’Hillary Clinton, «elle n’ira pas en 2012 même sur un ticket avec Obama. Elle veut se reposer mais elle n’exclut pas d’y aller en 2016»
Il faut dire qu’Hillary Clinton aurait tort de gâcher l’opportunité historique d’être la première femme présidente des Etats-Unis. Elle est, depuis deux ans, au top des sondages en terme de popularité, plus haute qu’Obama.
La dernière enquête d’opinion sur le sujet, la plaçait en tête des femmes politiques les plus populaires, le président étant le préféré des hommes politiques.
Du coup, certains ont émis l’idée, du côté des démocrates, d’un «ticket idéal» Obama-Clinton! Ce serait certainement une arme puissante pour les démocrates (avec un noir et une femme, une nouvelle première dans l’histoire politique du pays) mais plusieurs difficultés quasi-insurmontables ne permettent pas de le prendre au sérieux.
D’une part, comme nous l’avons dit, Hillary Clinton veut faire une pause dans son très long parcours politique.
Ensuite, le vice-président actuel, Joe Biden, n’a absolument aucune intention de laisser sa place à Hillary, même s’il s’agit d’une amie de longue date.
En outre, Hillary Clinton lorgne plus le poste de numéro un que celui de numéro deux qui n’a souvent que peu d’intérêt sauf en cas de disparation du président élu!
Enfin, les candidats à la présidentielle prennent rarement des colistiers qui peuvent leur faire de l’ombre et Hillary Clinton pourrait en faire beaucoup à Barack Obama.
Reste qu’«impossible» et «jamais» sont des mots qui n’ont guère cours dans le milieu politique…

Il s’est développé dans certains milieux centristes, l’étrange idée qu’il n’y avait pas de candidats du Centre, au centre ou même modérés pour qui ils pourraient voter en novembre prochain.
Etrange, car il existe bien, au moins un candidat centriste, Barack Obama. Mais il n’est pas ou plus reconnu comme tel par ces milieux. Pourquoi? Essentiellement par une propagande des républicains, notamment les plus à droite, massive, peu subtile et qui a pourtant connu un certain succès au-delà de l’électorat républicain chez les indépendants et les démocrates modérés. Celle-ci martèle depuis quatre ans que Barack Obama n’a jamais été au centre, pire qu’il est très à gauche.
Ces mêmes républicains ont couplé cette propagande avec un procédé un peu grossier mais néanmoins efficace. Ils ont systématiquement pris des positions extrêmes à chaque proposition d’Obama. Puis, pour réaliser un compromis et réaliser un consensus, ils lui ont demandé, ensuite, de faire une moitié du chemin, ce qui revenait à lui demander de prendre des décisions très à droite. Son refus prévisible et, surtout, souhaité, le faisait apparaître comme un idéologue «liberal»( de gauche), incapable de faire un pas vers les républicains.
Cette stratégie a connu un grave échec à la fin de 2011 lorsque les républicains ont refusé de voter des allègements d’impôts pour les classes moyennes et des indemnisations pour les chômeurs pour des motifs que les Américains ont considéré comme essentiellement idéologiques et, avant tout, politiciens. Du coup, ils ont du faire machine arrière.
Reste que certains centristes ne sont pour autant pas satisfaits de la candidature Obama. Entre autres parce qu’elle se fait au nom du Parti démocrate qu’ils estiment trop à gauche généralement et parce qu’ils voudraient d’une candidature «indépendante» des deux grands partis.
Ils sont regroupés autour de de l’organisation «No Labels» et d’un site internet «Americans Elect» qui prétend vouloir désigner par les internautes un «troisième candidat» qui affrontera ceux des partis républicain et démocrate. Pour Norman Ornstein, si les promoteurs du site parviennent, à «trouver quelqu’un d’assez connu», cela ferait «un candidat de plus qui compte».

Alexandre Vatimbella

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