dimanche 2 décembre 2018

Actualités du Centre. Stanislas Guerini, nouveau délégué général de LREM veut «transformer la réalité»

Stanislas Guerini
La république en marche a un nouveau délégué général, Stanislas Guerini.
Agé de 36 ans et issu de la social-démocratie, ancien entrepreneur puis cadre dirigeant d’une grande société, il est député de Paris LREM depuis 2017.
Il a été élu à la tête du parti d’Emmanuel Macron avec 82 % des voix.

Voici les principaux extraits de son discours prononcé après sa victoire:

(…) Vous le savez mieux que personne, au cœur de notre identité, il y a l’écoute – souvenez-vous de La Grande marche. Mais nous, nous ne voulons pas écouter pour écouter, nous ne sommes pas un institut de sondage, un département de sciences sociales: nous voulons écouter pour comprendre et transformer la réalité. Nous l’avons toujours dit comme ça. Nous voulons écouter pour gagner le droit d’être entendus.
Alors si l’on tend l’oreille aujourd’hui, qu’est-ce qu’on entend?
Je vais commencer si vous le voulez bien par le moins important: c’est-à-dire moi-même. J’entends, ici ou là que je serai trop inexpérimenté, pas assez cogneur, pas assez politique. Mais je vais vous dire mes amis: moi je suis heureux de ne pas me voir affubler des défauts qui ont conduit les dirigeants politiques depuis 30 ans à la faillite de leurs convictions et à la faillite des partis politiques tel qu’ils sont aujourd’hui. Parce que je vous propose de traduire: trop inexpérimenté, cela veut dire que je n’ai pas passé 20 ans à éliminer sciemment, patiemment tous mes adversaires politiques pour penser le coup d’après; trop peu cogneur, cela veut dire que je suis moins intéressé par l’idée d’assommer mon adversaire politique que de convaincre les Français parce que c’est là l’essentiel; trop peu politique, cela veut dire que je ferai passer toujours l’intérêt général avant mon intérêt particulier, et toujours l’intérêt de mon pays avant même celui de mon parti, voilà ce que cela veut dire!
(…) Ce qui est ma force fait notre force collective, c’est notre sincérité, pour le projet que nous portons, notre sincérité à vouloir transformer notre pays, pour chacun et pour chacune, voilà ce que c’est ma force.
Qu’est-ce qu’on entend d’autre, si l’on tend l’oreille, sur La République En Marche, par exemple? On entend que nous serions un parti en déshérence, que notre mouvement serait incapable de devenir un parti. Mais posons nous la question une seconde: que sont-ils devenus les partis qui avaient comme nous obtenu la confiance des Français au moment de l’élection présidentielle? Et bien c’est simple: ils ont fini leur quinquennat dans le même état: désertés et radicalisés. Et ils ont connu le même sort: c’est-à-dire qu’ils ont fini aux oubliettes. Nous, nous ne voulons pas cela.
Et ceux qui disent cela de nous sont les mêmes qui en 2016 disaient que ce n’était pas possible que nous soyons 1000, 2000, 5000, 10 000, 200 000. Ce sont les mêmes qui disaient doctement, sciemment que c’était impossible que nous remportions cette élection présidentielle.
L’aveuglement qui les frappait alors et le même qui les frappe aujourd’hui. (…)
Alors non, notre mouvement n’est pas en déshérence. Mais oui, il n’est pas devenu un parti, parce que nous voulons rester un mouvement. Quelle est la différence? La différence, c’est que les élections pour nous, ce n’est pas une fin, c’est un moyen pour transformer le pays. La différence, c’est que nous ne croyons pas que la politique, ce soit l’affaire des élus. Mais nous croyons profondément que la politique, c’est l’affaire de tous, des citoyens et des citoyennes, et elle nous concerne tous et toutes, chacun, dans toutes les dimensions de notre vie.
Alors, est-ce à dire pourtant que tout va bien dans notre mouvement ? Non. (…) Oui nous ne sommes pas totalement là où nous voudrions être. Il y a trop de doutes, trop de découragements; trop de petits renoncements, trop de petites défaites; au fond trop de distance avec ce qui est notre identité profonde.
(…) Je pense que la source de tous nos maux internes est la même: nous avons parfois, perdu le sens de nos adhérents. Vous qui avez fait la campagne présidentielle, vous savez que la première raison de notre victoire, ce n’était pas un «alignement des planètes» magique comme certains observateurs ont pu nous le faire croire. Non.
La première raison de notre victoire, c’était notre mouvement, et notre mouvement, ce sont nos adhérents. (…)Toute la campagne était tournée vers eux, sur cette nécessité de les équiper pour qu’ils puissent convaincre autour d’eux. Il n’y a pas de meilleure manière de convaincre les Français que de le faire grâce à d’autres Français. Voilà notre recette magique, nous en connaissons tous la formule.
Mais depuis, nous avons parfois manqué à nos adhérents. Ce que je veux dire, c’est que chacun d’entre nous, est redevable de l’ensemble de la politique qui est porté par cette majorité et ce gouvernement. A chaque débat, à chaque polémique, c’est le même feu roulant de questions que nous vivons auprès de notre famille, de nos proches, de nos collègues, bref de tous ceux auprès de qui nous avons fait campagne.
Et je crois que nous devons reconnaître lucidement que nous n’avons pas permis à nos adhérents de revendiquer et d’expliquer toutes les avancées que nous avons obtenues depuis le début de ce mandat. Et si l’on se dit les choses, nous ne les avons pas non plus assez équipés pour se défendre quand nous avons traversés quelques polémiques. (…)
Vous l’avez compris, le cœur de mon projet, c’est de redonner à nos adhérents la place qui doit être la leur, c’est-à-dire pas à la base de notre organisation mais au sommet de notre organisation. (…)
(…) Qu’entendons-nous quand nous regardons la France, en 2018, dans ce mois de décembre et particulièrement dans ces moments de mobilisation des gilets jaunes ?
Nous entendons que le compte n’y est pas encore.
Ce n’est pas parce que le constat qui a mené notre action était faux. (…) Et je crois que tout ceci se résume très simplement par une formule qui n’a pas pris une ride : les Français ont le sentiment de mener des vies empêchées. Voilà ce qu’ils vivent aujourd’hui.
Et je crois que si le compte n’y est pas, ce n’est pas non plus parce que la promesse que nous avons portée était la mauvaise: au contraire, la seule solution à ces vies empêchées c’est la remise en mouvement de nos sociétés. La seule manière de permettre à chacun de cesser de subir sa vie, c’est de l’équiper des armes indispensables, de s’éduquer, de se former; c’est lui apporter les éléments de solidarité essentiels pour qu’à chaque fois qu’il tombe, il puisse se relever; c’est de définir les règles de fonctionnement pour que notre société ne soit plus une société de statuts, ne soit plus une société de pistons. (…)
Alors si le compte n’y est pas encore, et bien c’est simple c’est parce que les choses n’ont pas encore suffisamment changé, et que ce changement n’est pas encore assez perceptible, assez tangible. (…)  Si jamais nous réussissions à faire mieux coïncider l’offre politique avec les besoins de chaque citoyen et bien les choses iraient beaucoup mieux dans notre société et ça, c’est le cœur de notre mission. (…)
Soyons utiles
C’est pour cela que nous ne pouvons pas rester passifs face à cette colère qui s’exprime. Nous avons été certainement, en tant que majorité, trop lointains, trop technocrates, trop sûrs de nous, trop sourds parfois mais nous ne devons rien lâcher pour faire en sorte que cette colère nous la transformions en solutions pour apporter des réponses concrètes aux Français, c’est ça qu’ils attendent. Ils n’attendent pas un psychologue, ils attendent un médecin pour régler leurs problèmes. Et ça c’est notre mission, c’est ce qui doit nous animer pour les mois qui viennent.
(…) Il faudra aussi que nous allions chercher les idées là où elles sont, dans nos territoires, dans nos entreprises, dans nos associations, auprès des praticiens, là où aucun dispositif gouvernemental ne pourra aller, là où aucun dispositif gouvernemental n’est jamais allé. En allant écouter aussi, ceux qui voudront dialoguer avec nous, ceux qui viendront vers nous – surtout s’ils portent un gilet jaune. En allant là où la politique ne va plus.
Vous l’avez compris, la deuxième mission (…) c’est aller partout là où la politique ne va pas. Je veux dire aux Français: plus vous êtes loin de la politique, plus vous êtes importants pour nous. Plus vous êtes en difficulté, plus nous voulons trouver des solutions. Moins vous y croyez, plus nous allons essayer de vous convaincre !
(…) L’Europe, cette construction des peuples qui semblait acquise, cette construction est en train de vaciller – et je le dis clairement nous devrons jeter toutes nos forces en France et dans l’Union pour que les élections européennes, ces élections de la dernière chance, donnent enfin à l’Europe les moyens d’agir en matière d’immigration, en matière de protection de nos frontières, en matière de numérique, en matière de fiscalité. Il est vain pour ne pas dire ridicule que de vouloir mener 27 petites politiques publiques les unes à côté des autres. Non, nous avons besoin d’une politique, une politique européenne et ce sera ça l’enjeu des élections européennes. (…)
Et au cœur des défis que nous devons relever il y a bien sûr le changement climatique. Il y a le changement climatique et avec lui, toutes ses menaces qui pèsent sur notre environnement. Notre défi c’est de dépasser finalement cette transition économique – celle qui doit permettre à nos entreprises d’aller mieux, de regagner des parts des marchés à l’international, celle qui doit faire en sorte que le travail paye mieux, celle qui doit faire en sorte que nos entreprises innovent, que la France se remette à innover. C’est de faire en sorte que cette transition économique, cette transition sociale – celle qui doit nous permettre de sortir de cette société sclérosée dans laquelle il est plus important d’être bien né que de bien travailler à l’école, dans laquelle les études que l’on a fait à 20 ans sont plus importantes que la qualité du travail que l’on mène. Ces deux transitions économique et sociale nous devrons les mener de pair avec la transition écologique. (…)
C’est pour ça que je veux vous annoncer ici que nous placerons la transition écologique au cœur de nos priorités pour cette élection européenne. Oui, nous porterons la proposition d’un grand plan pour la transition environnementale et sociale. Mais nous devrons faire en sorte que ce plan ne ressemble pas à d’autres plans. Nous devrons faire en sorte que les citoyens européens ne soient pas les laissés pour compte de la révolution écologique. (…)
(…) La seule ambition que je nous fixe, c’est d’être utiles. Pas utiles à nous-mêmes (je crois qu’il y a déjà un certain nombre de personnes qui sont sur ce créneau-là). Non, utiles aux pays. (…)



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