mardi 14 mars 2017

L’Humeur du Centriste. Fillon n’a besoin des voix centristes que pour passer le 1er tour

Fillon vient d'être mis en examen
S’il y a encore quelques centristes qui ont encore l’envie de voter pour François Fillon alors même qu’il vient d’être mis en examen aujourd’hui pour «détournement de fonds publics, recel et complicité de détournement de fonds publics, recel et complicité d'abus de biens sociaux et manquements aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)», qu’ils lisent bien ce qui suit.
Après avoir vilipendé constamment les centristes, le Centre et le Centrisme pendant plusieurs années et, notamment, pendant la primaire LR puis lors de son meeting au Trocadéro où il a dénoncé les «socialo-centristes», voilà qu’il vient faire la retape et affirme maintenant, sans rire, que son projet reprend «beaucoup de propositions des centristes» et qu’il veut une alliance forte et de confiance avec ces derniers.
Comme nous ne sommes pas dans un concours de stand up ou de «plus je mens, plus je gagne» mais dans une élection présidentielle – même si certains candidats, effectivement, confondent celle-ci avec ceux-là –, je m’abstiendrais de m’esclaffer bruyamment devant un tel mensonge grossier.
Mais, le fond du problème n’est même pas le programme du candidat de la Droite qui n’engage, comme tous les programmes électoraux et les promesses politiques que ceux qui y croient, c’est que François Fillon n’en a rien à faire des centristes… sauf pour passer le premier tour de la présidentielle.
Devant la désaffection de ces électeurs de droite qui gardent une dignité, une fierté et de la responsabilité ainsi que celle de centristes de plus en plus nombreux chaque jour qui passe et des révélations sur l’amour de l’argent du candidat LR, il doit draguer tout ce qu’il peut avec toutes les ficelles peu reluisantes du métier qu’il trouve.
Et sa stratégie en la matière est de faire tous les sourires et les soi-disant concessions aux centristes.
Pourquoi?
Parce qu’il estime que son socle électoral malgré les affaires ainsi que son image de menteur et d’homme d’argent, est autour de 17%-20%.
S’il parvient à convaincre 2 à 3% d’électeurs d’Emmanuel Macron qui est, actuellement entre 25 et 26%, il peut parvenir aux alentours de 23% et faire descendre Macron autour de 22%, suffisant pour passer le premier tour en seconde position.
Et, au deuxième tour, en tant que candidat républicain face à la candidate d’extrême-droite, il devrait l’emporter.
Ce n’est évidemment que de la tambouille électoraliste aussi peu reluisante que celle que l’UDI pratique en s’alliant avec un homme tel que Fillon pour avoir des élus et des strapontins gouvernementaux.
Mais les dirigeants de cette confédération centriste en décomposition autant au sens propre qu’au sens figuré et au sens moral, pourraient bien avoir quelques mauvaises surprises.
Car, comme tous les droitistes qui détestent les centristes, une fois élu, François Fillon pourrait faire ce qu’a fait Chirac après 1995 et 2002, Sarkozy après 2007, reléguer le Centre dans le débarras des accessoires qui ne servent plus à rien… jusqu’à la prochaine élection.


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