dimanche 22 octobre 2017

Actualités du Centre. Le centriste britannique Nick Clegg ne croit pas au Brexit

Nick Clegg
Dans une interview au quotidien Le Figaro, Nick Clegg, ancien leader des Lib Dems, les centristes britanniques, estime que le Brexit (la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne) n’est pas encore réalisé et pense même que celui n’aura pas lieu, en tout cas, pas de la manière dont il est pensé actuellement.
A noter qu’il vient de publier le livre «How to Stop Brexit (And Make Britain Great Again)» (Comment arrêter le Brexit (et faire grande à nouveau de la Grande Bretagne)
Extraits.
- «Il n'y a pas d'autre issue à ce cul-de-sac dans lequel nous nous sommes mis qu'un vote au Parlement rejetant l'accord sur lequel Theresa May et David Davis travaillent. Cela provoquerait évidemment une période de turbulences politiques qui conduirait, dans les mois ou années à venir, à un nouveau référendum.»
- «La voie la plus probable est de forcer le gouvernement à venir présenter ouvertement un futur accord et à le comparer aux promesses faites à des millions d'électeurs. Ce sera alors impossible aux extrémistes du Brexit, comme le Daily Mail, d'accuser les députés d'être des saboteurs. Car ils ne feraient en fait que leur travail, au nom de leurs électeurs. La férocité avec laquelle des gens comme moi sont accusés d'être des traîtres ou des saboteurs par les extrémistes de droite est assez intimidante pour de nombreux députés. Il faut leur expliquer qu'ils ont tous les droits de dire non à ce stade».
- «L'écart entre l'utopie du Brexit et la réalité s'élargit chaque jour, chaque semaine, chaque mois. En un an, ce décalage va s'accroître encore. Et je pense qu'à un moment la légitimité du résultat du référendum sera contredite par l'hypocrisie et les contradictions des «brexiters» eux-mêmes. Chez les conservateurs, très peu de députés sont prêts à défier leur parti au nom de leur pays. Au Labour, les choses changent rapidement. Bien que Jeremy Corbyn aime à se proclamer héros des classes ouvrières, en réalité, la quasi-totalité de ses nouveaux adhérents viennent des classes moyennes urbaines, éduquées, jeunes, progressistes et pro-européennes. Ils ne vont pas se satisfaire de ses compromis avec le Brexit. Faute de mener l'opinion publique, le Labour va se laisser mener par elle. Cela va le conduire à améliorer sa position sur le Brexit, dans le cadre de son opposition au gouvernement conservateur. Cela pourra créer les circonstances d'une coalition parlementaire refusant une interprétation illégitime du vote pour le Brexit.»
- «De nombreux électeurs, même ceux qui sont en colère contre le Brexit, pensent qu'il est trop tard. Le train est parti. C'est pour cela qu'il est très important que des gens comme moi, Tony Blair ou John Major répètent que, dans une démocratie, on a toujours la liberté de changer d'avis. Les «brexiters» ont été incroyablement efficaces pour décrire ce processus comme un tapis roulant sans retour. Mais on ne peut pas délégitimer longtemps l'opinion de près de la moitié de la population.»
- «Je ne crois pas qu'il (le Brexit) aura lieu. En tout cas, certainement pas de la façon dont il est envisagé maintenant. Il y a une limite aux mensonges qu'on peut imposer à une démocratie.»


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