vendredi 25 septembre 2020

Présidentielle USA 2020. Un système électoral qui permet un déni de justice aux conséquences gravissimes

Or donc Trump refuse de dire s’il acceptera les résultats de l’élection présidentielle évidemment en cas de défaite.

Car il prévient, sans aucune preuve, qu’elles seront corrompues mais que, bien sûr, s’il gagne, cela ne posera aucun problème.

Et il pourra sans doute compter sur ses amis républicains pour le soutenir.

Car ceux-ci, s’ils ont dit qu’il y aura une transition pacifique du pouvoir si leur candidat perd, ont tellement menti à chaque fois pour prendre des décisions iniques en leur faveur – comme celle de remplacer dans la vitesse et la précipitation la juge Bader Ginsberg qui vient de mourir alors qu’ils avaient promis de ne pas le faire – et afin de se maintenir au pouvoir qu’il ne faut jamais les croire sur parole.

D’autant qu’il y aura cette meute de fanatiques du populiste démagogue et apprenti dictateur pour faire une pression tout sauf amicale sur ces élus républicains, meute qui est composée d’une grande partie de leurs propres électeurs.

Rappelons qu’à cause des règles des différentes élections dont beaucoup ont été changées ces dernières années, les républicains n’ont pas remporté une élection nationale en termes de vote populaire ainsi que nombre d’élections locales.

Dans ce dernier cas, c’est grâce également au charcutage électoral massif qu’ils ont mis en place pour leur assurer dans un grand nombre d’Etats, de remporter la majorité des circonscriptions tout en perdant le vote populaire, sans oublier toutes les restrictions mises en place pour empêcher les électeurs démocrates de pouvoir exercer leur droit de vote.

Et pourtant, actuellement, ces minoritaires contrôlent la présidence (avec un candidat qui a obtenu 3 millions de voix de moins que celle du Parti démocrate) ainsi que le Sénat (où les démocrates élus représentent plus d’un million et demi d’électeurs que leurs collègues républicains).

Parce que la seule manière que le Parti républicain – désormais largement une formation de droite radicale avec une frange extrémiste de plus en plus importante – ait de se maintenir au pouvoir, est de profiter de ce système électoral véritable déni de justice quand il n’a pas simplement été trafiqué.

Donc, il faut s’attendre à ce que le résultat de la présidentielle s’il est en faveur du candidat démocrate, le centriste Joe Biden, comme tous les sondages l’indiquent, soit contesté non seulement par Trump, par les illuminés surexcités qui le suivent mais aussi par une grande partie du Parti républicain.

Voilà comment la plus vieille démocratie en activité dans le seul pays qui n’a connu que ce type de régime démocratique depuis son existence risque de disparaitre.

Pour ceux qui, regardant cela de loin, ne se sentent pas concernés, petits rappels.

En 2000, le centriste et écologiste convaincu, Al Gore, remporte la présidentielle en nombre de voix mais la perd en nombre de grands électeurs.

Même chose en 2016 avec la centriste et progressiste Hillary Clinton.

Au-delà de deux scandales démocratiques évidents, ces deux résultats ont eu des conséquences gravissimes.

En 2000 c’est le va-t-en-guerre et climato-sceptique, Georges W Bush, qui s’installe à la Maison blanche en ignorant les rapports sur un prochain attentat sur le sol américain qui conduit au 11 septembre 2001 où des avions détruisent les tours jumelles du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, attentat qui aura comme conséquence la guerre d’Irak avec ses morts et ses destructions et le développement du terrorisme avec la création de Daesh ainsi qu’un ordre international bouleversé.

Dans le même temps, aucune action d’envergure ne sera prise pour lutter contre la pollution et le réchauffement climatique notamment parce que la famille Bush est en relations très étroites avec les compagnies pétrolières et nombre d’industries polluantes.

En 2016, c’est le populiste démagogue raciste et incompétent, Donald Trump, qui prend ses quartiers dans le bureau ovale, celui qui considère le réchauffement climatique comme une «farce», qui estime que le pays est gouverné par un «Etat profond» (en réalité les services publics) qu’il faut détruire, qui s’attaque à l’assurance santé des plus pauvres et qui admire les autocrates, surtout les plus totalitaires, au lieu de s’opposer à eux et qui, donc, projette de se maintenir au pouvoir même s’il perd les élections du 3 novembre.

Deux élections où le système électoral a inversé le choix des électeurs et qui ont eu des conséquences désastreuses pour le monde entier

Une situation qui, au-delà des rodomontades trumpiennes, pourrait se renouveler en 2020 tellement il faut un minimum de déplacement de voix dans certains Etats pour donner la victoire au perdant du vote populaire.

 

 

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