mardi 28 juillet 2020

Vues du Centre. La stratégie de guerre civile de Trump pour gagner la présidentielle voire annuler les élections


Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC.

Donald Trump
Quand Joe Biden dit qu’il faut être très inquiet et mobilisé parce qu’il est possible que Donald Trump ne reconnaisse pas les résultats de la présidentielle s’il est battu, voire qu’il annule tout simplement le scrutin, ce n’est pas un argument de campagne simpliste et volontairement anxiogène de la part du candidat démocrate et favori.
Il se base sur ce que dit le populiste démagogue qui occupe le bureau ovale de la Maison blanche et qui vient de déclarer à Fox news qu’il ne savait pas encore s’il accepterait les résultats électoraux de novembre prochain en cas de défaite et qui a déjà affirmé que les conditions risquent de ne pas être réunies pour organiser la consultation des Américains, mais également sur ses comportements notamment, le plus inquiétant d’entre eux, celui de créer sciemment un climat de guerre civile aux Etats-Unis afin d’essayer de remonter dans les sondages et tenter d’inverser sa constante et dramatique chute de la confiance qu’il inspire aux Américains
Ainsi, son envoi de troupes et de policiers fédéraux dans plusieurs villes évidemment dirigées par des membres du Parti démocrate au motif de rétablir l’ordre face à des manifestations qui mettent soi-disant l’ordre républicain et l’état droit en danger alors qu’il s’agit le plus souvent de démonstrations pacifiques contre le racisme et les violences policières, tout en invoquant la sempiternelle «majorité silencieuse» qu’il s’agirait de protéger, procède de cette stratégie du pire qui inquiètent les défenseurs de la démocratie.
C’est pourquoi le gouverneur centriste de l’Etat de Washington, Jay Inslee, n’a pas hésité à déclarer:
«Le président Trump a envoyé des officiers fédéraux à Seattle parce que cela le démange de créer les conditions d’une confrontation car son but est d’attirer l'attention.»
Une opinion partagée par la sénatrice de Californie, Kamala Harris, qui estime que Trump «tente d'attiser la peur et d'attiser la violence avant le jour des élections».
Pour Cory Booker, sénateur du New Jersey, «le déploiement par le président Trump d’agents fédéraux non identifiés à Portland et dans d’autres villes américaines devrait nous inquiéter tous».
De leur côté, plusieurs maires de grandes villes demandent au Congrès de mettre un terme à cette provocation de la Maison blanche.
Cette stratégie du pire est également mise en place afin de détourner les regards des électeurs sur toutes les incohérences et faillites de Trump, en particulier sur la gestion actuelle, catastrophique et criminelle, de l’épidémie de la covid19, un artifice utilisé depuis quatre ans à chacun de ses fiascos ou lors de révélations qui auraient conduit n’importe quel autre président à la démission ou à être démis de ses fonctions.
Se dévoile ainsi pour ceux qui nient la réalité de ce qu’est Trump depuis toujours et qui accusaient ses critiques de fantasmer sur leurs angoisses, ce qu’est réellement le personnage, celui que nous décrivons depuis son entrée en lice dans les primaires républicaines de 2016.
Reste à savoir ce que feront ses fans inconditionnels dont on rappelle que beaucoup sont des extrémistes de droite, racistes, violents et souvent détenteurs d’armes de gros calibres avec lesquelles ils n’hésitent d’ailleurs pas à défiler et à envahir des lieux emblématique de la démocratie américaine.
Oui, Trump et ses soutiens les plus exaltés et jusqu’au-boutistes sont des gens dangereux.
Alors, lorsqu’il tente de mettre le feu aux poudres et de provoquer la violence en s’aidant de la police fédérale, nous devons évidemment, nous centristes mais plus généralement tous les défenseurs de la démocratie, être plus que vigilants, nous inquiéter fortement.

Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


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