Par Jean-François Borrou et Alexandre Vatimbella
Quand le président de la FIFA, association qui ne s’occupe que de football, remet un «prix de la paix» à Trump, inventé uniquement pour le lui décerner, dont le pays coorganise la Coupe du monde de football cette année, quand Poutine organise les Jeux olympiques d’hiver en 2014 à Sotchi avant d’envahir la Crimée, quand les Chinois demandent au même Poutine de retarder son invasion de l’Ukraine après les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin, ce sont bien les autocrates et les dictateurs qui instrumentalisent le sport.
Et ce n’est pas nouveau.
Cela a été le cas des Jeux olympiques par Hitler en 1936 et les régimes communistes russe en 1980 et chinois en 2008, de la Coupe du monde de football par les généraux argentins en 1978 et par Poutine – encore lui! – en 2018.
Non, ce ne sont pas ceux qui demandent le boycott de ces événements ou qui se sont battus pour que ces événements soient organisés ailleurs qui se servent du sport pour leur cause comme l’affirment avec un aplomb qui confinent à une manipulation scandaleuse les autorités sportives.
Ce sont les régimes autocratiques et totalitaires avec la complicité détestable des fédérations sportives internationales, les coupables.
Et les appels contre la tenue de la Coupe du monde de football aux Etats-Unis cet été sont de ce point de vue tout à fait recevable du fait de ce qui se passe dans ce pays actuellement mais aussi parce que Trump a politisé de manière partisane sciemment cet événement notamment en menaçant de retirer l’organisation des matchs dans des villes administrées par des maires démocrates et en refusant la venue de supporteurs de plusieurs équipes nationales pour se faire mousser auprès de son électorat raciste et anti-immigrés.
Soyons clairs – et nous l’avons souvent dit ici – la compétition sportive depuis sa création dans l’Antiquité et, plus particulièrement, avec celle de tous les jeux qui se déroulaient en Grèce dont les plus célèbres d’entre eux, ceux d’Olympie, est tout autant une confrontation entre athlètes qu’entre pays (ou villes et autres entités territoriales), donc un événement de portée politique.
Il n’y a que de se rappeler que les vaincus des Jeux olympiques pouvaient être mis à mort et que les vainqueurs avaient souvent un avenir matériellement assuré.
Si on ne voulait pas que ce le sport fricote avec la politique et inversement, il n’y aurait pas d’équipes ou de délégations nationales lors de ces événements planétaires, pas de drapeaux et d’hymnes nationaux ainsi que tout autre signe qui caractériseraient une compétition entre des personnes de nationalités différentes.
Sans porter un jugement sur cette réalité que la compétition sportive est hautement politique, il faut, non seulement, le prendre en compte mais, surtout, éviter que des régimes criminels ne s’en servent pour leurs relations publiques et leurs gloires…
[Dans cette rubrique, nous publions les
points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement
ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire
progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées
centristes.
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]
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