vendredi 28 octobre 2016

Présidentielle USA 2016. Les républicains préparent leur guerre contre la présidente Clinton

Les républicains pensent que Trump va perdre
Pour la plupart des républicains, les jeux sont faits et Hillary Clinton deviendra la première présidente des Etats-Unis.
Mais, pour eux, ce sera loin d’être un événement historique.
D’abord, il s’agira de la troisième défaite de suite à la présidentielle et la sixième fois au cours des sept dernières élections qu’ils ne gagneront pas une majorité de votes.
Ensuite, tous les leaders du Parti républicain ainsi que toutes les organisations conservatrices, de droite extrême et d’extrême-droite sont en train de mettre sur pied leurs stratégies anti-Clinton et de fourbir leurs armes contre un Parti démocrate qui pourrait être de nouveau majoritaire au Sénat et réduire son écart en sièges à la Chambre des représentants.
On se rappelle que les républicains avaient été sonnés par la première victoire de Barack Obama et qu’ils avaient attendu les premières semaines de sa présidence pour se réveiller (on rappelle que la période de transition dure deux mois) pour se raidir et déclarer, à l’image de leur leader au Sénat, que le premier président noir des Etats-Unis devait être un «one term president» (un président d’un seul mandat).
Ici, rien de tel.
La haine éprouvée par les républicains envers Hillary Clinton et la défaite déjà largement intériorisée de Donald Trump ainsi que la menace sur leur prédominance au Congrès, ont été de forts catalysateurs afin de s’opposer dès le 9 novembre à la victoire de la démocrate.
D’abord, il s’agira pour de nombreuses organisations extrémistes de remettre en cause la victoire de Clinton, soit, si celle-ci est étriquée, en agitant le fameux «trucage» dont parle Trump depuis des mois sans aucune preuve, soit, si celle-ci est large, en expliquant qu’elle est incapable d’être présidente et/ou qu’elle devrait être en prison plutôt qu’à la Maison blanche.
Une des phrases préférées du promoteur newyorkais en ce moment est de dire que l’on «devrait annuler l’élection et donner la victoire à Trump»…
Cette offensive dès le lendemain du scrutin sera une première dans un pays où le perdant appelle le gagnant pour le féliciter chaudement.
Cependant, la guerre que prévoient les républicains ne s’arrêtera évidemment pas là.
Il s’agira de mettre en échec toute initiative d’Hillary Clinton par tous les moyens possibles et des manifestations ne sont pas à exclure puisque nombre de fans de Trump parlent de «faire la révolution» en cas de victoire de la démocrate.
Pour autant, ce seront des voies légales et politiques qui seront privilégiées par les républicains.
On pense évidemment à une procédure d’impeachment, c’est-à-dire de destitution, qu’ils pourraient mettre en branle, eux qui ont continuellement parlé d’elle comme une personne malhonnête et corrompue.
En outre, des voix s’élèvent déjà pour demander aux sénateurs républicains de ne pas laisser Clinton nommer un nouveau juge à la Cour suprême (ce qu’ils font déjà face à la vacance d’un siège en refusant même d’auditionner le candidat d’Obama, agissement évidemment inconstitutionnel) afin de garder une parité avec actuellement quatre juges conservateurs et quatre juges «liberals».
De même, pour toute législation proposée par le camp démocrate mais aussi pour le budget, on pourrait assister à un filubustering (blocage) complet du Congrès si les démocrates redeviennent majoritaires au Sénat.
Il pourrait, dans la même veine, y avoir un «shut down» de l’administration si les républicains, comme ils l’ont déjà fait, refusent d’augmenter le montant de la dette autorisée ce qui empêcherait le gouvernement de payer les fonctionnaires.
Beaucoup d’autres actions pour empêcher la démocratie de fonctionner normalement et d’autres qui sont plus traditionnelles dans un pays où le système est fait pour se bloquer automatiquement afin d’empêcher un camp d’avoir un trop grand pouvoir (ce sont les checks and balances) sont sur la table et discutés ouvertement par le camp républicain notamment par les plus extrémistes de ses membres.
Néanmoins, le Parti républicain pourrait aussi devoir d’abord se préoccuper de lui-même pour ne pas imploser.
Nombre de personnalités radicales et d’extrême-droite qui peuplent maintenant le parti et ses organisations affiliées, ont déjà menacé l’establishment d’une offensive tous azimuts afin de déstabiliser l’establishment républicain voire de le remplacer par des personnalités radicales.
Si c’est le cas, la création d’un nouveau parti, conservateur modéré ou radical de droite selon quelle faction gagnera au sein du Parti républicain, pourrait voir le jour et révolutionner, à terme, le paysage politique américain où depuis l’indépendance et malgré plusieurs tentatives, c’est le système de deux partis dominants «attrape-tout» qui est la règle.
Quoi qu’il en soit, au lendemain du 8 novembre, Hillary Clinton risque d’avoir peu de temps pour savourer sa probable victoire.
Mais c’est aussi devenu une règle des médiacraties, voire des médiocraties, que sont devenues nos démocraties républicaines ces dernières décennies où le respect des urnes n’est plus une règle sacro-sainte.


Sondages des sondages au 28 octobre 2016
Clinton maintien sa large avance

Clinton
Trump
Ecart
BBC
49,0%
43,0%
Clinton 6,0
Election projection
48,7%
41,9%
Clinton 6,6
Five Thirty Eight (1)
45,9 %
39,7%
Clinton 6,2
Huffington Post
48,8%
41,1%
Clinton 7,7
New York Times
45,7%
40,1%
Clinton 5,6
Polltracker TPM
49,4%
41,0%
Clinton 8,4
Real Clear Politics
48,4%
43,0%
Clinton 5,4
270 to win (1) (2)
49,7%
40,8%
Clinton 8,9
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages

Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC



Présidentielle USA 2016

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