lundi 20 avril 2020

L’Humeur du Centriste. Avant de parler du «monde d’après», ouvrons les yeux sur le «monde du pendant»!

Manifestants pro-Trump contre le confinement
Mais pourquoi diable le «monde d’après» serait différent du «monde d’avant» alors que le «monde du pendant» de l’épidémie nous révèle que rien ne change profondément, voire montre, à côté de certains comportements exemplaires et héroïques, toute la bassesse dont nous sommes capables individuellement et collectivement?!
La Chine ment toujours autant et ses dirigeants communistes profitent de la crise pour arrêter à Hongkong des partisans de la démocratie tout en espérant que cette épidémie dont ils sont peut-être responsables, les amèneront encore plus près de leur but ultime, dominer le monde.

Donald Trump, lui, en bon populiste démagogue mais aussi en crétin incompétent, a poussé jusqu’au bout du bout ses mensonges et est le principal responsable des plus de 40.000 morts qu’a causé jusqu’à présent le covid19 aux Etats-Unis.

Idem pour Boris Johnson au Royaume Uni qui aura sur la conscience, s’il en a une, les milliers de morts qu’il aurait pu éviter en n’adhérant pas à sa stupide conviction que tout le peuple britannique devait attraper le virus pour en être immunisé...

Pendant ce temps Jaïr Bolsonaro, l’apprenti dictateur du Brésil demande – tout comme son ami Trump à ses partisans – à la populace qui le suit d’obliger les autorités locales à faire cesser le déconfinement, ce qui causera encore plus de morts.


Sans oublier monsieur Orban qui, en Hongrie, a profité du virus pour s’attribuer les pleins pouvoirs au mépris de la démocratie ce qui n’a entraîné aucune réaction de l’Union européenne qui compte désormais parmi ses membres un pays pré-totalitaire, quelle honte!

Et je ne parle même pas de cet appel à une trêve mondiale qui n’a été respectée, quand elle l’a été, que quelques heures, faut pas rigoler avec la guerre!
Partout, dans le monde, les fricoteurs et les mafias profitent de l’épidémie pour se remplir les poches pendant que les voyous continuent leurs petits trafics et leurs violences.

Partout, également, les gouvernements falsifient les chiffres des décès dus au covid19 en «oubliant» de compter certaines morts qui ont eu lieu dans des institutions ou à domicile quand ce n’est pas leur impossibilité de connaître les statistiques, ce qui fait que nous ne connaitrons jamais le bilan de l’épidémie qui sera bien plus important que les décomptes officiels.

Partout, les populations renâclent à se confiner mais les gouvernements préfèrent les féliciter pour ne pas risquer de les froisser avec cette peur qui grandit d’explosions sociales et populistes dans les mois qui viennent lorsque nous serons dans le cœur même de la crise économique.

Oui, ce «monde du pendant» est angoissant mais pas seulement parce que nous connaissons une crise épidémique d’un virus dont nous ne savons pas encore grand-chose et dont traitements et vaccins n’ont pas encore vu le jour.

Il est angoissant aussi du fait de nos errements, de nos combines, de nos affairismes, de nos trafics, de nos irresponsabilités.

Non, nous ne sommes largement pas à la hauteur du challenge actuel et nous risquons de ne pas l’être pour celui de demain comme nous ne l’étions pas de celui d’hier.

Alors?

Alors, nous devons prendre conscience de ce que révèle cette épidémie, non pas de notre condition humaine précaire que nous avions oubliée, non pas du nombre de ses morts qui ne sera jamais aussi élevé que celles que nous avons causées nous-mêmes lors des guerres que nous avons allègrement menées depuis des millénaires, mais de notre incapacité à pratiquer les valeurs humanistes qui seules peuvent nous permettre de changer le monde.

Dans cette désespérance, pourtant, les comportements exemplaires et héroïques de certains d’entre nous que j’évoquais, nous disent qu’il n’y a aucune malédiction pour que, tous, nous ne puissions pas avoir ce simple respect de soi et de l’autre qui permettrait au «monde d’après» d’être autre chose que ce «monde d’avant» et ce «monde du pendant».

Oui, ils sont ces étincelles d’espoir qui nous montrent que l’on peut choisir la lumière plutôt que les ténèbres.

Mais, pour prendre toute la dimension du défi qui est devant nous, ne nous mentons pas sur ce «monde du pendant», tirons-en les enseignements et dieu sait s’ils sont nombreux.



Centristement votre.



Le Centriste


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