mercredi 2 septembre 2020

Vues du Centre. Présidentielle USA 2020: Trump rejoue la guerre de sécession

Par Jean-François Borrou

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.

Il y a des gens très bien au KKK nous dit Trump.

Pour mémoire, le Ku Klux Klan est une organisation née après la Guerre de sécession et la défaite du Sud esclavagiste qu’elle n’acceptait pas et dont l’idéologie était raciste, antisémite et anti catholique, trois populations qui étaient pourchassées par ses extrémistes qui n’hésitaient pas à lyncher des noirs pour le plaisir et pour entretenir la terreur chez les Afro-américains.

Le KKK fut puissant au milieu du XIX° siècle puis entre les deux guerres et même s’il est devenu depuis une micro-organisation, elle garde une image positive chez de nombreux blanc du Sud et, bien évidemment, chez tous les groupes suprémacistes qui fleurissent ces dernières années aux quatre coins du pays.

Des suprémacistes que Trump refuse également de condamner quand il ne les défend pas comme son supporteur qui vient d’abattre au moins une personne (et peut-être trois) à Kenosha dans le Wisconsin qui manifestait contre les violences policières touchant les minorités.

Un Trump qui ne veut pas que l’on déboulonne les statues des «héros» confédérés qui ont souvent allié leurs faits d’armes militaires avec la possession d’esclaves et un racisme radical.

Comme il s’est prononcé contre l’abandon du drapeau confédéré qui continuait à flotter sur nombre d’édifices publics d’Etats du Sud et qui commencent tout juste à être retirés dans certains Etats mais que nombre de leurs habitants continuent de vénérer et de faire flotter en maintes occasions.

Quant à ceux qui manifestent contre le racisme et les violences policières, ce ne serait qu’une bande de terroristes comme les leaders sudistes appelaient déjà en leur temps tous les abolitionnistes, n’hésitant pas à pendre ceux qui tombaient entre leurs mains.

On l’a compris, pour gagner en novembre Trump n’a rien trouvé de mieux que de rejouer la Guerre de sécession que les Américains appellent Guerre civile (Civil war) ce qui lui donne une dimension supplémentaire dans le climat politique du moment.

Mais ce n’est pas seulement pour remporter la présidentielle que Trump adoube l’extrême droite raciste, c’est parce qu’il en fait désormais partie comme le prouve ses propos et ses agissements ce qui le rend encore plus dangereux même si son combat principal concerne sa propre personne et son enrichissement personnel.

Beaucoup, dont nombre de ses compatriotes, ne se rendent pas compte de la menace qu’il représente et l’abîme dans lequel il dirige son pays qui ne pourrait être que plus grand s’il était réélu.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette élection ne concerne pas le choix d’un bon président mais, avant tout, l’élimination politique d’un personnage qui, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son pays, est un péril pour la paix et la sécurité, pour la démocratie et la république.

Voter pour le centriste Joe Biden – quelle que soient ses qualités et elles sont nombreuses – c’est voter contre Trump car l’essentiel est là quatre ans après le départ de Barack Obama, un président qui avait fait naître tant d’espoirs.

Jean-François Borrou

 

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