dimanche 2 avril 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Populistes, démagogues et autres malhonnêtes, dégagez!

Notre pays est-il en train de perdre son honneur et devons-nous ressentir un sentiment de honte à l’occasion de cette élection présidentielle?
On peut se poser légitimement la question quand on regarde avec lucidité et honnêteté la situation.
Ainsi quand on voit que la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen, qui plus est se trouve accusée de malversations financières risque d’être en tête au premier tour et qu’elle semble qualifiée sans problème pour le second, si l’on en croit les sondages publiés depuis deux ans.
On peut également se la poser quand on voit qu’un candidat mis en examen pour détournements de fonds publics, François Fillon, utilise tout l’attirail et les artifices malfaisants de Donald Trump pour tenter de se faire élire (et, pire encore, qu’il est encore suivi par 17% à 20% d’électeurs qui déclarent n’en avoir rien à faire d’avoir un président malhonnête).
Idem quand on voit qu’un candidat populiste et démagogue, pendant à l’extrême-gauche d’une Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, monte irrésistiblement dans les sondages et s’attire même la bienveillance des médias parce qu’il serait drôle et apaisé alors même qu’il vient à nouveau d’insulter un journaliste, celui lui ayant posé une question qu’il n’appréciait pas, demandant même à son service d’ordre de «dégager ce connard» en bon trotskiste violent qui ne se refait pas.
On peut toujours se la poser quand on voit que dans les onze candidats qui ont obtenu les 500 signatures d’élus – donc de personnes dont on attend qu’elles aient une réflexion intelligente avant d’accorder leur parrainage –, il y a cinq candidats aux idéologies totalitaires (les deux candidats d’extrême-gauche, Poutou et Arthaud ainsi que les trois candidats d’extrême-droite, Le Pen, Asselineau et Cheminade), un candidat de la gauche radicale (Mélenchon), un candidat de la droite radicale (Dupont-Aignan) et un bouffon (Jean Lassalle).
Quant aux candidats de la gauche et de la droite traditionnelles (Hamon et Fillon), ils ont durci leurs discours, surtout y ont intégré de nombreux éléments populistes.
Et même le candidat central (Macron), a parfois quelques remarques à la limite du populisme.
Heureusement, sans toutefois dépasser les bornes.
Pour ne pas être en reste, les médias participent à cet incroyable spectacle.
On osait espérer qu’ils avaient appris à être responsable après avoir assisté l’année dernière au cirque de l’élection présidentielle aux Etats-Unis.
Pourtant, ils n’avaient eu de cesse de se gausser de leurs homologues américains qui, pour certains, s’étaient faits rouler dans la farine par le milliardaire populiste, démagogue et menteur en s’imaginant pouvoir le contrôler et, pour d’autres, s’étaient régalés de manière totalement hypocrite des frasques de cet homme dérangé parce qu’il leur permettait des taux records d’audience grâce à cet exécrable feuilleton indigne de la démocratie qu’il leur proposait quotidiennement, ce qui leur a fait gagner beaucoup d’argent.
Et voilà qu’ils se mettent au diapason des discours nauséabonds, des fausses assertions et des insinuations de cette présidentielle française pour les mêmes raisons.
S’en remettre aux miracles d’où qu’ils viennent n’est pas la solution et n’a jamais été une attitude centriste basée sur la responsabilité et le respect pour prendre des décisions et agir.
Non, préférons un sursaut de dignité des Français qui se rappelleront peut-être à temps qu’ils sont un grand peuple et que cela impose des comportements adéquats comme de dégagez – terme à la mode – tous les populistes, les démagogues et les malhonnêtes de cette élection.
Pour leur bien et celui de leur pays.


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