samedi 23 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Oui, le nationalisme et le populisme sont des lèpres politiques

Pour ceux qui me font l’honneur de me lire depuis que le CREC et le site lecentrisme.com existent et que nous portons la parole d’un Centrisme humaniste et responsable, basé sur des valeurs et des principes forts ainsi que la défense intransigeante de la démocratie républicaine, ceux-là savent que j’ai souvent parlé des défis de cette même démocratie républicaine face aux dangers des extrémismes, des populismes, des régimes autoritaires et dictatoriaux, des terrorismes.
Et ils savent que j’ai souvent rappelé l’Histoire et les événements dramatiques d’un passé pas si lointain et criminels, événements qui peuvent toujours revenir.
Et ils n’oublient pas que j’ai, à chaque fois, demandé que l’on se dresse contre ces menaces et ceux qui les portent.
Ceux-là ne seront donc aucunement étonnés que je souscrive aux soi-disant propos polémiques d’Emmanuel Macron lors de son discours de Quimper le 21 juin alors même que je tenais les mêmes avant qu’il ne soit en politique.
Non plus que je salue une nouvelle fois cette volonté pro-européenne tant l’union entre tous les peuples d’Europe dans une fédération est la seule voie d’un vrai salut dans ce XXI° siècle de toutes les espérances, de tous les défis mais aussi de tous les dangers.
Et oui, Emmanuel Macron a raison de dénoncer le nationalisme et l’extrémisme comme de «lèpres», comme l’avait si justement fait François Mitterrand en son temps, lui qui épousa la cause de l’Europe pour éviter ce qu’il avait vécu directement dans les années 1930 et 1940.
Et oui, il a raison de fustiger les «provocateurs», comme le ministre de l’Intérieur italien et fasciste assumé, monsieur Salvini, et leur «bêtise».
Et oui, il a raison de dire qu’il ne faut pas oublier le «quotidien» face aux grands sentiments, qu’il faut garder les bras ouverts tout en n’oubliant surtout pas qu’il faut avant tout s’occuper de ceux qui sont là, les habitants de la France, qui attendent que l’on construise un meilleur vivre ensemble face à leurs difficultés quotidiennes.
Ces propos dits avec force et avec «indignation» sont non seulement justes mais indispensables quand on voit les Kaczynski, les Orban, les Salvini, les Zeman, les Strache, les Trump, non pas exister mais, tous, gouverner nos démocraties républicaines, ouvrant la possibilité de l’abîme vertigineux que nous avions cru, à tort, boucher le puits sans fond définitivement.
Sans oublier que d’autres comme les Le Pen, les Meuthen et quelques autres frappent à la porte du pouvoir.
Et comment ne pas souscrire à la conclusion de son discours de Quimper (dont je reproduis ci-dessous les passages qui ont fait débat et que je ne peux que soutenir):
«Nous aurons des indignations et elles seront justes, nous aurons des combats et nous les porterons. Et nous aurons à résister, parfois à l’émotion, d’autres fois aux discours de haine parce qu’il fut tenir un cap.»
Oui, nous devons être en première ligne, nous les centristes, afin d’empêcher, en ces «temps troublés», le retour de l’inacceptable et l’insupportable en portant cette révolte si chère à Albert Camus.

Au nom de mon grand-père blessé dans les tranchées de la Marne, au nom de mon père combattant à El Alamein et au nom de mon oncle tué aux commandes de son Spitfire.
 


Extraits des propos d’Emmanuel Macron à Quimper:
«(…) C’est d’être fidèle à votre histoire à vos ardeurs à vos passions et de ne rien céder dans les temps troublés que nous vivons à l’Europe. Je le dis avec beaucoup de force et d’émotion. Voici 25 ans on a sauvé l’Europe dans ce grand Ouest parce que l’euro n’aurait pas été existé. Et parfois les choses se jouent à rien. Et ici c’est une terre de la république où on vibre en parlant d’Europe, où on aime l’Europe (…) et qu’on la porte et on la défend. Et je vous le dis avec beaucoup de gravités dans le moment que nous vivons. Beaucoup la déteste mais il la déteste depuis longtemps. Mais vous les voyez monter comme une lèpre un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître et des amis voisins disent le pire et nous nous y habituons! Ils font les pires provocations et personne, personne ne se scandalise de cela. Nous nous retournons sur nous-mêmes: «vous n’êtes pas ceux-ci ou ceux-là». On vient accuser les Européens de n’être pas assez ou pas tout à fait comme on voudrait. Et on oublie de dénoncer ceux qui ne le sont plus du tout, ceux qui la détestent et font monter leurs projets. On s’habitue à toutes les extrêmes dans les pays qui sont pourtant depuis des années pro-européens comme nous. Et sur ce sujet, nos élites économiques, journalistiques, politiques ont une responsabilité immense, immense!
(…) il faut se scandaliser contre le nationalisme qui renaît, contre la frontière fermée que certains proposent. Alors je vous le dis aujourd’hui avec beaucoup d’ardeur chevillée au corps, j’ai besoin de ces terres qui croient en l’Europe, j’ai besoin de ces Françaises et ces Français qui croient en ce projet parce qu’ils connaissent notre histoire, parce qu’ils savent le prix du nationalisme, parce qu’ils savent le coup de la bêtise, parce qu’ils savent que l’on peut voir les peurs en face, essayer de les traiter dans un chemin qui est toujours plus difficile.»


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