lundi 20 avril 2020

Propos centristes. France – Spécial guerre contre le coronavirus: la vie d’après ne sera pas la vie d’avant; réussir le déconfinement; recherche d’un traitement et d’un vaccin; retour à l’école; covid19 et Afrique; plan d’urgence économique e social de 110 milliards d’euros; StopCovid; violences familiales…

Voici une sélection, ce 20 avril 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de l’épidémie de coronavirus et de ses conséquences.

● Emmanuel Macron (Président de la République)
- [Traitement et vaccin] on a, au niveau international, le CEPI [Coalition for Epidemic Preparedness Innovations], lancé par la Norvège, financé par beaucoup, qui fait de la recherche sur les vaccins en la matière. Il y a plusieurs initiatives en cours. On a le Gavi [Alliance globale pour les vaccins et l’immunisation], lancé par la France et le Brésil il y a près de vingt ans, qui sert justement à diffuser ces innovations et à avancer. Le Gavi et le Fonds mondial doivent travailler ensemble sur cette pandémie, en particulier pour l’Afrique. On a Unitaid, qui sert justement à favoriser l’accès à la santé, à ses équipements et à beaucoup de choses. On a le Fonds mondial, qu’on évoquait. Tout cela, on doit réussir, avec l’OMS [Organisation mondiale de la santé], à mettre à la fois une partie des financements, l’expertise qu’on a, c’est-à-dire la recherche formidable, mais aussi la diffusion, mobiliser les grandes fondations, je pense à la fondation Gates, à One et à plusieurs, qui ont mis beaucoup d’argent, de capital politique aussi dans cette affaire, et toutes les ONG… Pour dire: «On avance partout sur les essais cliniques et le traitement. Mais on se met en situation, le jour où on a un traitement, de le rendre accessible au continent africain en même temps qu’il sera accessible chez nous». Donc pas d’histoires de propriété intellectuelle, pas d’histoires de délais, pas d’histoires de sous : on se met en capacité de le faire. Et pour le vaccin, pareil ! Pour accélérer le manufacturing du vaccin le jour où on l’a, c’est-à-dire sa production en grande quantité, pour permettre aux pays développés comme aux pays en développement et aux pays pauvres d’y avoir accès dans les meilleurs délais. Et donc on brûle les étapes pour permettre de l’avoir au plus vite.
- La période dans laquelle nous entrons et que nous sommes en train de vivre collectivement touche aujourd’hui tous les continents. Et nous voyons l’extrême difficulté à affronter ce virus et à apporter des réponses dans les pays les plus développés, les systèmes sanitaires les plus robustes : les États-Unis, l’Europe, la Chine… Quand on regarde aujourd’hui la situation de l’Afrique, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, sur le plan climatique, il est évident que nous lui devons la solidarité.
- Nous n’avons aujourd’hui aucun traitement reconnu. Moi, mon rôle, et ce que j’ai fait en me rendant chez le professeur Raoult, c’est de m’assurer que ce sur quoi il travaille, et c’est vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière, rentrait bien dans le cadre d’un protocole d’essai clinique, qu’on pouvait aller vite pour s’assurer, en tout cas regarder, avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ne marchait pas. Aujourd’hui, partout dans le monde, il y a des essais cliniques qui sont lancés. La France est le pays européen qui en a le plus lancé. La combinaison hydroxychloroquine-azithromycine, parce qu’il n’y a pas que l’hydroxychloroquine qui est proposée, c’est une bithérapie que propose le Pr Raoult, il faut qu’elle soit testée. Lui l’utilise et a son propre protocole. Il y a un protocole qui a été autorisé par les autorités compétentes à Montpellier. Et il faut qu’on avance, qu’on montre l’efficacité et qu’on mesure la toxicité. Je dis ça parce qu’il faut être très prudent. Le président de la République française n’est pas là pour dire «tel traitement est le bon ou n'est pas le bon». Mon devoir, c’est que toutes les pistes thérapeutiques poursuivies aujourd’hui puissent faire l’objet d’essais cliniques rigoureux, et les plus rapides possibles, pour qu’on trouve un traitement.
- Ce n’est pas une question de croyance! C’est une question de scientifiques. Je suis convaincu que [le professeur Raoult] est un grand scientifique, et je suis passionné par ce qu’il dit, et ce qu’il explique. En effet, il nous invite à être humbles, parce que lui-même dit que les choses peuvent varier selon les saisons et les géographies, et qu’un virus réagit selon les écosystèmes. Donc peut-être qu’il y a ça en Afrique. Je dis juste qu’on doit s’assurer que partout, les essais soient faits, donc il faut que l'on reste collectivement très rigoureux.
- Sur le virus Covid19 et l’Afrique, je vais être très clair avec vous. Je ne suis ni dans les catastrophistes, je ne veux pas être non plus dans les naïfs. Ce virus, aujourd’hui, il touche tout le monde. Donc, je ne pense pas qu’il faille collectivement dire qu’un miracle préserverait l’Afrique. En tout cas, si ça pouvait arriver, formidable, et je le souhaite profondément. Mais notre devoir est de tout faire pour aider l’Afrique dans ce contexte. L’Afrique aujourd’hui a une vulnérabilité sanitaire : il y a le VIH, la tuberculose, la malaria… C’est d’ailleurs pour ça qu’on s’est mobilisés à Paris, en octobre dernier, pour le Fonds mondial, pour aider aussi l’Afrique en particulier à se battre contre ces grandes pandémies. L’Afrique aujourd’hui est le continent le plus touché par le choc climatique et le changement climatique. Je pense à la Zambie, qui vient d’essuyer l’une des plus grandes sécheresses depuis 1981, les cyclones qui viennent de toucher le Mozambique, l’Afrique de l’Est qui est attaquée par les criquets, les difficultés qu’on connaît dans le lac Tchad et la sécheresse qui continue… Donc, on parle d’un continent dont des dizaines de millions d’habitants aujourd’hui vivent dans leur chair ce qu’est le choc climatique. On parle d’un continent qui vit la grande difficulté économique. Regardons les chiffres, là aussi: en 2012 en Afrique, on a une dette sur PIB qui est de 30 %. Aujourd’hui, elle est de 95 %. Donc, les difficultés que je suis en train de décrire vont s’aggraver même si le Covid n’était pas une catastrophe sanitaire – et je ne sais pas dire aujourd’hui s’il ne le sera pas. Donc, nous devons absolument aider l’Afrique à renforcer ses capacités à répondre au choc sanitaire et nous devons, a fortiori, l’aider sur le plan économique à répondre à cette crise qui est déjà là. Nous devons être à ses côtés. C’est ce que j’ai voulu lancer au G20, il y a quelques semaines. Nous avons tenu une visioconférence, j’ai utilisé le temps de parole de la France pour dire: «On va se tenir ensemble, agir pour nos pays, et c’est déjà très dur. On doit absolument aider l’Afrique à s’en sortir. C’est un devoir moral, humain, pour l’Afrique et pour nous». Et c’est ce que j’ai ensuite enclenché avec les leaders africains qui étaient là, dans un travail qui est la méthode à laquelle je crois : mobilisation pour l’Afrique et partenariat avec les leaders. Il y a dix jours, j’ai été invité par le président Ramaphosa à une réunion du Bureau africain par téléphone. J’ai pu échanger avec lui et plusieurs dirigeants, les présidents Abiy [Ahmed], [Paul] Kagame, [Macky] Sall, [Ibrahim Boubacar] Keïta, et Moussa Faki [Mahamat, le président de la Commission]. Et nous avons pu discuter des propositions que j’ai voulu faire à ce moment-là. C’est ce plan pour l’Afrique en quatre axes que nous avons bâti avec les leaders africains. On a aujourd’hui tous les leaders européens du G20, ainsi que l’Espagne, le Portugal et quelques autres, qui sont avec nous.

● Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Edouard Philippe (Premier ministre)
- L’impact de cette crise sanitaire, ce sera la plus forte récession depuis 1945. Notre objectif dans cette période : sauvegarder aujourd’hui, relancer demain.
- Nous marquons des points contre l’épidémie. La situation s’améliore progressivement, mais nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire. Imaginer que la crise serait derrière nous serait une erreur.
- Notre vie à partir du 11 mai, ce ne sera pas notre vie d’avant. Nous allons apprendre progressivement à organiser notre vie collective avec ce virus.
-Les écoles n'ouvriront pas partout le 11 mai. Mais nous devons commencer à rouvrir les écoles pour une raison très simple.
- Les commerces qui vont progressivement rouvrir ne pourront le faire qu'en respectant les gestes barrières : files d'attente organisées de telle manière à respecter la distance d'un mètre entre les clients, mise à disposition de gel hydroalcoolique à l'entrée du magasin.
- Dans toute la mesure du possible, il faudra poursuivre le télétravail après le 11 mai. Là où ce n'est pas possible, il faudra que les règles d'organisation de l'entreprise respectent les mesures barrières et la distanciation sociale.
- Déconfinement : il est probable que s'agissant des transports publics, où la densité est mécaniquement assez forte, il soit obligatoire de porter un masque grand public.
- Tester puis isoler : si vous êtes porteur du virus, vous aurez le choix entre un confinement à domicile ou dans un hôtel mis à disposition. Ce sont des décisions lourdes mais cette méthode est la seule qui pourra limiter la circulation du virus.
- La population n’est pas immunisée. Pas de vaccin avant 2021. Pas de traitement démontré et efficace à ce stade. Nous allons donc devoir apprendre à vivre avec le virus et la prévention va être déterminante : gestes barrières, tests virologiques, isolement des porteurs du virus.
- Plus de 100 pays. Près de 1600 vols affrétés. 160 000 Français rapatriés. Je remercie les postes diplomatiques et l'ensemble de ceux qui ont contribué à cet effort inédit.
- Sur les masques pour les soignants : cette semaine pour la première fois, nous importons beaucoup plus de masques que nous n’en consommons. Ces chiffres nous permettent d'envisager un élargissement de la politique de distribution des masques dans les prochaines semaines.
- En Outre-mer, la stratégie est pour l’instant payante. Je le dis avec prudence : l’évolution de l'épidémie semble sous contrôle. Il ne faut pas relâcher les efforts.
- Sans confinement, c’était la saturation de nos services de réanimation partout en France. Le confinement a fonctionné.
- Ralentir la circulation du virus, toujours avoir un nombre de cas sévères inférieurs à la capacité d’accueil : c’est ce que vous avez fait en respectant le confinement et c’est ce que les services hospitaliers ont fait en augmentant leurs capacités d’accueil.

Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)
- Les principales fédérations de bailleurs et la Caisse des dépôts ont appelé leurs adhérents à annuler 3 mois de loyers pour les TPE contraintes de fermer. C’est un geste de solidarité très important qui va permettre de soulager la trésorerie des entreprises.
- Au moins 95% des demandes de prêts garantis par l’État ont été acceptés par les banques. Les refus sont en nombre limité. Les agents du réseau bancaire font le travail. Pour autant, nous ne laisserons pas tomber les entreprises qui ont eu un refus. Je les invite d’abord à contacter la Médiation du Crédit. Si le médiateur de leur département ne trouve pas de solution, elles pourraient alors bénéficier d’un prêt de l’État.

Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)
- Nous sommes pleinement mobilisés pour permettre le bon traitement des déchets dans le respect des règles sanitaires: 60% des centres de tri ouverts, dépose autorisée en point d'apport /déchetterie, réouverture progressive des déchetteries, avec prise de rendez-vous.
- Dans cette période de crise, l'Etat protège les entreprises stratégiques pour la souveraineté du pays. La loi votée aujourd'hui prévoit que ce soutien: soit compatible avec les objectifs gouvernementaux de transition écologique et fasse l'objet d'une évaluation dans un an.
- Le Gouvernement annonce 19 millions d’euros pour financer la nourriture et les soins des animaux dans les zoos et cirques en difficultés. Ce soutien financier s’ajoute à de nombreuses actions des services de l’Etat depuis le début du confinement. Enfin, les services de l’Etat resteront vigilants aux situations qui mériteraient un placement des animaux dont l’état se serait dégradé malgré les mesures d’accompagnement.

Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education)
Consulter pour décider. Après les syndicats et les parents d’élèves cette semaine, en visioconférence avec les délégués lycéens de toutes les académies de France. Des idées, des questions et des propositions pour un déconfinement progressif, sûr et réussi pour leur avenir.

Olivier Véran (ministre de la Solidarité et de la Santé)
- Les défis que nous avons relevés, relevons et devrons relever sont majeurs, à hauteur de la crise inédite que nous vivons. Ils sont de plusieurs ordres : équipements, médicaments, accompagnement des personnes âgées et handicapées, accès aux soins pour tous.
- Le confinement en EHPAD est difficile à vivre pour nos aînés et leurs proches. C’est pourquoi, à la demande d’un résident, sous la responsabilité du directeur d’établissement et dans le cadre d’un protocole strict, les visites pourront reprendre dès demain.

Didier Guillaume (ministre de l’Agriculture)
- L’état prendra en charge avec la Msa, le coût d’une journée de remplacement pour les agriculteurs contraints de garder leurs enfants pour cause de fermeture des écoles.
- Merci au Président de la République Emmanuel Macron de soutenir inlassablement nos agriculteurs. Les femmes et les hommes de cette deuxième ligne qui tous les jours produisent une agriculture de qualité pour nous nourrir.

Jacqueline Gourault (Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales)
- [Masques] Il n'y a pas de compétition entre l'Etat et les collectivités territoriales, il y a un travail complémentaire. Mais l'Etat est prioritaire.
- [Retour à l'école] Je suis sûre que la très grande majorité des maires sera main dans la main avec l'Etat.

Gérald Darmanin (ministre de l'Action et des Comptes publics)
- L'Assemblée Nationale vient d'adopter le second budget rectificatif pour 2020. C'est un plan d’urgence historique de 110 milliards d'euros, à la hauteur de la crise sans précédent que nous vivons, avec un seul objectif : protéger nos entreprises et nos salariés.
- Plus d'un million de petites entreprises ont demandé à bénéficier de l’aide allant jusqu’à 1500 € du fonds de solidarité.
- Nous avons annoncé des mesures de trésorerie en faveur du transport routier à hauteur de 390 millions d’euros. En cette période de crise sanitaire, nous saluons l'action volontariste des transporteurs routiers de marchandise.

Muriel Pénicaud (ministre du Travail)
- L’humain au cœur de la construction de l’avenir. Emmanuel Macron: «C’est un choc anthropologique profond. On a mis la moitié de la planète à l’arrêt pour sauver des vies. Cela changera la nature de la mondialisation».
- On est quasiment à un salarié sur 2 en chômage partiel, soit 9 millions 600.000 personnes (...) On peut être fier en France d'avoir mis à l'abri les Français d'une catastrophe sociale.
- Je dis aux chefs d’entreprise : si ils mettent en place les guides de bonnes pratiques en termes de santé et sécurité, si les salariés sont sereins, alors vous pouvez redémarrer.

Julien Denormandie (ministre de la Ville et du Logement)
- La première des inégalités sociales est l’accès à l’éducation. Pour les quartiers prioritaires, nous lançons un programme de 10 millions d'euros d'achat de matériel numérique et de tutorat.
- Pour soutenir les nombreuses actions de solidarité dans les quartiers, nous mettons en place un fonds de 5 Millions d’€. Il va permettre d’aider les associations de grande proximité en leur donnant le coup de pouce nécessaire. Les fonds sont disponibles via les préfectures dès maintenant.
- Le budget rectificatif contient une réponse sociale forte : une aide exceptionnelle de solidarité versée automatiquement à 4 millions de familles modestes : 150€ (aux bénéficiaires du RSA, ASS) + 100€ par enfant (RSA, ASS mais aussi APL) le 15 mai.
- Pour les sans abri, ce sont 10.000 chambres d'hôtel que nous avons réquisitionnées. Elles s'ajoutent aux personnes hébergées toute l'année. Au total, ce sont 176.000 places d'hébergement qui étaient ouvertes hier soir.

Sébastien Lecornu (ministre chargé des Collectivités territoriales)
Les élus locaux seront au cœur de notre stratégie de déconfinement. Nous ne ferons rien sans eux: installation des conseils municipaux, réouverture des écoles, redémarrage complet des services publics locaux.

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance)
-  «Refuser d’entendre un enfant mourir à petit  feu chez le voisin, c’est aussi faire son devoir». Bravo et merci Mohamed Bouhafsi de rappeler que dans le moindre doute, il faut frapper à la porte de son voisin, appeler le 119 ou le 17 en cas d’urgence.
- Je veux saluer les écoutants du 119 qui ont fait preuve d’un engagement extraordinaire pour gérer l’afflux d’appels. Ils font partie des héros de cette crise.
- La continuité de l'Aide Sociale à l’Enfance, qui protège 340.000 enfants dans notre pays, a été dès le premier jour du confinement ma préoccupation principale.
- Aucun pays ne peut gagner seul la bataille contre le COVID19. Pour surmonter cette crise inédite, la solidarité entre les pays est plus que jamais essentielle, notamment envers les pays d’Afrique.

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé du numérique)
- Publication du détail d’un protocole commun sur lequel l’application StopCovid est actuellement développée. Comme s’y est engagé le gouvernement, la démarche StopCovid est scientifique, open source et transparente.
- StopCovid respectera toutes nos lois et nos valeurs en termes de libertés publiques et de protection de la vie privée. Aucune donnée ne sera accessible. Le seul bénéfice : vous informer si vous avez été potentiellement contaminé pour que vous puissiez vous faire tester.

Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances)
- L'industrie textile française produira fin avril 15 millions de masques grand public par semaine, c’est-à-dire des masques en tissu et réutilisables.
- Il y aura des annulations de charges, nous le faisons déjà au cas par cas. Les entreprises qui sont en grande difficulté peuvent en faire la demande.

Christelle Dubos (secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Solidarité et de la Santé)
Beaucoup de familles précaires n’ont pas d’autre moyen que l’argent liquide pour faire leurs achats. En période de crise, maintenir le paiement en espèces, c’est une question de solidarité.

Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes et à la Lutte contre les discriminations)
- Le confinement n’a pas le même impact sur les femmes et sur les hommes. Les violences conjugales augmentent. Par ailleurs dans la majorité des familles, les repas et l’école à la maison sont gérés par les femmes qui sont moins visibles comme expertes.
- Dans un tiers des familles la répartition des tâches ménagères crée des conflits, par exemple. Nous voulons éviter que le conflit devienne une violence, c’est pourquoi nous avons ouvert le 08 019 019 11: appelez au lieu de frapper.
- Nous ouvrons encore un nouveau point d’accompagnement des femmes devant un hypermarché! Faites-le savoir autour de vous: des associations expertes des violences conjugales y accueillent les femmes et leurs proches pour les orienter.
- Violences conjugales: création de points d’accompagnement des femmes en centres commerciaux et hypermarchés, un million pour les associations, alerte des forces de l’ordre en pharmacies, signalements par sms au 114.

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)
- Je soutiens et salue la résolution adoptée au Parlement européen pour apporter une réponse sanitaire, économique et démocratique commune à la crise du COVID19. Nous sortirons de cette crise ensemble. Merci aux eurodéputés.
- Les aides à certaines entreprises doivent s'accompagner de contreparties environnementales. L'après ne peut se penser qu'avec l'écologie !

Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)
- Aujourd'hui, la nécessité est de rassembler les Français autour d'un projet collectif, sur des chantiers prioritaires qui permettront de remettre le pays sur les bons rails. Pour y réussir, nous devons réinventer notre manière de faire de la politique.
- En attendant un vaccin et un remède, nous devenons les agents anti-viraux les plus efficaces contre le COVID19 à partir du 11 mai. C'est de notre sens des responsabilités que dépendra la protection des acquis obtenus pendant le confinement.
- Les députés LaREM saluent la résolution du Parlement européen qui invite à des progrès décisifs : force européenne de santé, souveraineté européenne en matière de médicaments et d’équipements médicaux et «Recovery bonds».

Aurore Bergé (porte-parole)
- Le confinement est douloureux à vivre pour chacun d'entre nous. A partir du 11 mai, il faudra apprendre à vivre avec le COVID19 et continuer à respecter les gestes barrières. Aucun relâchement ne devra avoir lieu pour réussir ensemble le déconfinement.
- La possibilité pour les familles de visiter leurs parents en EHPAD est essentielle pour répondre à la solitude des résidents. La réouverture progressive des commerces est vitale pour nos artisans et commerçants de proximité. Je pense notamment aux libraires.

●MoDem
François Bayrou (président)
- C'est une crise qui, comme tout le monde le dit et tout le monde le sait, est absolument sans précédent et je trouve que c'est une crise qui va nous obliger à réfléchir, et réfléchir dans les grandes largeurs. Voilà que les plus grandes organisations du monde, le marché mondial, le marché commercial, les multinationales, tout cela est paralysé par le plus petit organisme que le vivant connaisse: un virus. La taille d'un virus, c'est un millième de millimètres divisés par quelque 10e. Et donc c'est un organisme que, comme vous savez, on ne voit même pas au microscope, il faut des microscopes particuliers électroniques pour les voir. Cela dit quelque chose du rapport entre l'homme, la nature, ce qu'on doit en attendre. Cela dit beaucoup du rapport entre les hommes eux-mêmes et cela dit beaucoup de l'organisation de nos sociétés ou plutôt de l'absence d'organisation de nos sociétés en face du nouveau, de l'imprévu; de l'inédit et parfois de l'inimaginable.
- Il y a la question de l'école qui était évidemment, à mes yeux, nécessaire si l'on voulait sortir du confinement. Un peuple ne peut pas vivre enfermé, pour toutes les raisons du monde, à la fois psychologiques et économiques donc l'école évidemment, mais la question la plus cruciale qui, pour l'instant, ne me paraît pas traitée comme on pourrait s'y attendre, c'est la question des transports en commun et notamment des transports en commun dans les grandes agglomérations Là, il me semble que le masque devrait être obligatoire dans les transports en commun, notamment dans les grandes agglomérations.
- On a – c'est visible dans les résultats et dans la lutte contre cette épidémie – un problème d'organisation de la société française. La société française se tourne perpétuellement vers l'État centralisé, or cet état centralisé n'a pas la souplesse, la capacité d'anticipation qui permet de faire face à des crises inattendues et qui ne permet pas non plus aux initiatives de prendre corps. Cette organisation entièrement centrée sur l'État, à mon sens, prouve ici qu'elle n'est pas adaptée. Il suffit de regarder par exemple ce qui s'est passé en Allemagne et on a une idée. Je ne suis pas en train de dire que l'on sait tout sur les chiffres allemands – est-ce que ce sont les chiffres précis, récoltés de la même manière que les nôtres? – mais on voit que l'impact de cette épidémie sur la société allemande, sur les Allemands eux-mêmes, est plus faible que chez nous. Pourquoi? Il nous semble qu'il y a deux éléments. Le premier, c'est qu'il y a eu une anticipation plus grande, la communauté médicale avait semble-t-il une stratégie pour l'instant qui semble réussir et, deuxièmement, il y avait l'initiative locale, régionale ou des villes qui fait que, par exemple, le nombre de lits de réanimation était plus important qu'il ne l'était chez nous.
- [Réouverture des écoles] Cela doit être la responsabilité partagée, réfléchie en commun des directeurs d'école donc de l'organisation de l'Éducation nationale, au plus près du terrain et des municipalités, qui en ont la responsabilité.C'est là que l'on doit organiser les choses.
- [Réouverture des écoles] Quelle que soit la décision de l'État, vous le savez bien en France, il y a toujours des gens qui sont en désaccord. C'est même une sorte de sport national d'être en désaccord et, que la décision soit blanc ou noir, de toute façon il y a des oppositions qui s'expriment. Je pense que l'on peut relever ce défi. En tout cas, on peut le relever dans les régions qui sont moins atteintes que d'autres car le public, les enfants sont, comme on le sait, la population la plus préservée et parce qu'on peut travailler avec les enseignants pour transmettre les bons gestes, les précautions, les mesures de sécurité pour apprendre aux enfants.
- Je suis un enseignant et je connais de par toutes mes fibres cet univers. Je ne crois pas que les enseignants puissent soutenir la thèse que tout le monde est au travail, les soignants sont au travail, les aides-soignants sont au travail dans les EHPAD, les médecins au premier chef, les infirmières et les infirmiers, les caissières dans les supermarchés, tout le monde est au travail, mais les enseignants ne devraient pas assumer leur part de responsabilité et laisser les enfants seuls sans maître? Je ne le crois pas, je ne le croirais jamais.
- Il y a au moins une chose sur laquelle les médecins spécialistes des épidémies sont tous d'accord, c'est que, dans cette épidémie-là, les enfants sont la population la plus préservée, la mieux préservée.
- On ne peut pas laisser un peuple enfermé, une société enfermée pendant des mois et des mois. Pourquoi avons-nous fait le confinement? Pour ralentir la propagation du virus, pour faire en sorte qu'il n'y ait pas une vague qui envahisse les services d'urgence et de réanimation, pour s'organiser s'organisait en face de cela, pour voir où l'épidémie frappait. De ce point de vue, il suffit de regarder les chiffres qui, jour après jour, tombent. La propagation du virus est ralentie, l'entrée dans les services de réanimation est ralentie et le nombre de décès, heureusement, baisse même s'il faut parler de tout cela avec une grande prudence.
- Le Président de la République, comme tous les gouvernants, mais spécialement le Président de la République, sait que l'on s'adapte, que, gouverner, c'est à chaque instant s'adapter aux conditions qui changent, être capable de prendre en compte les grandes évolutions et de les affronter. Je ne dis pas que tout est écrit dans le marbre, ce n'est pas la question. Mais qu'est-ce c'était le 11 mai? Cela voulait dire deux choses, qu'il y avait huit semaines, deux mois entiers que la population française était confinée. Ce confinement a des conséquences très importantes; vous disiez tout à l'heure d'un air un peu, comment dire, méprisant qu'il y avait des considérations économiques. Bien sûr il y a des considérations économiques. L'économie, c'est la vie. Les commerçants, les artisans, toutes les professions indépendantes qui sont sans revenus depuis deux mois, est-ce que vous croyez qu'il ne faut pas les prendre en compte ? À condition de respecter naturellement les précautions sanitaires nécessaires. Pour moi, de ce point de vue, la date du 11 mai est une date raisonnable.
- L'idée, c'est de protéger au maximum, comme cela se doit, l'ensemble de la population et, en même temps, que cette population puisse vivre car, si on continuait comme cela, naturellement, les ressources pour que chacun puisse vivre, pour payer les retraites, payer les salaires des fonctionnaires, pour assumer les charges, pour faire face aux dépenses de sécurité sociale, ces dépenses-là ne pourraient plus être assumées et donc c'est naturel de faire repartir le pays. Regardez autour de nous, tous les pays prennent, les uns après les autres, et généralement pour une date plus précoce que la nôtre, la décision d'essayer de faire revivre l'économie, le pays, les relations, l'ensemble de la production. Cela va mettre des mois, ne vous trompez pas. La crise dans laquelle nous sommes entrés, va être la plus importante que le monde ait connue depuis deux siècles. Cela veut dire des menaces de millions ou de centaines de milliers de faillites si l'État n'est pas là pour aider, cela veut dire des millions de chômeurs si l'État n'est pas là pour aider, cela veut dire un blocage du pays et, non seulement du pays, mais de l'ensemble de l'économie du monde. Et, donc, bien sûr, il est légitime de prendre en compte cette nécessité qu'un pays puisse repartir après une épreuve comme celle-là, à condition que soient aménagées toutes les conditions de sécurité. J'étais opposé à la tenue du premier tour des élections municipales parce qu'il me semblait que les conditions n'étaient pas réunies.
- Vous ne pouvez pas condamner 25 millions de personnes à ne plus sortir de chez elles quand, autour d'elles, on essaie de faire partir la société. En revanche, on doit multiplier les précautions, les appels à la prudence, l'utilisation de masques, le respect des distances. D'ailleurs, j'ai toujours pensé que 1 mètre, c'était trop près. Je ne suis pas épidémiologiste, mais un mètre, c'est trop près, je trouve que deux mètres ou 1,50 mètre, c'est en tout cas ce que, nous, nous nous efforçons de faire respecter dans notre ville, et sur les marchés en particulier. On va vers un accroissement des distances de sécurité entre les personnes. À partir de là, bien sûr, on fait appel à la conscience de chacun. Et, chacun ayant à protéger la santé des autres et sa propre santé, il est naturellement participant à cette réflexion.
- [Traçage numérique] Ce qui est indiqué, la réflexion menée, c'est que c'est fait sur une base volontaire. Si chacun dit : J'accepte que l'on suive mes déplacements pour que je puisse être prévenu en cas de danger, si on repère dans une rue quelqu'un dont on sait qu'il est contagieux, on peut avertir tous ceux qui le croisent et l'ont croisé et cela fait des précautions. Je ne vois pas de risque, je ne vois pas malice dans cette affaire-là.
Cela ne mérite pas un vote au parlement ? Il y a un débat, mais sans vote, cela crée un peu d'émoi.
- Il y aura peut-être un vote, une discussion, je fais confiance au parlement pour cela. Mais cela me rappelle quelque chose que j'ai vécu comme maire. Quand j'ai été élu, j'ai décidé de mettre en place un dispositif de vidéo protection dans la ville de Pau. Il n'y en avait pas. Zéro. On avait connu des drames absolument épouvantables, vous vous souvenez peut-être de ce pauvre petit garçon qui avait été enlevé, assassiné et hélas coupé en morceaux, il n'y avait pas une seule image, il n'y avait qu'une caméra de banque qui l'avait filmé. J'ai décidé de mettre en place un dispositif de vidéo protection et l'opposition a dit: Mais cela va être du flicage, la surveillance de la vie privée. Depuis que c'est en place, et que c'est un réseau serré de vidéo protection, il n'y a pas eu un seul incident qui puisse inquiéter de ce point de vue et, mieux encore, moi qui suis le maire, je n'ai jamais entendu, ni dans les services, ni dans la police municipale qui en est chargé, le moindre signalement d'une activité privée. Donc je fais pleinement confiance à la conscience de ceux qui vont avoir la charge de ce repérage ou de ce suivi pour respecter évidemment les libertés individuelles.
- Je sais quelle est la responsabilité des pouvoirs publics et je trouve que le Président de la République, spécialement, a suivi cette responsabilité. Quelle est la responsabilité des pouvoirs publics ? C'est de garantir à tous les citoyens et à tous les patients que l'expérimentation, que le travail de reconnaissance et de suivi d'un traitement est fait de la manière la plus honnête et la plus respectueuse possible, que l'on va regarder ce que les traitements donnent, qu'on va les prendre au sérieux. Il y a eu des polémiques j'allais dire, pardon, insensées à propos de l'hydroxychloroquine, des polémiques que je n'attendais pas à l'intérieur de la communauté scientifique comme s'il se vidait des querelles très anciennes. Je suis heureux que l'on ait pu faire cette expérience. Je ne sais pas quel sera le résultat au bout du compte. Je vois très bien les débats, mais non, il faut garantir que l'expérimentation est faite, qu'elle est bien faite, qu'elle est sérieuse et qu'en effet elle est mise à disposition largement dès lors que les praticiens hospitaliers ou généralistes ont le sentiment, la certitude, l'intuition, que c'est un bon traitement. On ne va pas se mettre à fermer le robinet. Il n'y a pas à ma connaissance, pour l'instant, de traitement alternatif.
- Le Président de la République l'a dit, et à juste titre: est-ce qu'on était prêt? Non. On n'est jamais prêt en face de l'improbable ou de l'imprévisible. C'est d'ailleurs un très grand sujet, peut-être pourrons-nous y consacrer quelques phrases dans une minute. Est-ce que l'on était prêt? Non, on n'était pas prêt. Est-ce qu'il y a eu des manques et des ratés? Oui, il y en a eu notamment, sur les masques et sur les tests. On n'est pas le seul pays.
- L'habitude française, le type de fonctionnement de la société française est de perpétuellement se tourner vers l'État. Il se trouve que l'État, nous le savons depuis longtemps, n'a pas la faculté de prévoir et notamment ce qui est inédit, ce qui est bouleversant et qu'il se prépare trop souvent pour après selon les guerres d'autrefois. Nous l'avons vécu à de très nombreuses reprises. En plus, l'État ne favorise pas les initiatives, car ces dernières sont toujours surprenantes, toujours dérangeantes, toujours hors normes. Une des grandes questions que nous devrons nous poser à mon avis concerne l'organisation de la société française. Doit-elle continuer à être aussi centralisée qu'elle l'est? Devons-nous toujours considérer ce que votre question induisait, à savoir que l'intervention d'une collectivité locale importante qui essaie de s'organiser est bizarre ? Que cela ne devrait pas arriver, que cela devrait être fait par l'État? A contrario, je crois que, s'il y a un point que cette crise nous apprend, notamment en considérant l'Allemagne, s'il y a un élément que nous devons retenir, c'est que les réseaux d'initiatives locales sont plus efficaces pour répondre à l'imprévisible que l'État centralisé. C'est une grande question.
- Que nous manque-t-il le plus en France? Si j'essaie de regarder les 30 ou 40 dernières années, durant lesquelles tous les courants politiques se sont succédés au pouvoir, qu'est-ce qui nous manque le plus? C'est la faculté de construire des stratégies nationales à long terme. Selon moi, nous devons songer à bâtir ou rebâtir une organisation qui, à mon sens, doit rendre compte au Président de la République, car c'est lui qui a la responsabilité du destin de la Nation, et se fixer comme mission de regarder ce qui pourrait arriver et qui serait difficile, inquiétant, qui poserait problème à la Nation, pour proposer des pistes d'organisation et de réponse. S'agissant particulièrement de la crise que nous vivons, il y a dix ans, lors de la grippe H1N1, la France avait constitué des stocks de masques et de vaccins. Cela avait entraîné une grande polémique pour les vaccins, disant que l'État avait agi ainsi dans l'intérêt de multinationales ou de sociétés de pharmacie privée. Du coup, on a laissé partir les masques et on s'est trouvé dans une très grande difficulté qui n'est pas encore résolue pour faire face à cette épidémie nouvelle.
- J'ai toujours défendu l'idée que, dans les circonstances graves, l'union nationale était une des réponses, mais l'union nationale n'est pas, pour moi, l'addition de partis en désaccord sur tout. Je vais même vous donner un scoop à l'avance: je suis certain que, si cela leur était proposé, les formations politiques en question le refuseraient, car c'est comme cela, car on ne veut pas faire de cadeaux aux personnes au pouvoir.
- Ce qui est important, c'est que l'état d'esprit de l'équipe dépasse les intérêts partisans.
- Cette crise est d'une dimension sans précédent. Elle va entraîner pour le pays, tous les pays européens, du monde occidental et de la planète entière, des difficultés économiques dont nous n'avons même pas idée et donc des difficultés sociales auxquelles il faudra faire face. C'est à cela que le monde de la responsabilité politique doit se préparer. C'est cela qui m'intéresse.
- Si nous voulons que cet état d'esprit nouveau pour lequel je plaide, c'est-à-dire dépasser les intérêts "majorité contre opposition", "parti contre parti", essayer de se fixer uniquement dans l'intérêt national et l'intérêt des Français, si ce doit être la ligne, alors il faut que les sujets les plus polémiques soient écartés pour un moment. Il faut que nous ayons le désintéressement de considérer que, si l'on veut rassembler le plus largement possible les sensibilités des Français, il est alors très important que l'on ne mette pas des mines, des sujets d'affrontement sur la table pendant toute cette période. Ce que nous allons devoir vivre – je le répète, mais vous le savez bien si vous y réfléchissez –, c'est sans précédent depuis deux siècles. Cela ne s'est jamais produit, pas seulement chez nous, mais dans toute l'Europe et sur la surface de la planète.
- Cette épidémie n'est la faute de personne. Aucun des pays frappés, même pas la Chine qui en est à l'origine, n'est le responsable de ce qui nous est arrivé à tous. De ce fait, l'action publique, l'argent que nous avons à dépenser pour contrecarrer ce drame et pour préparer la suite, cet argent-là, il ne peut pas être mis au compte de chaque société exactement comme on lui fait des prêts ou on l'endette dans des circonstances normales. Comme cette épidémie n'est la faute de personne, alors il faut que nous en partagions la charge. Il existe plusieurs moyens pour cela. Nous pourrions effectuer des emprunts en commun - je pense notamment à l'Union européenne -, nous pourrions demander à la BCE d'être, d'une certaine manière, prêteur en dernier ressort et, d'une certaine manière, c'est ce qu'elle fait.  Nous pourrions imaginer des prêts spéciaux à remboursement différé, prolongés dans le temps, à quelques décennies. Après tout, il est possible d'emprunter à 30 ans, 40 ans ou 50 ans - je ne sais pas, c'est à nous d'en décider - pour pouvoir revenir "à flot". Quoi qu'il en soit, on ne peut pas demander que la dette constituée pour faire face à cette épidémie soit traitée exactement de la même manière que les dettes de "confort" que nous avons consenties trop souvent. C'est une circonstance exceptionnelle et il faut donc un mécanisme exceptionnel pour aider financièrement les États et donc les sociétés ayant à faire face à ce drame.
- [Crise sociale] Tout d'abord, je souhaite que nous l'évitions, mais je pense que l'enchaînement crise sanitaire/crise économique/crise sociale/crise démocratique est un enchaînement dont l'histoire a montré qu'il était logique. (…) Je décris un enchaînement dont quiconque a un peu ouvert les yeux sur l'histoire connaît le caractère menaçant. Je regarde cela avec précision et, oui, je pense qu'il existe un risque.
- [Victoire des populistes en 2022] Je ne le souhaite pas et je ferai tout pour l'éviter. Revenons au nœud de la question. Si ce risque existe, nous devons nous y préparer. Cela signifie qu'il faut une réflexion stratégique partagée du pays, des grandes forces démocratiques, des grandes institutions pour réfléchir à la manière dont il est possible de conjurer ce risque. Étant donné la dimension de la crise, ce risque est immense et, face à ce risque immense, nous devons donc nous préparer. Cela signifie un état d'esprit non partisan, écartant la guerre entre formations politiques ou entre majorité et opposition, essayant de réfléchir, de la manière la plus désintéressée possible, aux réponses qu'une société comme la nôtre peut apporter.  Je n'ai pas dit qu'une majorité peut apporter, ni qu'un pouvoir peut apporter. Je pense au pays et à la société tout entière.

●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Hervé Marseille (sénateur)
Le gouvernement a reçu tous les pouvoirs pour combattre le Covid19. Le Parlement est confiné, les maires sont empêchés. Pandémie versus démocratie: combien de temps cela peut-il durer?

Laurent Lafon (sénateur)
- Le masque dans les transports en commun oui bien entendu. Mais est ce suffisant dans des métros surchargés? Non. On doit se poser la question des gestes barrière et de la distanciation dans métros, RER et trains.
- Maires de gauche, maires de droite mais qu’est ce que ça signifie face au covid? Dans les moments de crise, ce qui doit primer c’est notre capacité à se réunir.


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