vendredi 3 février 2017

Présidentielle 2017. Macron précise son programme et son positionnement politiques

Ces derniers jours, Emmanuel Macron, lors de plusieurs interventions dans les médias, a précisé plusieurs points de son programme en regrettant que ses adversaires l’attaquent sur la soi-disant absence de propositions.
En outre, il a commenté l’actualité, tant sur l’affaire Fillon que sur la situation de François Bayrou ainsi que sur les résultats de la primaire du Parti socialiste tout en précisant son positionnement politique.

Sur le rassemblement d’En marche!
Emmanuel Macron veut rassembler les sociaux démocrates «de la gauche du réel», les écologistes «exigeants porteur d'un humanisme radical» et les sympathisants du centre droit ainsi que les «gaullistes sociaux».
J'accueille toutes les Françaises et tous les Français qui se retrouvent dans ce projet clair. Au sein d'En marche!, on croit dans la réforme économique et sociale, on croit dans la transition numérique et environnementale, on croit dans les sécurités individuelles qui permettent à chacune et chacun lorsqu'on est dans une situation fragile de rebondir (...) on croit à une vraie politique éducative et de formation tout au long de la vie, on croit à l'Europe et au projet européen».

Sur son positionnement politique
«J'ai toujours dit que je venais de la Gauche, c'est ma famille politique, je viens d'une famille de gauche. Je ne crois pas à la gauche de l'égalitarisme, je crois à la gauche de l'égalité des chances».
Concernant le clivage entre gauche et droite: «je ne le nie pas. Mais il faut le dépasser pour répondre à de nouveaux défis».

Sur François Bayrou
«Il y a beaucoup de ses anciens compagnons de route qui nous ont rejoints et j'espère qu'il prendra lui-même ses responsabilités dans les jours, dans les semaines qui viennent puisque j'ai entendu que c'était son projet».

Sur le «Pénélope Gate»
Sans prendre position sur un retrait de la présidentielle du candidat François Fillon, en ne voulant pas faire de la «politique fiction», il souhaite dans le «calme», des «explications» et de la «transparence» pour que la «dignité de la vie politique soit préservée.
Néanmoins, il estime que «c'est à la fois un état de sidération dans la classe politique et, plus largement, dans le pays. C'est une colère qui monte».

Sur Benoît Hamon
Pour Macron, «il est le candidat légitime du Parti socialiste, dans une primaire qui n'en dépassait pas vraiment les frontières. Benoît Hamon reflète une gauche très interventionniste».
Il ne partage pas «les mêmes convictions» car «il est sur une ligne très à gauche, il veut recréer la gauche plurielle. Mon offre consiste plutôt à rassembler la social-démocratie, l'écologie réaliste, la droite orléaniste et le gaullisme social».

Sur l’Union européenne
Le leader d’En marche! est un européen convaincu et il veut un approfondissement de l’Union européenne. «Je suis un Européen cohérent. Si l'on avance plus depuis douze ans, depuis le non au traité européen, c'est parce que depuis, nous ne proposons plus rien pour l'Europe».
Ce dont on a besoin dans la mondialisation, explique-t-il «ce n'est pas moins d'Europe mais c'est une vraie Europe qui sait se défendre».

Sur son programme
Voici les dernières mesures qu’il a proposées sachant qu’il a indiqué qu’il présenterait courant février un programme complet et chiffré.

- En matière économique et sociale
> Conservation de la durée légale du travail à 35 heures, tout en renvoyant à l'accord de branche ou l'accord d'entreprise la possibilité de négocier d'autres équilibres.
> Augmentation de près de 50 % du montant moyen de la prime d'activité (pour un coût supplémentaire de 2,1 milliards d'euros).
> Transformation du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement de charges durable.
> Suppression de la totalité des charges générales au niveau du smic.
> Suppression des cotisations maladie et des cotisations chômage (3,1 points de charge) pour tous les salaires grâce à une augmentation de 1,7 point de la CSG, en protégeant les chômeurs et les retraités les plus modestes.
> Transformation de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la rente immobilière, la part qui finance l'économie réelle, c'est-à-dire la détention d'entreprise ou d'action, ne serait plus imposée.
> Gestion de l'Unedic (chômage) et de la formation professionnelle par l'État.
> Extension de l'assurance-chômage pour les indépendants après 5 ans d'activité. >Obligation de se former pour continuer à toucher l’assurance-chômage au bout d’un certain temps avec, à l'issue de cette formation, suppression de l'indemnisation en cas de refus de toute offre d'emploi raisonnable.
> Indemnisation des chômeurs même après une démission.
> Baisse du plafond des indemnités chômage.
> Mise en place d'un plancher et d'un plafond des dommages et intérêts accordés aux prud'hommes pour licenciement.
> Mise en place d'un système de bonus-malus dans les cotisations d'entreprise selon le recours au CDI par rapport au CDD.
> Construction d’un régime universel de retraite indépendant du statut (salarié, indépendant ou fonctionnaire).

- En matière européenne
> Lancement dans toute l'Union européenne, dès la fin des élections allemandes à l'automne 2017, de conventions démocratiques, pour construire un projet politique commun ensuite soumis à la validation de tous les États membres.
> Possibilité pour les États membres qui le souhaitent d'aller plus loin dans la convergence fiscale, sociale et énergétique.
> Examen des demandes d'asile au plus près des conflits, dans les consulats des pays limitrophes.
> Sortir les investissements d'avenir des critères de Maastricht.
> Mise en place d'un plan d'investissement européen beaucoup plus puissant que le plan Juncker.
> Création d'un ministre des Finances de la zone euro.

- En matière institutionnelle
> Nécessité d'avoir un casier judiciaire vierge pour accéder à des fonctions ministérielles.
> Introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée.
> Non-cumul des mandats de parlementaires dans le temps.

- En matière de santé
> Doublement des maisons de santé d'ici 2022 pour lutter contre les déserts médicaux.
> Vente des médicaments à l'unité.
> Prise en charge à 100 % des frais de lunettes, des prothèses dentaires et d'audition d'ici 2022.
> Création d'un service sanitaire de trois mois pour tous les étudiants en santé.

- En matière de sécurité
> Recrutement de 10 000 policiers et gendarmes en 3 ans.
> Création d'une cellule centrale de traitement des données de masse de renseignements.

- En matière d’éducation
> Division par deux du nombre d'élèves dans les classes de CP en zone d'éducation prioritaire, grâce à la création de 12 000 nouvelles classes.
> Introduction de la sélection au niveau du master à l'université.
> Transfert aux régions de la gestion de l'enseignement professionnel.
> Autonomisation des établissements scolaires, notamment au niveau pédagogique.
> Rétablissement des sections européennes et des classes bilingues.

- En matière de logement
> Création d'un bail mobilité, avec des droits restreints pour le locataire, réservé aux publics les plus en difficulté.
> Augmentation de l'offre de logement pour à terme en finir avec l'encadrement des loyers.

- En matière d’environnement
> Respect de la trajectoire définie par la loi de transition énergétique.
> Politique de convergence des fiscalités sur l'essence et le diesel sur 5 ans.

- En matière culturelle
> Création d'un "pass culture" de 500 euros pour chaque Français l'année de ses 18 ans.


Alexandre Vatimbella



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