mardi 11 février 2020

Présidentielle USA 2020. Où en sont les centristes?

Alors que les primaires démocrates viennent de commencer, la machine médiatique couplée avec la communication des candidats se sont mises en route et il n’est guère facile de faire un point sur la situation d’autant plus que le tout est abreuvé par des sondages aussi approximatifs que contradictoires comme nous avons eu l’occasion de le dire ici maintes fois (certains réalisés le même jour donnant des résultats opposés!). 
Pour autant, en essayant de réunir toutes les informations, on peut tenter de dresser le tableau actuel de ces primaires et la place des centristes qui ont nom, pour les principaux, Joe Biden, Michael Bloomberg, Amy Klobuchar et la nouvelle coqueluche des médias français et européens (les médias américains parlent de lui depuis longtemps), Pete Buttigieg.
Parlons d’abord sondages puisque les médias s’emballent dès que l’un d’eux donne des résultats improbables.
C’est le cas avec celui de l’université de Quinnipiac (dont les enquêtes se sont souvent trompées) qui met en tête le socialiste Bernie Sanders, loin devant le centriste et favori de la primaire, Joe Biden, suivi, c’est une première, par le centriste Michael Bloomberg qui devance la «liberal» Elizabeth Warren, elle-même devant le centriste Pete Buttigieg et la centriste Amy Klobuchar.
«Coup de tonnerre», selon les médias et «tournant» dans la campagne?
Pas vraiment.
D’abord, ce n’est pas la première fois que Sanders devance Biden dans un sondage.
Ensuite, deux autres sondages réalisés en même temps donnent Biden devant Sanders.
Enfin, l’aggrégateur de sondages de Real Clear Politics donne toujours Biden en tête devant Sanders qui précèdent Warren, Bloomberg, Buttigieg et Klobuchar.
On le voit, pas encore de révolution sondagière malgré les annonces fracassantes dont est coutumière l’équipe de campagne de Bernie Sanders et les affirmations des médias.
Néanmoins, pour être plus précis, on peut noter un tassement des intentions de vote en faveur de Joe Biden, une augmentation de celles en faveur de Bernie Sanders, une forte augmentation en faveur de Michael Bloomberg, une baisse pour Elizabeth Warren, une petite progression pour Pete Buttigieg et un statu quo pour Amy Klobuchar.
Rien qui ressemble à un «tournant» pas plus que le caucus de l’Iowa ne l’a été.
Car s’il semble que Buttigieg l’ait finalement emporté devant Sanders, Warren et Biden, il n’est absolument pas représentatif du reste de l’Amérique, pas plus que ne le sera la primaire du New Hampshire qui a lieu aujourd’hui.
Cependant, il y a bien une dynamique médiatique pour Pete Buttigieg qui semble devenir le chouchou des journalistes (il y en a un lors de chaque élections qui peut d’ailleurs changer au cours de la campagne…) qui pourrait devenir populaire grâce à ses bons résultats dans l’Iowa et à ceux que prédisent les sondages à propos du New Hampshire.
A noter que depuis le début de la campagne, les médias n’ont jamais été pro-Biden.
De même, il y a un certain essoufflement de ce même Joe Biden, ce qui confirme l’idée que la plupart des premiers favoris connaissent des baisses de régimes qui peuvent être parfois voire souvent le début de la fin, ce qui n’est pas encore le cas pour l’ancien vice président.
A l’inverse, Bernie Sanders qui semblait devoir faire de la figuration en 2020 après sa deuxième place en 2016, connait à nouveau une dynamique certaine, à l’inverse de Warren, son adversaire de gauche, qui fléchit inexorablement actuellement sans qu’elle soit totalement hors-course.
Mais celui qui monte et qui pourrait être la vraie surprise est l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg qui s’est déclaré tardivement, qui ne fait pas campagne pour les premières primaires et qui fait le tour des Etats-Unis tout en dépensant des millions de dollars de son propre argent dans une campagne de publicités politiques massives et percutantes (voir celle réalisée pour la mi-temps du Superbowl, finale du championnat de football américain et consacrée au contrôle des armes à feu).
Quand aux chances réelles de chacun de remporter la victoire, il est trop tôt pour se risquer à un pronostic sérieux tant chacun des candidats à des forces qui peuvent le booster (l’expérience pour Biden, être le représentant de la gauche pour Sanders, le sérieux pour Bloomberg, la brillance intellectuelle pour Warren, la jeunesse pour Buttigieg, être une femme issue des cols bleus pour Klobuchar) mais également des faiblesses qui peuvent devenir rédhibitoires (la mollesse pour Biden, la radicalité pour Sanders, le statut social pour Bloomberg, la confusion pour Warren, l’orientation sexuelle pour Buttigieg, le manque de charisme pour Klobuchar).
Il est à noter que tous les candidats dont on vient de parler battraient Donald Trump lors de la présidentielle de novembre prochain.

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