mercredi 21 octobre 2009

Une semaine en centrisme : Les partis centristes au fond du trou

Entre un Nouveau Centre qui avale toutes les couleuvres que lui donne à manger Nicolas Sarkozy et le Mouvement démocrate qui ne sait plus avec qui s’allier pour exister sans oublier une Alliance centriste qui fait pourtant tout pour ne pas exister, les partis centristes issus de l’ancienne UDF sont sinistrés. Ce fractionnement du Centre (auquel il faut ajouter le Parti radical, les Radicaux de gauche et la Gauche moderne) n’a pas d’autre logique, malheureusement, que la volonté de pouvoir de quelques chefs qui se servent de leurs partis respectifs pour avoir quelques postes plus ou moins prestigieux et pour leurs ambitions parfois démesurées. Non pas que l’ambition politique soit à bannir. Néanmoins, si elle ne sert pas un idéal ou si elle ne s’appuie pas dessus, elle ne devient qu’une véritable recherche de puissance égocentrique. Mais au-delà de ces ambitions il y a aussi un constat décourageant et inquiétant pour l’avenir du Centre à court et moyen terme: personne ne semble vouloir faire les efforts nécessaires pour refonder une organisation capable d’accueillir toutes les sensibilités centristes comme avait été capable de le faire l’UDF et qui semble, actuellement, la meilleure chose à faire.

Prenons le Mouvement démocrate où François Bayrou continue de rêver à l’Elysée alors que son parti ne parvient plus à dépasser les 8% dans toutes les élections qui se sont déroulées récemment. Pour tenter de rebondir et après le refus des socialistes, le voilà qui veut absolument s’allier avec les Verts après avoir insulté un de ses représentants emblématiques, Daniel Cohn-Bendit. Du coup, les troupes s’éclaircissent, à la fois celles de centre-droit, base de l’ancienne UDF mais aussi celles de centre-gauche qui estiment avoir été trompées par François Bayrou qui leur promettait une formation où la démocratie interne serait forte et où elles n’ont trouvé qu’un fonctionnement autocratique de la part d’un homme qui n’aime pas partager le pouvoir.

Prenons le Nouveau Centre qui se veut dorénavant l’héritier direct de l’UDF et qui le clame haut et fort notamment par le biais de son président Hervé Morin. Mais la formation créée par Valéry Giscard d’Estaing et Jean Lecanuet avait parmi ses buts principaux de fonder un pôle de centre-droit indépendant face aux gaullistes et souverainistes. Or, le Nouveau Centre est devenu plus un appendice de l’UMP qu’un partenaire de même rang qui ferait entendre sa propre musique et défendrait sa propre vision politique. Du coup, le Nouveau Centre n’est pas capable de jouer le rôle d’un parti centriste indépendant.

Prenons l’Alliance Centriste dont le créateur Jean Arthuis veut en faire le pôle de rassemblement de tous les centristes, un parti qui existe depuis juin dernier mais dont l’immense majorité des Français n’a jamais entendu parler tout simplement parce qu’il ne communique rien et n’a aucun programme à proposer. Du coup, il n’a aucune visibilité et n’a jamais réussi à fédérer autre chose que quelques sénateurs alors que de très nombreux militants et électeurs sont en attente d’un véritable parti d’union des centristes.

Mais, comme dit l’autre, une fois qu’on est au fond du trou, on ne peut pas tomber plus bas et on ne peut que remonter… sauf si on est dans des sables mouvants.


Jean-Louis Pommery

Directeur des études du CREC

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