mercredi 22 février 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Surtout ne jamais oublier le péril Le Pen

Il faut redire les choses et il faudra encore les redire.
Quoi qu’il arrive, la principale menace pour la démocratie républicaine lors de la prochaine présidentielle est évidemment une éventuelle victoire de Marine Le Pen.
Ce que l’on ne se rend plus compte, malheureusement par habitude – le FN s’est installé dans le paysage politique non plus comme groupuscule mais comme un des partis importants depuis 30 ans –, c’est cette réalité désespérante de notre vie politique actuelle.
Avec 25% et plus d’intentions de vote, la candidate d’extrême-droite qui véhicule des idées populistes et démagogiques tout en défendant un programme qui serait une catastrophe pour le pays qu’elle plongerait dans l’abîme, est en tête des sondages et sera sans doute présente au second tour.
Rappelons-nous de 2002 lorsque son père, Jean-Marie, qui tenait alors la petite entreprise familiale de la haine avait accédé au second tour.
Quel séisme politique alors.
Et bien, aujourd’hui, la présence de sa fille semble de l’ordre de la normalité et le traitement des médias de sa candidature ressemble fort à celle des médias américains envers Donald Trump pendant la campagne présidentielle  aux Etats-Unis
Espérons que les journalistes français n’auront pas à faire leu examen de conscience et à se réveiller trop tard comme leurs collègues d’outre-Atlantique.
Mais qui peut croire qu’une extrême-droite représentée par un parti qui a remporté, en voix, les élections européennes mais aussi les régionales et dont la candidate a des chances, certes minimes mais réelles, de s’installer à l’Elysée est une situation normale?!
Les centristes, comme ils combattaient hier les communistes, sont en première ligne contre le Front national.
Voilà au moins un combat qui est à leur honneur dans un moment où on ne sait pus très bien où ils sont et qui ils sont et même si quelques brebis galeuses sont encore dans le troupeau.
Toujours est-il qu’avant de vraiment s’attaquer à l’éradication d’un mouvement de haine et d’exclusion de l’autre, ce qui est un devoir pour tout démocrate, il va falloir faire en sorte qu’il ne soit pas en position de remporter la présidentielle.
On peut espérer, il faut espérer, dans le sursaut de ceux qui affirment qu’ils vont voter pour Marine Le Pen.
Mais, disons-le sans langue de bois, si une partie de ces électeurs se sont trompés, se trompent et peuvent faire amende honorable en réalisant le risque qu’ils font courir au pays par leurs votes, il y en a un certain nombre d’irrécupérables, d’adversaires politiques qui sont, comme une partie des électeurs de Trump, des extrémistes racistes violents et ennemis de la liberté comme les avait justement dénoncés Hillary Clinton.
Ce qu’il faut donc c’est, bien sûr, tenter de convaincre ceux qui se fourvoient par ressentiment ou désespoir dans un vote protestataire ou dans un espoir qui n’a jamais existé et qui seront parmi les premières victimes de leur comportement irresponsable mais, avant tout, savoir qu’il faudra que tous les démocrates républicains, dont évidemment les centristes, se rangent derrière le candidat qui affrontera Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.
Car, au-delà des différences programmatiques fortes, il y a la défense commune d’une valeur qui s’appelle liberté.


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