jeudi 7 janvier 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. L’insurrection des partisans de Trump n’était que trop prévisible


Depuis plus de quatre ans, inlassablement, j’écris ici que Trump est un danger pour la démocratie, une infamie pour les Etats-Unis et que ses partisans, loin d’être des braves gens, sont bien ces personnages lamentables qui sont des ennemis de la liberté et des haineux virulents.

Et, depuis quatre ans, je m’inquiète sur la possibilité de violences et d’attaques contre le régime démocratique et républicain des Etats-Unis.

Après les présidentielles de novembre qui ont vu le succès éclatant du centriste Joe Biden et le déni dans lequel s’est enfermé Trump tout en excitant les fanatiques qui le suivent, je craignais que la dernière étape de son combat contre la démocratie ne soit un appel au soulèvement.

Nous y voilà…

Suis-je heureux et satisfait d’avoir eu raison quand on voit ce qui vient de se passer à Washington avec cette insurrection comme la nomme fort justement Biden, soutenue, encouragée et même suscitée par Trump où l’on a vu effaré cette populace envahir le Capitole, siège du pouvoir législatif du pays pour refuser les résultats incontestables de la présidentielle?

Non, bien au contraire.

Mais j’aurais aimé que nous soyons encore plus nombreux à nous rendre compte de la dangerosité de ce malade mental, de ce populiste démagogue, de cet extrémiste raciste et menteur dès qu’il fut nommé candidat du Parti républicain pour la présidentielle de 2016 et dont je ne peux oublier qu’Emmanuel Macron a dit plusieurs fois – certes il y a quelques temps déjà – que c’était son ami!

Quelle honte pour quelqu’un qui prétend défendre des valeurs humanistes et les principes de la démocratie, quelqu’un qui fut élu pour nous éviter un Trump français du style Le Pen ou Mélenchon!

Quel aveuglement coupable!

Et il n’est évidemment pas le seul, loin de là, à avoir minorité le péril du bonhomme, estimant que sa rhétorique n’était qu’un jeu, certes malsain mais pas aussi inquiétant que cela, voire même comique.

Ils ont été très nombreux comme notre président mais cela n’est pas une excuse acceptable.

C’est une faute.

Oui, j’écris sous le coup de la colère alors que des séditieux paradent encore dans les rues de la capitale des Etats-Unis en hurlant des insanités contre les forces de l’ordre, contre les élus de la nation et en déversant leur logorrhée élucubrationiste.

Mais comment ne pas être en colère devant ces images qui défilent d’un mouvement de foule répugnant qui n’est que la résultante d’encouragements scélérats venus d’élus américains et d’une irresponsabilité de tant de gens dans les pays démocratiques.

Oui, je craignais que cela se passe et je crains encore qu’il y ait d’autres projets pour empêcher que Biden devienne le 46° président des Etats-Unis le 20 janvier prochain, même s’il semble difficile qu’il y ait véritablement un coup d’Etat ou une révolution, voire l’instauration par Trump de la loi martiale, l’armée n’étant pas derrière lui.

En revanche, des attentats terroristes et des confrontations armées fomentées et menées par des ultras trumpiens surarmés sont possibles.

Mais je crains également que tout cela ne se passe également dans d’autres démocraties et notamment en France où, comme je l’ai déjà écrit, les gilets jaunes sont les clones des trumpistes et où Marine Le Pen a été la propagatrice de l’élucubration selon laquelle les élections américaines ne s’étaient pas déroulées convenablement puisqu’elle avait refusé de dire que Biden les avait gagnées légitimement.

Ce qui se passe à Washington peut demain se passer à Paris, à Berlin ou à Rome.

Ne nous croyons surtout pas à l’abri et arrêtons de ne pas vouloir regarder la réalité en face parce que ce n’est pas en la niant qu’on la combat et qu’on évite l’irréparable.

 

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