jeudi 15 juin 2017

L’Humeur du Centriste. Dégager la «vieille» vision du Centrisme

Dans Le Figaro, Pascal Perrineau, politiste émérite et ancien directeur du Cevipof (Centre d’étude de la vie politique de Sciences Po Paris) fait une analyse très intéressante de la généalogie centriste d’Emmanuel Macron.
De même, il rejoint l’analyse que le CREC en qualifiant le macronisme de centrisme.
Idem pour celle qui est faite depuis longtemps ici de l’émergence d’un axe central (qu’il appelle improprement «espace central» celui-ci étant un lieu politique et ayant toujours existé même s’il était jusqu’à présent représenté par plusieurs organisations politiques qui n’avaient pas d’alliance entre elles) dont une grande partie – mais pas toute – s’est agrégée autour du candidat d’En marche! et, désormais, du président de la république.
En outre, il rappelle fort à propos l’absurdité de l’affirmation d’une alliance soi-disant «naturelle» entre la Droite et le Centre revendiquée par les leaders de LR et de l’UDI mais aussi théorisée par tout un courant de politologues qui ont toujours nié l’existence d’un Centre indépendant et qui, au mépris de toute histoire politique sérieuse, leur permettait de faire des centristes de simples supplétifs des droitistes.
Cependant, dans son analyse, il n’a pas su s’extraire de cette vielle manière de voir le Centrisme qu’il qualifie de «juste milieu» ainsi que «et de droite, et de gauche» rejoignant des professeurs de sciences politiques comme René Rémond ou Maurice Duverger mais pas Georges Burdeau.
Non, monsieur Perrineau vous vous trompez comme beaucoup de politistes et de politologues, le Centrisme n’est pas cet objet mou et hybride que tous vous essayez de vendre depuis le début de la V° République.
Ramener le Centrisme à un bout de gauche et un bout de droite, c’est en faire une pensée sans identité et sans saveur comme prétendent qu’il l’est tous ses adversaires de droite et de gauche.
Ainsi que le montre actuellement la manière de gouverner d’Emmanuel Macron, le Centrisme n’est pas un juste milieu mais bien un juste équilibre, ce qui est tout à fait différent.
En cela, le Centrisme ne tente pas d’être au milieu de la Gauche et de la Droite, ce qui signifierait en plus que lorsque l’une des deux dérive vers l’extrémisme, le Centre se déplacerait mécaniquement soit vers l’une ou l’autre, donc n’aurait pas d’identité propre, juste un positionnement.
Alors, que dans la recherche du juste équilibre, le problème n’est pas de savoir si le Centrisme est plus proche du socialisme ou du conservatisme mais de toujours gouverner afin de permettre à chaque individu d’être le mieux servi par rapport à la communauté à laquelle il appartient et où tous les autres individus doivent pouvoir revendiquer la même attention dans le cadre d’un équilibre qui est constamment en mouvement et en progrès.
De même, il n’est «ni de gauche, ni de droite» mais simplement du Centre, au sens où le Centrisme, cet humaniste progressiste et réformiste possède une identité propre et qui comme la Gauche ne peut être qualifiée «et de droite, et de gauche» et inversement pour la Droite et ce même si ces deux courants idéologiques peuvent partager des valeurs communes ou des points de vue identiques.
Oh! je sais bien que la vieille manière de voir le Centrisme va encore perdurer et qu’il sera dur de se débarrasser du poids du conservatisme en la matière.
Mais, peut-être et si Macron réussit son entreprise, le quinquennat qui vient de démarrer apportera la preuve par l’action de tout ce qui vient d’être dit.
Cependant, à ceux qui voudraient déjà avoir une référence contemporaine, je les renvoie à l’étude des huit années de présidence de Barack Obama.
(Et à ceux qui veulent en savoir plus sur le Centrisme, je les renvoie à la définition de celui-ci en cliquant ici)

Centristement votre.

Le Centriste

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