vendredi 22 juin 2018

Actualités du Centre. Etats-Unis - Le centriste Bloomberg va aider les démocrates à gagner les élections législatives

Michael Bloomberg
Le centriste Michael Bloomberg, ancien maire de New York pendant trois mandats et multimilliardaire self made man, a décidé de consacrer quatre-vingt millions de dollars de sa fortune personnelle afin d’aider le Parti démocrate a gagné la majorité au Congrès lors des prochaines élections législatives de mi-mandat (appelées ainsi parce qu’elles ont lieu au milieu du mandat du président) de novembre prochain.
Actuellement, et la Chambre des représentants, et le Sénat sont dominés par le Parti républicain.
Selon les sondages, les démocrates possèdent une bonne chance de rafler la majorité dans les deux chambres même si la victoire ne devrait pas être aussi éclatante que supposée voici six mois, le rejet de Donald Trump n’étant pas si important que cela auprès des électeurs républicains les moins extrémistes et populistes.
Michael Bloomberg, après avoir été un démocrate modéré puis un républicain centriste a décidé de se positionner comme «independent», c’est-à-dire non affilié aux deux grands partis et comme centriste.
Il fait partie de ces personnalités politiques au centre-droit en matière économique et au centre-gauche en matière sociétale, une condition sine qua non si l’on veut être élu à la mairie de New York, une des villes les plus «liberals» (centre-gauche) du pays avec San Francisco.
Plus important, il est un des opposants les plus acharnés de Donald Trump.
L’incompatibilité entre les deux newyorkais est bien connue, Bloomberg ne supportant pas l’homme et son populisme extrémiste, Trump ne supportant pas que l’ancien maire soit beaucoup plus riche que lui!
Signalons aussi que Michael Bloomberg est un activiste remarqué contre le réchauffement climatique et il fait partie des Américains qui continuent à soutenir l’accord de Paris et à donner de l’argent pour sa mise en œuvre depuis que Trump a décidé d’en retirer les Etats-Unis.
De même, il bataille depuis très longtemps contre la vente libre d’armes à feu (rappelons que celle-ci est interdite à New York).
L’investissement financier de Michael Bloomberg n’est pas anodin, d’autant que l’argent est le nerf de la guerre de tout campagne électorale américaine.
Ainsi, sa contribution devrait permettre aux démocrates de passer devant les républicains en ce qui concerne le financement de cette campagne 2018.
L’argent de monsieur Bloomberg devrait permettre de financer des publicités à la télévision, des messages sur le web dans plus d’une douzaine de circonscriptions qui sont situées dans des banlieues qui votent pour des modérées et où Trump est impopulaire.
Comme à son habitude, il choisira lui-même les candidats qu’il veut soutenir financièrement et dont certains pourraient se trouver également dans des zones rurales conservatrices.
A noter qu’il donnera, comme à son habitude, de l’argent aux modérés des deux partis mais, pour la première fois depuis longtemps, c’est surtout un parti qui bénéficiera sans commune mesure de sa manne financière, en l’occurrence le Parti démocrate dont il s’est rapproché depuis la campagne présidentielle de 2016 (il avait apporté son soutien sans réserve à Hillary Clinton, intervenant même à la Convention démocrate) et plus encore depuis l’élection de Donald Trump.
Pendant un temps et face à la possibilité que le socialiste Bernie Sanders remporte la primaire démocrate et se présente face à Trump qui avait alors de grandes chances de gagner la primaire républicaine, il avait pensé se présenter lui-même à la présidentielle.
Dans un communiqué, Michael Bloomberg a dénoncé la politique des républicains au Congrès estimant que les leaders du parti ont été «totalement irresponsable» vis-à-vis des mesures prises et des actes accomplies par Trump ainsi que ceux de ses collaborateurs et expliquant que les représentants et les sénateurs «avaient eu presque deux ans pour prouver qu’ils pouvaient gouverner de manière responsable et qu’ils ont failli».
Selon lui, il faut un «divided government», c’est-à-dire une cohabitation afin d’empêcher les projets dangereux du président en place, observant que la pratique du pouvoir actuel le démontre à l’évidence et estimant que les républicains «ont fait peu pour développer une politique bipartisane» et travailler avec les démocrates ajoutant, à leur propos, qu’il n’avait jamais pensé «que les citoyens étaient bien gouvernés lorsqu’un des deux partis est totalement exclu du pouvoir».


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