samedi 22 août 2015

Présidentielle USA 2016. John Kasich, le centriste dont le parti républicain a besoin?

John Kasich, 63 ans, le gouverneur de l’ Ohio, ne se définit pas comme un centriste.
Néanmoins, il estime être «capable de changer quelques uns des archétypes sur ce que signifie être un conservateur» et ceci par un positionnement modéré mais également par des propos plus ouverts et plus pragmatiques que ceux de ses concurrents à la candidature pour représenter le Parti républicain à la présidentielle de 2016 dans laquelle il s’est lancé récemment avec de bons sondages et des levées de fonds intéressantes même s’il demeure derrière les gros candidats comme Trump ou Bush pour l’instant.
Pour autant, comme l’explique le New York Times, «Il n’est pas exactement un modéré» car nombre de ses positions sont plutôt conservatrices selon le quotidien qui cite, entre autres, son refus de taxer les hauts revenus en matière de retraites et ses esquives face aux problématiques du changement climatique mais aussi à celui de l’argent en politique.
Cependant, il n’est pas non plus sur les lignes dures du Tea party, ni même sur celles de ses adversaires à la primaire tels Jeb Bush, pourtant considéré par certains comme un conservateur modéré.
Parmi ses décisions hautement désapprouvées par la droite du Parti républicain il y a son acceptation pour l’Etat qu’il dirige depuis 2010 – après en voir été un représentant – de l’extension de Medicaid (programme pour permettre aux plus démunis de se faire soigner) contenu dans la loi sur l’assurance-santé, baptisée Obamacare, véritable cauchemar de tous les conservateurs américains.
En outre, il a démontré une capacité à travailler de manière «bipartisane» avec les démocrates ayant été ainsi un des artisans des budgets équilibrés et excédentaires de l’ère Bill Clinton, lorsqu’il était le président de la puissante Commission sur le budget de la Chambre des représentants entre 1995 et 2001.
Bien évidemment, son positionnement modéré, voire centriste, est un handicap pour les premiers mois de la campagne des primaires républicaines où les militants se tournent traditionnellement vers les plus radicaux et les plus partisans des candidats, voire les populistes démagogues à la mode Trump.
En revanche, s’il parvient à demeurer dans la course et à ne pas céder trop de terrain ou à en gagner, il peut devenir le candidat dont a besoin le Parti républicain, celui qui réunit son camp tout en séduisant les «independents» et un certain nombre de démocrates de droite.
Car rien ne prouve actuellement que la dérive de la candidature de Donald Trump et les propos outranciers de candidats extrémistes aura la peau de cet adage de Richard Nixon qui expliquait qu’il fallait se présenter à droite durant les primaires puis se recentrer ensuite pour l’emporter, qui a permis l’élection de tous les républicains à la Maison blanche depuis des décennies et enterré politiquement tous ceux qui en ont fait fi.
Reste que devant les pressions qui se feront jour de la part des radicaux du parti s’il est désigné comme le candidat républicain, il lui faudra tenir sa ligne, voire même donner des gages aux centristes, ce que ni John McCain en 2008, ni Mitt Romney en 2012 n’ont été capables de faire, la rendant au contraire plus partisane.
C’est à ce moment là que l’on pourra dire que Kasich représente cette espèce de républicain modéré qui est en voie d’extinction…
Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC





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