jeudi 19 janvier 2017

Présidentielles 2017. L’UDI qui veut de Fillon 100 circonscriptions gagnables est-elle trop gourmande?

Incapable de présenter un candidat à la présidentielle, incapable de peser sur la primaire LR (une majorité de ses membres avaient choisi Juppé tandis que le reste s’était surtout porté sur Sarkozy ou Le Maire…), incapable de faire bouger d’un iota le soi-disant intouchable programme de Fillon (qu’il a pourtant remanié plusieurs fois face à une baisse dans les sondages…), l’UDI – dont on ne sait pas très bien ce qu’elle représente en terme électoral, sans doute autour de 5% selon une dernière enquête d’Ipsos – réclame pourtant cent circonscriptions gagnables à Fillon pour les législatives de juin prochain contre son soutien pour la présidentielle.
Ainsi, Jean-Christophe Lagarde s’est livré à un exercice de calcul assez osé lorsqu’il a déclaré sur France 2 «Il y a entre 250 à 300 sièges que nous pouvons espérer emporter. Il serait normal que le centre représente entre 90 et 100 sièges de ces circonscriptions basculables».
Ce qui signifierait que l’UDI veut représenter un tiers de la futur majorité, de quoi être maître de celle-ci et de son calendrier car dans ce cas de figure LR n’aurait pas la majorité absolue à lui tout seul.
A titre de comparaison, actuellement, le groupe UDI à l’Assemblée nationale est composé de 28 députés et si on prend les 5% précités, sa représentation «juste» serait de 29 députés!
On ne sait si cette demande qui parait quelque peu exorbitante en regard de la force politique de la confédération centriste est un baroud d’honneur pour ne pas paraître trop minable ou une réelle demande qui, si elle n’est pas satisfaite, pourrait amener un clash avec le candidat LR et remettre en cause, plus ou moins, son soutien à celui-ci dont, déjà, le programme est peu centro-compatible comme l’a pointé avec justesse François Bayrou.
Elle pourrait également être une simple volonté de reconnaissance comme l’explique la sénatrice UDI Valérie Létard: «Je suis, comme tous mes collègues, déterminée à ce qu’on retrousse nos manches pour gagner cette élection présidentielle. Mais encore faut-il que nous soyons reconnus à notre juste place sur le projet, mais aussi sur les investitures dans des territoires où nous sommes extrêmement présents».
Car, comme l’a reconnu benoîtement, Lagarde, après une rencontre avec François Fillon, «Pendant plus d'une heure dix (ndlr: on appréciera la précision…), nous avons échangé sur le programme. Notre volonté, c'est de pouvoir non pas amener une dose de centrisme, mais simplement dire 'voilà des sujets sur lesquels nous voulons amplifier, ajouter ou préciser le programme'».
Mais il semble que la réponse est, pour l’instant, une fin de non recevoir.
Comme l’a expliqué crûment le sénateur LR, Alain Joyandet, proche de François Fillon, dans le plus pur style d’un droitiste méprisant avec les centristes: «ils ont 20 députés pour l’instant (ndlr: 28!), 50 c’est beaucoup plus que le double. (…) Notre majorité ne peut pas dépendre de ce partenaire dont on sait très bien qu’il est quand même sujet à changement de position sur tel ou tel sujet. S’ils ne sont pas très importants dans la nouvelle majorité, du moins pas autant qu’ils le souhaitent, et si notre majorité absolue ne dépend pas d’eux, cela leur donnera d’autant plus de liberté pour prendre les positions qui sont habituellement les leurs».
On appréciera à l’UDI cette déclaration d’un «partenaire»…
Pour l’instant, LR ne propose que cinquante circonscriptions gagnables à l’UDI, gagnables ne voulant évidemment pas dire sûres.
Surtout, on l’a bien compris, LR n’offrira pas à l’UDI le pouvoir de bloquer la majorité pendant les cinq ans à venir en cas de victoire à la présidentielle et aux législatives.
Mais, il est à parier que l’UDI, comme d’habitude, rentrera dans le rang.


Alexandre Vatimbella



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