mercredi 28 mai 2008

Actualités-France

Jean-Arthuis veut un « centre indépendant », ni Mouvement démocrate, ni Nouveau Centre


Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et ancien ministre des finances, plaide pour la création d’un «centre indépendant, assez fort pour nouer ses alliances dans la clarté». L'ombre de la vieille UDF n'en finit pas de planer sur la vie politique française. Après avoir claqué la porte du Mouvement démocrate, début avril, le sénateur centriste de la Mayenne Jean Arthuis, rejoint par 21 autres parlementaires, a annoncé l'organisation, le 29 juin au Sénat, d'un rassemblement des centristes qui ne se retrouvent pour l'instant ni dans le MoDem ni au Nouveau Centre, les deux partis issus de la scission de l'UDF. À cette réunion, «nous convions celles et ceux qui militent et veulent s'engager sous la bannière du centre», écrivent ces parlementaires, dans un communiqué. Sur la trentaine de sénateurs se réclamant du centre, une petite dizaine ont aujourd'hui rejoint officiellement le MoDem de François Bayrou. Et combien lui restent aujourd'hui fidèles ? Dans un premier temps, l'initiative de Jean Arthuis vise à «constituer une plate-forme de réflexions et de propositions d'actions à conduire, tant au plan national que local». Seize sénateurs de l'Union centriste-UDF, dont Nicolas About, président de la commission des affaires sociales, un député (Thierry Benoit) et quatre députés européens (Thierry Cornillet de l'UDF-MoDem, et Jean-Marie Cavada, Claire Gibaud et Jannely Fourtou d'Avenir démocrate) se sont associés à la démarche du sénateur de la Mayenne. Une démarche à laquelle François Bayrou se refuse à donner de l'importance. «Rien de nouveau sous le soleil», résume un proche.

François Bayrou «n'a plus la capacité d'être celui qui rassemble le centre», a déclaré, la semaine dernière dans une conférence de presse, Thierry Cornillet, qui malgré tout reste au MoDem pour tenter en juin de défendre ses positions devant les militants. Début avril, il avait déjà pris quelque peu ses distances avec le président du MoDem et réclamé «un congrès de renaissance de l'UDF». Une idée rejetée d'emblée par le député du Béarn, selon qui «on ne peut pas repartir en arrière». Quant aux ex-UDF ralliés au Nouveau Centre, présidé par le ministre de la Défense, Hervé Morin, «rien ne se fera sans eux, mais tout ne se fera pas autour d'eux», a prévenu Thierry Cornillet. «Nous militons pour un centre indépendant, suffisamment fort pour nouer et assumer ses alliances dans la clarté», poursuit Jean Arthuis, qui a informé le ministre de la Défense de sa démarche. «J'ai eu un échange avec Hervé Morin qui est resté martial. C'est peut-être la fréquentation des militaires», confie le sénateur, pour qui certains élus du Nouveau Centre sont plus ouverts. Selon l'influent président de la commission des finances au Sénat, le but poursuivi doit être de «jeter les bases d'un rassemblement, dont la forme reste à définir, et où tous les centristes trouveront leur place». Il pourrait s'agir «d'un parti» ou «d'une fédération», a indiqué Arthuis, qui se revendique toujours de l'UDF. La semaine dernière, lors d'une réunion avec des militants centristes de son département, il a créé l'«Union centriste UDF de la Mayenne», à l'image de ce qu'il rêve de voir se concrétiser au niveau national. Et dont le risque est d'atomiser encore plus la famille centriste, décidément de plus en plus inaudible.

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