jeudi 31 mars 2011

Une semaine en Centrisme. Non, monsieur Villepin, vous n’êtes pas un centriste


Mais pourquoi donc les médias écrivent et disent à tout bout de champ que Dominique de Villepin est un centriste? Où sont-ils allés chercher que l’ancien bras droit de Jacques Chirac, qui a fait la chasse aux centristes quand il était au pouvoir et qui a toujours raillé les idées et les positions centristes, était devenu, tout à coup, un homme du Centre?
On comprend que Villepin voit dans ce positionnement un intérêt électoral, lui qui ne parvient pas à dépasser les 7% dans les sondages. Il lui faut un lieu politique pour exister et pourquoi pas au centre.
Mais, ce faisant, sa présentation comme centriste brouille l’image et le discours du Centre, enlève des voix importantes à ce dernier et le fait apparaître comme un lieu où se regroupent les opportunistes. Désastreux.
Le problème du Centre est que sa faiblesse actuelle permet toutes les OPA hostiles. Celle de Dominique de Villepin en est une. Moins incongrues mais toutefois problématiques sont les redécouvertes par François Bayrou et Jean-Louis Borloo de leur centrisme alors que l’un voulait être à la base d’un grand mouvement social-démocrate et que l’autre rêvait de devenir premier ministre d’un gouvernement de droite.
Bien sûr, la liberté d’expression permet de dire ce que l’on veut et le Centre n’étant pas une personne physique ou morale ne peut intenter une action en justice pour demander que les faux centristes ne puissent s’accaparer son étendard.
Ce qu’il faudrait – et qui permettrait de faire la chasse aux contrefaçons – c’est de diffuser largement le corpus des valeurs et des idées centristes afin de décourager ceux qui voudraient simplement se positionner au centre et de démontrer que les opportunistes qui s’y sont incrustés, sont loin de les partager.
Evidemment, cela ne fermerait pas la porte à ceux qui se seraient convertis au centrisme, ni à ceux qui reviendraient au bercail (comme Borloo et Bayrou, s’ils sont sincères). Tous ceux là sont les bienvenus. Et le Centre étant l’espace le plus libre de la politique, il ne peut que se féliciter de tous ceux qui le rejoignent.
Néanmoins, parasité depuis toujours par l’opportunisme, il ne peut accepter que l’on se dise centriste sans rien partager de son humanisme, de son universalisme, de sa responsabilité, de son consensus et de son pragmatisme.
Si l’on applique cette grille, non, monsieur de Villepin, vous n’êtes décidément pas un centriste. Mais nous serions heureux de vous accueillir quand vous le serez devenu…

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC

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