dimanche 18 mars 2018

Une Semaine en Centrisme. La «nouvelle» UDI a-t-elle un présent?

Discours de Lagarde au congrès de l'UDI à Paris
Sans même parler d’avenir, la «nouvelle» UDI présentée lors de son congrès qui s’est tenu ce dimanche à Paris a-t-elle un présent?
Un nouveau logo, un slogan («le centre et la droite de progrès»), une «indépendance retrouvée», une «unité», une posture de «partenaire libre» et le même président, suffiront-ils pour donner à la formation de centre-droit un nouvel élan, voire la capacité à ne pas disparaître?
Dans son discours qui empruntait plus à la méthode Coué qu’à l’analyse rationnelle, Jean-Christophe Lagarde a martelé sa foi dans la formation qu’il préside, lui voyant même un avenir radieux parce qu’enfin «libérée» de tutelle de la Droite et en capacité d’être elle-même.
Le problème est justement de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire jusqu’à présent…
D’autant que la réalité est bien loin de la fiction racontée lors du congrès de l’UDI mais aussi lors de toutes ses apparitions médiatiques par Jean-Christophe Lagarde.
Celui, ci a bien sûr était réélu à plus de 90% des suffrages mais cela ne fait pour autant que quelques milliers de voix (autour de 6.000 mais l’UDI n’a pas souhaiter communiquer là-dessus…) et une participation des encartés assez faible (la plupart d’entre eux n’étant d’ailleurs plus physiquement dans le parti mais leur cotisation étant toujours à jour).
Voilà qui devrait permettre au président de l’UDI d’apprendre un peu plus d’humilité, lui qui s’est fait un malin plaisir de critiquer les anciens membres de la confédération (Alliance centriste, Les centristes, Mouvement radical) pour leur peu de représentativité…
De manière plus sérieuse, l’UDI a décidé de demeurer encore cet ectoplasme qui ne choisit pas entre l’alliance à droite et celle au centre tout en faisant croire que cette indécision est une sorte d’attitude voulue et assumée, une volonté post-partisane consistant à s’allier tantôt à droite, tantôt au centre pour des majorités d’idées au cas par cas.
Une façon bien peu courageuse de cacher un opportunisme doublé d’une incapacité à savoir qui l’on est.
En outre, en s’inventant donc un nouveau logo et un slogan, «le centre et la droite de progrès», l’UDI ne se positionne désormais plus comme le «vrai» représentant du Centre mais comme une formation mixte, à la fois du Centre et de la Droite, ce que souhaitait Jean-Louis Borloo lors de la création de la confédération mais ce qu’avait toujours combattu Jean-Christophe Lagarde du temps de l’UDF et du Nouveau centre (puis à l’intérieur de l’UDI) puisque ces deux formations avaient toujours refusé de se fondre dans l’UMP qui se voulait également une union de la Droite et du Centre…
Cet aller-retour en dit long sur le désarroi, la déliquescence et l’absence de ligne politique de l’UDI.
Mais il est vrai que cette dernière n’a que peu d’intérêt dans les stratégies actuelles et futures de LREM et de LR.
Quand la première formation se tourne plutôt vers la droite libérale et progressiste des amis de Juppé et d’Agir les constructifs, bien plus intéressante en terme d’image et de gains électoraux que l’UDI, la deuxième veut rameuter tous les électeurs de droite radicale et extrémiste, lorgnant sur l’espace détenu par le FN (avant, peut-être, de s’allier avec ce dernier) et non sur un alibi modéré que représentait jusqu’alors la confédération centriste qui, selon les dires mêmes des responsables du parti de droite n’est plus qu’un parti «totalement atomisé».
Prise en tenaille entre les deux, l’UDI tente donc d’exister en se disant de partout et de nulle part, sachant que ses électeurs et sympathisants sont plus proches d’Emmanuel Macron et des idées que ne le sont ceux du MoDem comme le confirment les sondages publiés récemment…
Ce qui reste en propre à l’UDI, c’est un européanisme réel, plus fort que celui de LREM et du MoDem ainsi qu’un rejet total et sans concession du FN.
Ce n’est pas rien mais ce ne sera sans doute pas assez pour lui donner une réelle personnalité et différence politiques pour séduire plus qu’un petit nombre d’électeurs.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC


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