mardi 4 mars 2014

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Chroniques d’une haine (politique) pas ordinaire

Il suffit de se promener dans nos villes pour voir les murs couverts d’affiches haineuses, la plupart du temps contre le gouvernement en place et sa majorité socialiste.
Elles sont collées par des partis d’extrême-droite mais aussi par ces fameux mouvements qui se disent «populaires» et ne sont souvent que populistes, voire séditieux, comme Jour de colère, les Bérets rouges, les Vestes jaunes et autres Printemps français.
Bien sûr, à chaque fois que la gauche est au pouvoir, l’extrême-droite déverse son fiel contre elle, comme à chaque fois que la droite est au pouvoir, c’est l’extrême-gauche qui s’y colle dans cette entreprise traditionnelle hautement… imbécile réduisant le débat démocratique à des slogans insultants et des soi-disant «bons mots».
Pour autant, l’atmosphère politique actuellement pas très saine participe de ce délitement dont cet affichage n’est en quelque sorte que l’illustration.
Sans jouer à «autrefois c’était mieux» parce que c’est totalement faux, il est non moins évident que tout cela rappelle de bien mauvais souvenirs historiques.
De leur côté, les médias participent à la curée en se délectant des attaques virulentes des responsables politiques, les uns contre les autres, qui pullulent dans les colonnes des journaux, sur les ondes radiophoniques ou à partir de plateaux de télévision.
Ils participent même à la curée, certains étant devenus de simples instruments de propagande pour un camp quand ce n’est pas contre le camp adverse avec cette mauvaise foi qui caractérise la malhonnêteté intellectuelle que pourtant doivent refuser déontologiquement les journalistes et que l’on retrouve sur les affiches précitées.
Il ne s’agit pas d’édulcorer ou d’émasculer le débat politique mais il serait de bon ton de lui donner le sérieux nécessaire avec un fond qui aurait enfin le dessus sur la forme, où le respect de son interlocuteur serait la règle et non son dénigrement systématique, où l’insulte ne serait plus l’argument principal.
De ce point de vue, les centristes ont le devoir en vertu des valeurs qu’ils défendent de demander et d’être les garants d’un débat politique assaini ce qui ne veut pas dire sans aspérité et sans défendre ses convictions néanmoins vidé de cette haine qui gangrène actuellement les fondements de la démocratie représentative.
Cette dernière ne peut exister sans la liberté de parole et d’opinion mais elle ne peut exister, non plus, sans un minimum de consensus, de compromis et de respect.

Et pour cela, il faut une classe politique responsable.

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